Merci...

 

 

Pour tous ceux qui volent à tire d'aile et s'élancent dans le ciel. L'élan, la grâce, la beauté du vol. Pour tous ceux qui planent, profitent de la lumière. Pour tous ceux qui ont peur de se brûler. Pour tous ceux qui redescendent, se posent, soufflent, respirent, admirent, partagent...  

Merci

Pour tous ceux qui dans l'ombre n'osent pas ou plus se lancer. Pour tous ceux qui au soleil rêvent de l'ombre. Pour tous ceux qui s'aventurent sur de nouveaux sentiers et pour tous ceux qui s'autorisent à le penser... Pour tous ceux qui oui " s'autorisent à le penser ".

Merci

Pour tous ceux qui reprennent leur chemin, leur sac. Pour tous ceux qui poursuivent leurs instincts. Pour tous ceux qui écrivent les mots, leurs mots. Pour tous ceux qui sont à "fleurs de mots".  Pour tous ceux qui se posent, observent, regardent, écoutent le monde avec bienveillance, ouvrent leur coeurs, leurs âmes.

Merci

 

IMG_0005

 

Et parce que ce texte est d'une beauté inouie....

 

Pour le soleil sur le coriandre sur Barbès et avant l’heure. Merci. 

Pour l’irréelle virée de chats, dans les gouttières des banlieues bleues, sous le sax bienveillant de Coltrane.
Pour les affaires jugées et pas classées et rejugées et pas classées. Pour la surprise du dialogue, et l’évidence des épidermes. Pour la danse évidemment, et le mix qui dérange. Pour toutes les tables posées sur tous les tréteaux. Pour les descentes à vélo dans les rues des enfances.
Pour l’affirmation, la contradiction et le doute et la salade entre les dents. Pour l’entretemps, et la lenteur des rêves à décanter.

Pour le mur doux, le mur solide, le mur mou du son. Pour ceux qui les dépassent en les escaladant. Pour l’escalade.

Pour la timidité vengeresse, pour les mots hyper bien gardés, pour le recueil jaune, le livre jaune, le cahier jaune, et le papier chinois.


Merci pour les sous-sols, à ceux qui, marteaux piqueurs ne voteront pas. Pour le gaz, l’électricité, le chauffage, l’eau potable et le toit. Pour l’escalier. Pour toi. Pour l’escalier. pour toi. Pour le carton, la relecture, la reliure, et les photos. Pour le crew, décidé, décidément farouche, seins nus, feutre noir, sans bandoulière, sans slogan, pour le combat vicé au corps. Pour tous les poscas, merci.
Pour le sommeil calme sur le ventre calme. Pour les siestes, les combats calmes. Les siestes calmes et les camions.Pour le poème très court.

Pour le souffle très court. Pour la rage à défendre un futur un peu bien. Merci.

 

Pas la peine de crier - Marie RICHEUX