"Crève saucisse" Simon HUREAU et Pascal RABATE



Une femme doit-elle craindre son mari si celui-ci est un passionné de BD et boucher-cocu ?... " Ménagère de moins de 50 ans, tremblez dans vos cuisine. Voici le dernier RABATE, le dernier HUREAU et croyez moi, ça va saigner ! Crève saucisse" ou promotion polar au rayon boucherie.

 

crève saucisse

 

 

Didier est un artisan boucher extraordinaire avec sa clientèle, un peu enrobé, un peu sentimental, un brin fleur-bleue (le paradoxe du boucher) et père affectueux d'un jeune garçon. Didier est marié à Sandrine, la femme de sa vie, sa lumière, sa source d'inspiration quotidienne. 

Mais voilà notre ami boucher est cocu ! Au détour d'un séjour estival à Noirmoutier, il a surpris Sandrine dans les bras de son pote, le bien nommé Eric marié lui aussi à Laurence, l'image même de la femme au foyer, de la parfaite (enfin presque) ménagère. Et Didier n'a pas supporté cette vision. Depuis il rumine sa colère, l'idée de crever cette charogne, cette saucisse de Didier. 
Mais comment faire quand on est boucher passionné de BD ? En vouloir à Sandrine, la maudire ? Certainement pas ! En bon boucher, notre homme décide de prendre le taureau par les cornes.

 

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Crève saucisse" est une bande dessinée jubilatoire de noirceur. Un vrai polar façon boulettes de boeuf (je ne ferais aucune allusion à l'actu...) accompagnées d'une bonne sauce tomate bien épicée (rayon épicerie fine s'il vous plaît). C'est relevé, assaisonné, coloré. Et pour celles et ceux qui s'y connaissent, RABATE et HUREAU n'ont pas fait dans la dentelle, tendance épigramme. Si Didier est moins sanguin, moins cynique que le personnage de Jean Yanne dans le le film de Claude Chabrol (le boucher), il n'en demeure pas moins tout autant machiavélique.


Simon HUREAU met en image ce polar au style épuré, aiguisé (j'ai dit pas de jeux de mots). Je me suis délectée... (oh la vache : le porc est digeste.....). Quant à Pascal RABATE... que dire : du pur bonheur, du concentré d'émotions, de fragilité, de bonheur, de la haute boucherie. On retrouve son amour de croquer les êtres humains, les gens simples, de mettre en lumière les âmes noires. Sans être démonstratif dans leurs regards, les deux auteurs nous suggèrent aussi bien ses colères, son espoir lorsqu’il croit la liaison de sa femme terminée, que son désarroi lorsqu’il se rend compte que non. C'est
 savoureux

 

Bref un boucher ça ne tue pas qu'avec un couteau : amateurs/trices de polars et de viandes froides : bon appétit. Au menu du jour "Crève Saucisse".