Vous souvenez-vous "Des Déferlantes", le roman de Claudie GALLAY ? Vous souvenez vous de cette phrase :  " Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne le sauront jamais. Toutes les teintes du contre-jour ". Valérie TONG CUONG m'a laissé dans le même état, bouleversée, émue. Il a laissé /ré-ouvert des cicatrices, des " raisons de s'enfermer. Sortir c'est beaucoup plus difficile". 

Ce roman, je l'ai lu il y a quelques semaines, quelques mois. N'ayant pas encore crée le blog du petit carré jaune, j'avais juste posté ce commentaire sur les réseaux sociaux... 

 

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Je vous le livre tel qu'il était paru...

C'est l'histoire de Millie, Mariette et Monsieur Mike, 3 accidentés de la vie, 3 écorchés vifs, usés par le quotidien, les remords, le passé... 

Millie, jeune femme, solitaire, effacée, ne vit que de petits jobs sans lendemain : un jour boulangère, le lendemain secrétaire. Elle possède ses secrets qui lui rongent, lui bouffent la plus grande partie de son âme, de son cœur. Millie ne vit plus depuis bien longtemps, emmurée dans son monde sans lumière. 

Mariette, elle, est prof d'histoire-géo dans un collège. Déprimée, elle ne supporte plus ni son métier, ni sa famille et encore moins sa propre identité. Au collège, elle vit un enfer : provocation des élèves-ado-boutonneux-sûr de leur puissance et de leur jeunesse, dénigrements des collègues ou super-puissance du monde éducatif. Chez elle, cela n'est guère plus réjouissant : son mari politicien, pervers narcissique, se fiche d'elle et ses enfants l'ignorent. Mariette ne croit plus en elle, sa confiance s'est perdue dans les méandres de son existence. Mariette sombre.

Monsieur Mike, quant à lui, ancien mercenaire, son passé le poursuit. Il est comme un chien errant : sans attache, sans route, sans trace, sans identité réelle. Il vit en marge de la société. Sa maison : la rue, un bout de trottoir, un carton... Monsieur Mike n'attends plus rien ou peut-être juste encore une main, une bonne-âme qui lui viendrait en aide juste un instant, un court instant.


C'est l'histoire de trois êtres au bout du rouleau, trois êtres qui s'échappent de leur vie, trois êtres qui s'étiolent, se perdent, se retirent : Millie saute de la fenêtre de son appartement en feu, Mariette franchie l'interdit en giflant un élève, Monsieur Mike se voit tabasser par ses voisins de trottoir. 
Et c'est là qu'intervient Jean, demi-ange-gardien qui accueille les âmes brisées, les répare dans son atelier des miracles, un ancien atelier d'horlogeries... Remettre les pendules à l’heure, réparer la mécanique humaine : c’est un peu notre spécialité, non ? ". Au moment le plus sombre de leur descente aux enfers, Millie, Mariette et Monsieur Mike vont entrevoir une rémission possible, une nouvelle route, un nouveau chemin.

 

Ce livre appelle une réflexion, je dirai même plus une introspection. Chacun d'entre nous se retrouve dans Millie, Mariette ou Monsieur Mike. Comment ne pas s’attacher à ces personnages qui luttent contre une vie déjà tracée, qui se relèvent contre la lassitude, le découragement et surtout le renoncement. Comment ne pas rechercher, poursuivre cette envie folle d'espoir et d'amour. Comment ne pas vouloir rencontrer un demi-ange-gardien, quelqu'un qui nous aide à nous relever, nous tend la main, nous écoute, nous entend, nous éclaire de nouveau.

Mais bon voilà, pour tout vous avouer (et je sais que je vais m'attirer des tonnerres de "oh non "), je suis ressortie de ce roman fourbue, lessivée, anéantie. Trop de résurgences, de réminiscences, de souvenirs, trop de ravins, de chemins bourbeux et tumultueux, trop de dérives. Et pourtant ! 

Oui et pourtant : ce roman est une lumière, une fable sur la vie... Valérie TONG CUONG écrie admirablement bien. Elle aime les êtres, elle aime la lumière, elle aime aimer. Son talent est de mettre en chacun d'rentre nous une graine de vie qui nous pousse à nous dévoiler et à abattre nos murailles, nos ténèbres. Valérie TONG CUONG est une fée et son roman est enchanteur mais bon ... Ne m'en voulez pas, mais je crois que cela n'était pas une période propice à sa lecture, sa découverte. Et j'en suis désolée... 

 

Et voilà qu'un jour, le blog du petit carré jaune, les livres voyageurs rencontre cette fée au détour d'un salon... Et là d'un seul coup ce roman prend un nouveau visage, une autre vision, un autre chemin. Le chemin du coeurAlors juste parce qu'il ne faut jamais dire jamais. Juste parce que la lumière éclaire l'ombre. Juste parce que les ténèbres ne sont jamais totalement noires. Juste parce qu'il faut apprendre à aimer nos cicatrices, nos cheveux blancs, nos maux, tous ces chemins tortueux qui font naître des questions et des réponses, qui font déclencher, avancer, poursuivre notre route, notre sentier, notre voyage vers un atelier, l'atelier de la vie.

 

Et pour la beauté de ces phrases 

" Mais lorsque l’on vieillit, Zelda, on apprend à construire sa liberté, et un beau jour, on se souvient que la vie est une grâce qui nous est donnée pour que nous la vivions. "

 

" Nous faisons tous les mêmes erreurs. Fuir nos fantômes plutôt qu'apprendre à vivre avec."