joncourt

" Ce n'est pas pour rien qu'un mot se perd, au contraire, s'il se perd c'est qu'il vous attend, car c'est de lui que tout partira, c'est qu'il cherche à vous dire l'histoire. Chaque mot perdu est une clé, une clé qui ouvrirait sur un lieu tenu secret de vous, une clé qui pour peu que vous le retrouviez délivrerait une émotion, un souvenir, une scène primitive, peut-être même une histoire qui s'est tenue en dehors de vous concerne pourtant une scène primitive dont la résonance dicte tout, elle est ce que le brouillard est à l'accident, responsable de rien mais cause de tout cependant. Quelle est cette scène ? Ça c'est à vous de le demander."

 

Lorsque j'ai entrevu ce roman au sein de ma bibliothèque préférée (addict grave), je n'ai pu faire autrement que de laisser mes mains partir à sa rencontre. Son titre avait retenu toute mon attention et cela était trop tard. Je m'en suis emparée sans scrupule.

Et là, oh my god... Comment vous dire !

Quelle beauté, quelle plume, quelle émotions au détour d'un mot, d'une lettre, d'une phrase, d'un épilogue, d'un chapitre.

 

L'histoire : l'embarras de ne plus pouvoir prononcer un simple mot NON. Voilà ce qui arrive à Beaujour (ce nom est déjà tout un concept), simple employé dans un institut de sondage. Au bureau dès qu'un collègue lui propose un café ou un petit service, il ne peut qu'accepter. Quand son patron lui demande un nouveau défi, une nouvelle mission, il ne peut qu'acquiscer et lorsqu'il tombe amoureux, son rapport à l'autre s'en trouve compliqué.

Cette absence de "non" l'handicape au point de ne pouvoir sonder/enquêter normalement auprès d'un panel de quidam. Imaginez vous répondre à un questionnaire où la réponse à une question donnée est  : 1- oui / 2- oui / 3- ne se prononce pas.

Beaujourt ne peut pas dire NON... Voilà son désarroi. Que faire, pour retrouver ce mot perdu, ce mot laissé quelque part sur un chemin de la mémoire ?

Grâce à un atelier d'écriture, il part à la recherche de ce mot quitte à remonter toute son histoire personnel, ses méandres, ses chemins... et sortir de ce traumatisme, de ce symptôme paralysant.

 

"L'homme qui ne savait pas dire non" est mon premier roman de Serge JONCOUR (Que Le Dieu des Livres et des libraires me pardonne). Et je peux dire que je suis tombée dans son diable de filet.  A peine le prologue achevé, je m'empressais déjà de tourner les pages et de les tourner encore, de déguster ces mots, ces phrases.

Mon Dieu (et c'est la première choses que je me suis dite)... que c'est beau ! Quelle merveille! Beau à en être émouvant, tendre, fragile, riant, sensible, cocasse.

 

"Le passé est à chacun ce que le brouillard est à l'accident ; responsable de rien mais cause de tout cependant". Telle est la devise de ce roman et nous possédons toutes et tous cette part ombrageuse, ténébreuse qui nous empêche ou nous pousse à découvrir d'autres horizons, d'autres chemins.

"L'homme qui ne savait pas dire non " de Serge JONCOUR est un magnifique roman sur les origines, les "pourquoi" et les "comment".