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Betty Blues …. Où comment tomber amoureuse d’un canard qui joue de la trompette dans un club de jazz miteux et qui devient terroriste par la force de l’amitié…

Dit comme cela, Betty Blues nous laisse perplexe.

Mais c’est sans compter la force et la beauté de l’illustration et du scénario de Renaud DILLIES !

Je peux vous le promettre, je ne connaissais pas DILLIES avant de lire cette bande dessinée. Dès demain, c'est dit, j’investis dans un auteur, illustrateur, scénariste, croqueur de bulles de génie.

DILLIES, un mec à la palette graphique ensorceleuse, à l’imagination poétique merveilleuse, à la grâce insoupçonnée au détour d’une page, d’une case, d’une bulle. Un coup de cœur absolu pour ce passionné de musique, ce merveilleux conteur, ce … Je ne trouve plus les mots.

Renaud DILLIES et son Betty Blues m’ont mise KO. Juste sublime !!

 

 

betty champ

Little Rice Duck est trompettiste dans un club de jazz miteux et enfumé, le Cotton Club. Un joueur de blues, de jazz hors pair, un des meilleurs de sa génération, un canard au bec d’or. Un qui donne tout sur scène, qui ne vit que pour sa musique qui déchire l’âme, ses notes qui sort de son instrument. Un mélomane insatiable, un fin gourmet de la mélodie.

Les soirs où il joue Lady Betty, jolie petite poule rousse, l’attend patiemment accoudée au comptoir en sirotant un verre de champagne. Et l’attente est longue… Betty se sent délaissée, trompée par cette trompette…

Alors un soir, un fieffé matou, un black cat, un dénommé James Patton, un roi de la finance, passe dans le coin et sur de belles paroles, des coupes bien remplies, embarque Betty dans son carrosse bleu nuit.  

Adieu Rice, adieu petit canard mélomane. Ta trompette a joué de fausses notes dans ta partition conjugale et tu as perdu ta muse.

Mais Rice en pinçait grave pour cette poule, sa Lady Jazz.

 

 

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Sa Betty évaporée, notre canard sombre dans une cuite mémorable et décide de partir loin, très loin de cet univers où le blues des notes côtoie le blues de sa vie. Et ce ne sont pas ses potes du Cotton Club qui le feront remonter sur scène. Nada, ras la casquette, « marre de cracher ses poumons dans un vieux tube de cuivre », il balance sa trompette et s’envole vers de nouveaux territoires, en direction de nulle-part.

Une fuite pour retrouver un nouveau chemin, un autre endroit où il pourra revivre, mettre de la distance entre sa Lady et lui, prendre la fuite, « essayer de trouver de l’espoir dans l’insupportable ».

Cette disparition est l’occasion pour lui de rencontrer Bowen, un « chouette » hibou qui travaille à la chaudière d’une scierie, « la Kutwood Sawmill », le plus sale et pire des "bouleaux", l’enfer. « Mais il n’y a sans doute que ça pour lier une réelle amitié ».

Bowen accueille Rice chez lui et lui confie son projet : saboter ce maudit moulin à dents. Cette décision changera la vie à Rice. Il sera l’homme de main de Bowen, l’hibou au cœur sur la paluche.

 

 

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Je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire mais sachez que Dillies m’a embarquée dans son histoire et ses dessins. Une maîtrise totale tant au niveau du scénario que du graphisme. L’album regorge de philosophie de vie, d’un sens du partage, de l’amitié, de l’amour bien sur mais surtout du besoin impératif de briser ces chaines et de faire de sa vie une cascade d’émotions, de soi, de trésors éternels.

 

« Malgré la déchirure, la vie reste si belle ! … Nous sommes si insignifiants dans ce monde et pourtant nous sommes capables d’éprouver des choses qui touchent à l’éternel… »

 

Quand au graphisme, on peut au début être dérouté par la composition des planches (6 cases par page) pour finalement en savourer les saveurs, les couleurs, ce graphisme et terminer sur la palette bleue de Chagall. Sublime et magnifique.

 

Betty Blues a reçu plus d’un titre, notamment le plus prestigieux le Prix du Premier Album (Angoulême 2004). Je comprends pourquoi. Et je reviens vous parler d’un autre album de DILLIES que j’ai découvert et qui m’a tout autant subjuguée. Ne partez pas trop loin, DILLIES a encore frappé fort.