"La Vie Hâtive" Kevin JULIAT

 

Vouloir écrire : mettre les mots sur une feuille de papier, avoir cette passion qui consume peu à peu tout son être, son âme. Le vouloir tellement, le désirer autant... Tout jeter, ses doutes, ses espoirs, ses bonheurs, ses rancoeurs, ses désillusions, ses illusions.

Trouver l'écriture : avoir la facilité ou au contraire la difficulté d'écrire, trouver le bon mot, la bonne syntaxe, la fluidité et la volonté de trouver le lecteur, coucher son âme avec gourmandise. Travailler le texte, le cisailler, le couper, laisser ou étoffer certains passages, douter. Y croire parce que c'est encore brut, pas taillé.

Publier ses écrits : chercher une maison d'édition, y croire toujours et encore, tomber de haut, se relever, voir certains rêves s'envoler, vivre des cauchemars. Puis l'espoir, une étoile, une bonne étoile, la bonne Étoile. L'étoile bleue... Et enfin publier, naître et rencontrer ses lecteurs. Le 1er roman "La Vie Hâtive" de kévin JULIAT.

 

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"La vie Hâtive" a tous les défauts d'un premier roman, d'une première oeuvre. Il est brouillon, brut, livré sans écrin, inabouti, inachevé. Mais finalement ces défauts sont ces principales qualités, sa beauté, son charme. Et Jean Philippe BLONDEL est là pour nous le rappeler ; nous rappeler cette mue indolore qu'est la lecture de ce roman, cette traversée, des bonheurs et agacements rencontrés. Kévin JULIAT se raconte, livre sans fioriture ses ressentiments et ses espoirs à mener une vie emprunte de liberté, une "vie hâtive". Lui le jeune provincial de 20 ans monté à la capitale pour vivre de ses rêves d'écritures, de ses envies de coucher les mots sur la papier, de pouvoir enfin exister ailleurs que dans le schéma traditionnel (famille, boulot, métro, dodo) ... Il nous livre ses turpitudes, ses angoisses de jeune premier, ses rencontres, ses descentes en enfer. Arrivé en train avec pour bagage un carnet de cuir Moleskine, il ne sait où ni comment se faire une place au soleil mais il sait qu'il le veut, qu'il veut cette lumière, il veut son bildungsroman.

Il nous embarque avec lui, nous fait partager ses soirées mondaines, ses rencontres, ses vertiges, ses doutes de stagiaires dans le monde de l'édition, ses espoirs, ses solitudes, ses mises en abîmes, ses égarements, ses renaissances, son envie irrémédiable de coucher les mots et de devenir lui. Il y va franco, brut, il y croit, il le sait. Ne se pose pas de questions, doute mais avance tout le temps. Il est ce jeune chien fou qui mord la vie à pleines dents. Il est le bad boy pas si bad boy, un James Dean Ardéchois, un coeur fragile sous une apparence de Rastignac.

J'ai eu l'honneur de rencontrer ce charmant bad boy à Châteauroux lors de l'envolée des mots. Pour vous dire la vérité, nous avions même échangé quelques temps auparavant quelques idées, quelques questions sur l'univers et la génèse du 1er roman. Et j'ai découvert que sous les apparences lunettes noires et nuits blanches, il y a un être qui sait manier la plume. Kevin m'a invitée à partager son univers et je suis rentrée dedans avec délectation. Une écriture, un ton décalé, une tournure de style, une liberté absolue (qui m'a fait pensé bien entendu à James Dean, son idole mais surtout à Kérouac et ses carnets california-dreaming). Et des illustrations.... ces Illustrations ! Quelle beauté... Pfffff sans elle, le roman n'aurait pas eu la même saveur, le même attrait, la même délectation. Elle complète, invite à poursuivre ce voyage de l'écriture, incite à la rêverie. On se sent irrémédiablement attiré par ces lignes, ces croquis. Les mots de Kévin JULIAT à l'unisson des dessins de Pauline LEDU, une continuité à la lecture. Et puis une mention spéciale pour ce fil de trait en haut de chaque page, un fil rouge, le fil d'ariane, celui qui nous incite à tourner la page...

Bref ce 1er carnet de vie inaugure une belle continuité et j'ai hâte en effet de découvrir Le roman de Kévin JULIAT, de continuer à suivre les dessins de Pauline LEDU et de voir comment cette jeune maison d'édition "Le Bleu des étoiles" va poursuivre ce si beau chemin. 

 

Et maintenant que j'ai enfin lu ce 1er roman....Kévin accepteras-tu de répondre à ma question...  Comment se passe cette attente, ces 1er pas, quand le livre s'échappe et qu'il va à notre rencontre ?

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pour le plaisir du partage :

- " L'ordinateur est posé là, devant moi, et les mots me viennent sans me heurter ni même se regarder. Ma tête est en ébullition, des morceaux de phrases éparses se fraient un chemin dans mon inconscient. Une histoire, un fil conducteur, un caractère. Rien de précis. La précision n'existe pas quand les réverbères s'allument".

- "Alors je marche sans regarder derrière, je fixe un point invisible loin devant moi et j'avance dans un chaos qui n'a pas de vie que celle que je lui donne. Marcher, encore, longtemps, deux heures peut-être mais plus rien ne me fait peur".

- " Telle est ma vie : entre gris clair et blanc foncé".

- " Je sais que je dois doit encore travailler et surtout faire lire à quelqu'un ces premières ébauches. Est ce que mon écritures à de la valeur ? Aimera-t-on mes mots ? J'ai peur mais je ne peux plus revenir en arrière, il me faut poursuivre".

 

D'autres clins d'oeil chez Charlotte L'insatiable, Les facéties de Lucie (qui m'a collée le roman dans les mains), et le Bleu des Etoiles.