"La Grande Odalisque" Bastien VIVES, Florent RUPPPERT et Jérôme MULOT

 

Les chefs-d'oeuvre signés Van Gogh, Rembrandt ou Monet attisent les convoitises des malfrats depuis des décennies. Tout le monde le sait. Nos magazines, sites, émissions en font leurs choux gras et ces vols procurent de magnifiques enquêtes au sein des bureaux de Interpole (nos plus fins limiers sont dessus...) et autres polices scientifiques (Les Experts, RIS)... Mais si ceux-ci aliment la pellicule, les romans (ah Cher Arsène...), jusqu'à là aucun illustrateur, dessinateur, scénariste, "croquiste" n'avait osé s'aventurer dans ces récits d'aventures urbaines. Et pourtant il y a matière... Voler c'est quand même autre chose et lorsque ce sont trois drôles de dames qui s'emparent d'une des plus grandes toiles de Maîtres, c'est la grande classe ! 


 

2012_36_38

 

Voler Manet, pourquoi pas ? C'est même une chose très facile pour Alex et Carole, deux cambrioleuses de haut-vol, agiles, souples, virevoltantes, diablesses, félines,. Et puis le musée d'Orsay est si facile à cambrioler. Pourquoi s'en priver...  Cela est tellement simple qu'il est même possible de se faire plaquer par SMS et dérober en même temps le célèbre "Déjeuner sur l'herbe" d'Edouard MANET. Voler au Louvre, voilà qui parait plus compliqué. Mais rien ne leur fait peur... et surtout pas la nouvelle commande de leur boss préféré Durieux, le "Charly" de ses drôles de dames. 

 

odalisque

Pour réaliser ce nouveau casse (la Grande Odalisque d'Ingres, "la peinture de la nana qui a 3 vertèbres de plus que tout le monde", Alex et Carole décident de s'entourer d'une troisième larronne la bien nommée Sam. 

C'est qu'elles sont bien roulées, ces trois pépées, ces Cat's Eyes des faubourgs parisiens... Ce sont de sacrées diablesses et rien ne leur fait peur. Pas même une bande de "el grigo", de kamikazes méxicains fan de la gâchette... RIEN ! Elles ont du caractère et des ressources inimaginables (escalade, chute libre, moto, cascades, deltaplane, les armes et bien entendu le sexe...)

Pour arriver donc à dérober cette nouvelle toile , les trois pétroleuses se mettent en contact avec un dénommé Clarence, fils de diplomate. Mais celui-ci se fait kidnapper par un groupe de narcotrafiquants mexicains. Cet enlèvement les emmènent dans les endroits les plus violents, les quartiers les plus malfamés des provinces mexicaines, les villas des plus grands trafiquants de drogues. Parviendront-elles alors à dérober cette Odalisque, cette femme tant convoitée ? Ah ah.... Je ne vous le direz pas, diablesse que je suis ! Suspens...

 

La Grande Odalisque - VIVÈS/RUPPERT&MULOT



Drôles (excellent le passage du SMS de rupture en plein casse), modernes (le défilé de mode Dries Van Noten, les plans dragues lesbiens), ces donzelles sont mises en scène par un trio, des maîtres de la BD moderne : Bastien VIVES, Florent RUPPPERT et Jérôme MULOT
Ces trois auteurs, ces lascars de la bulle en folie, parviennent à donner une autre dimension, à nous embarquer dans des péripéties haletantes (le passage Mexicain est à mourir de rire, quelles baroudeuses), toujours plus osées (scène du bain de Durieux ou encore la soirée en boite) les unes que les autres. Ils arrivent surtout à bâtir des héroïnes surprenantes, agaçantes, touchantes, émouvantes, bouleversantes, grinçantes. C'est du grand art.


Quant au graphisme, ouahhhhhh : imaginations fertiles, traits, rythme soutenu, énigmatique, fluide. Ensemble, ils prennent le temps de poser l'action, de la décomposer en scénettes sans pour autant la plomber... Ajoutez des dialogues vifs et des couleurs à damner la palette graphique, cette BD est un plutôt un bon cru (si on fait abstraction de leur "métier" certes violent, certes radical)... car comme dit Carole "dans la vie c'est pas ce que tu fais le plus important, c'est avec qui tu le fais".

Le récit d'action à la Tarantino (attention le Tarantino de "Pulp Fiction") côtoie une histoire d'amitié complexe entre trois protagonistes dignes des BD générationnelles (Barbarella, la 1er sex symbol BDthèque, Cat's Eyes et autres mangas...).  Le décor n'échappe pas à la règle. Le lecteur passe des musées poussiéreux aux sphères troubles des narcotrafiquants mexicains en une simple pirouette. Un petit vol et voilà, le tour est joué...

 

Bref vous l'aurez compris, cette Bande dessinée est digne des meilleurs polars, des meilleurs casses. Donc si vous avez aimé Barbarella, Pravda, Cat's Eyes ou encore Drôles de Dames. Si vous désirez visiter le Louvre autrement que par les sites ou en vous rendant sur place (trop de touristes...). Si à ces deux questions, votre réponse est oui... alors n'hésitez plus : cette Bande Dessinée est faite pour vous !! Ces trois James Bond's Girls sorties tout droit de Mission Impossible vous proposent une balade privée et inédite des deux plus grands Musées Parisiens !!