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« On porte en soi des images de films, des chansons qui surgissent à des moments inattendus de nos vies, qui font de nous quelqu'un ayant appartenu à une époque. Il nous reste des empreintes de ces histoires qui nous ont marqués, de ce temps où nos vies étaient vierges et où l'on croyait la blancheur éternelle. On voulait que notre vie ressemble à ce moment là, à ce plan parfait.

Parfois, elle y ressemble un peu. On est heureux »

 

Il y a des romans qui sont des madeleines que l’on trempe avec délice dans une tasse de chocolat bien chaud. Ils nous cueillent avec délicatesse et nous transportent sur des plages de Normandie, de La Côte d’Azur ou encore de Bretagne. Ils nous font égrainer des souvenirs ... Des livres qui sont nous avec une incroyable douceur et tendresse, une nostalgie et des rires, des larmes et des étoiles.

« La Blancheur qu’on croyait éternelle »  de Virginie CARTON c’est cela ! Un roman sur nos jeunes années, un roman doudou, un roman chaudoudou ! Et il faut l’avouer : la plume de Virginie CARTON sait y faire pour nous procurer une lecture par procuration. Lire ce roman, c'est juste un délicieux moment, ce délicieux moment où les mots sonnent juste, où la patte de l'auteur vient vous caresser les yeux et l'âme. C'est tendre, oui. Et cela fait un bien fou. C'est comme replonger dans un bain de mer ou d'eau douce, trouver la vie belle dans ses moindres détails, même si pour cela nous paraissons décalés, solitaires, rêveurs.

 

Tout commence sur une plage à Deauville, enfin non pas sur UNE plage, non ! Sur LA plage mythique de Deauville, celle d’un homme et une femme de Claude Lelouch, celle qui fait que l’on croit encore et encore à l’amour avec un grand A, celui qui fait Chabadabada, dans les cœurs et qui résonne longtemps dans les âmes. Jean Louis Trintignant et Anouck Aimé… Et déjà, je suis loin ou du moins non, j'y suis, là, sur cette plage ! Toi et moi Chabadabada…

Lui c’est Lucien, pédiatre de trente sept ans, célibataire en quête de son Anouk, de sa Romy. Un peu spécial, il est célibataire… Il aime les vieux films, les Ford Mustang (surtout celle de JL Trintignant), la poésie mais déteste les soirées entre potes, danser, les SMS et à chaque nouvel an, il envoie une carte de vœux à ses parents. Bref le parfait modèle d’un homme des années 2000 resté dans les années 80. Ce qu'il aime, c'est regarder la vie, comme on regarde les années défilées. Etre là et en même temps un peu en retrait. Un homme qui ne cherche pas à être au goût du jour, à paraitre.

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Elle c’est Mathilde. Trente-quatre ans, ancienne de HEC, elle est devenue chocolatière (trop de doutes, des gens qui doutent, pas assez d’ambition pour devenir une winneuse commerciale). Elle ne sort pas beaucoup préférant passer ses soirées devant la télé à regarder Miss France ou les émissions de télé réalité. Elle n’aime pas se déguiser mais adore les palets bretons trempés dans une tasse de lait. Mathilde, c'est la belle de mai, celle qui n'ose pas se dévoiler de peur d'être trop ou pas assez aimée pour ce qu'elle est. Elle, tout simplement. Une Amélie Poulain en somme (peut-être nous aussi... )

Tous les deux habitent le même immeuble mais tous les deux ne font que se croiser. Est-ce par hasard ? Une soirée improvisée chez un voisin où se déguiser est obligatoire, un été indien, un Deauville sans Trintignant et le printemps revient…

 

Alors peut-on passer notre amour à la machine ?… La blancheur qu’on croyait éternelle est-elle toujours aussi blanche ? Moi je dis banco. Banco oui, pour ce roman qui nous fait du bien, pour ce roman où chacun d'entre nous y laisse du sien, s'y retrouve au détour d'un sourire, d'un rire, d'une larme qui glisse sur la joue, d'un rêve, d'une envie, d'un espoir, d'amis qui vous tiennent la main quand on en ressent le besoin, quand on ne va pas bien. BANCO.

 

Virginie CARTON a fait d’un livre, un roman jouissif. Cela sent bon le charme désuet, la plume nostalgique, la beauté de la délicatesse, la générosité, les choses simples mais tellement plus belle. Ce chassé croisé, comme un vaudeville, nous rappelle nos propres solitudes dans ce monde où les SMS, Facebook et les réseaux sociaux ont modifié les communications entre hommes et femmes, où les solitudes et les sentiments sont des monologues shakespeariens (to be or not to be, that is the question).

Sous sa plume, on sent la pudeur, la beauté des décalages temporels, la sensibilité, la douceur d'une neige éternelle, la clarté et la lumière d'un bain de soleil sur une plage normande, la chaleur qui réchauffent les coeurs, les âmes. C'est beau, bon, tendre, doux. C'est sucré et acidulé, une part de gateau, un palet breton, une tasse de chocolat chaud. Et Virginie est sacrément douée pour nous procurer "cette blancheur qu'on croyait éternelle".

 

Bref si vous désirez passer un bon moment, précipitez vous sur « La blancheur qu’on croyait éternelle » de Virginie CARTON et comme moi vous chanterez « on ira quand tu voudras où tu voudras… ». (Sachez qu’à la fin de ma lecture, une irrésistible envie de Revival m’a prise si bien que ma chaine Hi-FI High-Tech new generation a craché Police, Supertramp, Pink Floyd et les tubes de Salut les p’tits clous)