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Chère Kriss FGARDAZ

 

Voilà je viens de terminer votre magnifique livre "Les chats d'Argent"(quel beau titre énigmatique), tome 2 de la trilogie des Voyageurs de Miroirs . Et ce n'est pas un vain mot ni parce que c'est vous, ni parce que j'avais déjà aimé vos "voyageurs des miroirs"(Editions du Préau).

Que vous dire ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je viens de clôturer votre histoire et vous m'avez laissée seule dans les rues de Londres. 

J'ai un manque là. Un manque de vos mondes, de votre imagination fertile.

Le spleen anglais. Je cherche mon Oliver Twist. 

Vos mots me font défaut, la délicatesse avec laquelle vous avez déposé votre plume sur la feuille fait place à un grand vide.

J'ai le "vague à larmes", un vague à larmes remplit de sourires et d'étoiles, de lumières tendrement réfléchissantes.

Vous avez amplement mérité mes célèbres BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM. Je vous en attribue même un sixième.

J'aurais aimé continuer à rire avec Andy Jersey le preux et jeune chevalier qui a combattu la pire des épidémies, me chamailler avec Droopy et lui dire  " pfff, viens là somptueux chat" et au diable les allergies, tenir dans mes bras le beau et féerique Ochrotomys, serrer très fort la main de Rose, la soeur d'Andy, et lui dire qu'elle grandit et devient une jeune fille magnifique, courageuse et bien au delà des adolescentes de son âge.

J'aurais aimé voyager de  nouveau dans vos mondes fabuleux à la lueur d'une bougie. Les traverser dans la beauté du silence et ouvrir grands mes yeux, m'envelopper dans une couverture bien chaude et me delecter de vos mots encore et encore comme on savoure une bonne tasse de chocolat chaud. J'aurais aimé avoir encore mes 8 ans, 10 ans, 12 ans, 20 ans, 30 ans (je m'arrête là, faut pas éxagérer non plus).

Oui j'aime votre fantastique roman, vos fabuleux voyages au pays des fées, dans les contrées du terrible, cruel et dictatorial Seigneur de Maleficius. Je résiste aux côtés de vos amis voyageurs, de ces femmes et hommes si courageux des mondes moyenâgeux. Je revêts mon habit de princesse-fée-"chevalier" et je combats avec vigueur la terrible armée des chats d'argent. Comme Friggème, je note " [mes] impressions dans un calepin qui ne [me] quitte jamais, observe avec avidité les paysages variés. [Mes] joues étaient roses, mon oeil pétillait. La vie et la liberté, voilà ce qui [vous rend] belle..".

Je savoure l'humanité qui se dégage de vos personnages, de vos mots : " de vivre pleinement le moment présent, comme dit Passème le Sage. Quand il est bon, emmagasine l'énergie positive, quand il ne l'est pas, essaie d'en tirer profit malgré tout, de le transformer pour être plus forte". Vos mondes sont des planètes des sages, de Ronsard, à Barjavel en passant par Pierre Boule et Van Eyck (ah l'école flamande) sans oublier ce cher Victor Hugo toujours présent.

 

Kriss F GARDAZ, oui, vous m'avez envoutée avec "Les chats d'argent".

Je subis le sort d'amnésie, oublie le temps (H18, jour de la menthe poivrée, an 5, au gong j'ai changé de jour...). Je redeviens une enfant et les tours de magie font de moi une éternelle adolescente. Je déguste des monticules de repas gastronomiquement féeriques (je tente la recette du potage de bananes aux perles de fées, excellent). Je goûte cette fameuse limonade aux bleuets/violettes, la bière au miel (résultat : pompette ! Vous pouvez être fière de m'avoir enivrée par vos mots). 

Je chemine dans la forêt perdue, frissonne. J'écoute le silence des mots de l'Ermite, comprends la détresse de l'apothicaire et de sa famille, admire leurs courages, leur volonté d'un monde libre, égalitaire, fraternel, laïc, éducatif. Je vois la violence, la haine, la hargne, l'obscurantisme, le racisme dans les yeux des hommes. Je deviens allergique aux poils d'humains et vous m'offrez la sagesse d'aimer la vie, de la défendre quelque soit le pays, la couleur de notre peau, des poils, des ailes, des cheveux, de sexe.

 

" [...] Que peut comprendre un vieux chat à moitié obèse à l'amour ? A part que celui ci embellit la personne qui le ressent et souvent celle qui le reçoit. Et qu'importe si l'être aimé n'est pas de la même couleur, pas de la même religion, pas du même pays. Qu'importe si un garçon humain a le coeur qui bat pour une guenon puisqu'ici, dans ce monde, elle est aussi intelligente et douée de conscience que toute autre primate. " 

 

Et que dire de vos personnages... Kriss F GARDAZ, vous avez le don de nous les faire aimer d'époque en époque, d'âge en âge.

Je ris, mais ris avec Andy (à en avoir des fous rires et des crampes d'estomac, je reconnais un petit chevalier), partage des petits déjeuners matinaux et son flot de paroles dès les premières miettes de brioches englouties. Je chafouine avec Droopy, ce malicieux chat de gouttière qui ressemble comme deux poils à mon gredin de Matou (merci à Fanny ETIENNE ARTHUR votre illustratrice coup de coeur aux crayons magiques). Je suis attendrie par son attitude envers les deux enfants, son regard malicieux au coeur "madeleine". J'ai caressé les joues de Rose, jeune fille au coeur si beau, si tendre, si courageux (me suis reconnue dans son amour des livres...). J'apprends beaucoup au côté de Nanikana. Je suis touchée par le courage d'une mère qui ne demande jamais rien pour elle et affronte les tyrans, des virus mortels. Je tombe amoureuse d'Ochrotomys, "joli" fée aux ailes de libellule et au regard extraodinaire (Ochro, je t'aime).  

"- A mon avis, peu de couples adultes se sont aimés dès l'adolescence.

- Quelle importance ? Nous serons des pionniers ! Dans mon monde, je n'ai que quatorze ans, j'ai grandi solitaire, mûri trop tôt, sans père ni mère, mais j'ai beaucoup appris. En particulier me fier à mon intuition. Tu es celle qui me libère de mes peurs d'enfant, celle qui me donne la force d'espérer, l'envie de me dépasser. J'ai envie de voyager avec toi, envie de te faire rire, envie que tu sois heureuse, avec ou sans moi."

 

J'aime votre monde simiesque, serein, égalitaire, paisible, lumineux, solidaire, pacifique, écologique, les phantrams si majestueux (une question... ne serait-ce pas cette fameuse maison en pans de bois ?...). J'avale avec Félixa, jeune guenon à la langue bien pendue mais allergique aux bananes, la pétasite qui ne me fait pas péter. Je cours autour du stade et tente de rattraper les "vole-bananes". Je glisse (ah je vois un sourire là) et me vautre lamentablement. Du coup Andy et Droopy en profitent pour rigoler. Les bougres ! Pangaordz (ah ah, excellent ! J'adore quand vous jurez).

 

Bref, j'aime vos Chats d'argent et cette imagination, cette humanité, qui vous caractérisent si bien ! Oui j'aime tout simplement, tendrement cette histoire, cette douce bougie, chandelle que j'allume pour vous lire lors de mes insomnies. Vous me faites rire, pleurer, frissonner, aimer, regarder, partager, rencontrer... C'est une belle aventure remplie d'étoiles, de chemins féeriques et humains.

 

Cezill, Chikba, Ngaciam. Tumtoll jeunes voyageurs des miroirs. Tumtoll pour les quelques feuillets envoyés en ce mois de juin vertigineux et pour les mots délicatement posés. Mille Ngaciams encore une fois aux doutes. Ils sont beaux. Et au plaisir de lire  le tome 3 des voyageurs des miroirs et bien d'autres choses encore. Vous avez les capacités à déposer les mots et de nous emmener à les lire, les découvrir, les aimer. Votre grenier est magique. Vous avez tout d'une grande. Allez, vivez et devenez ! Les prémisses d'une métamorphose.

 

 

Enjoll lli olle et Ngaciam...  

 

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