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Ma chère Mélanie

 

Toi et moi, c’est une vieille histoire maintenant. On ne va pas se mentir ou se dire « vous » pour faire plaisir à tout le monde. Ca fait un bout de temps que toi et moi, on se suit. Ça fait un bout de temps que

Toi, tu écris

Moi, je te lis.

Et ça fait un bout de temps qu’à chaque fois, tu me laisses avec un infini sentiment d’abandon.

Oui, Mélanie, te lire provoque un risque. Le risque d’aimer ta plume, le risque de devenir accro à ton phrasé, à ta manière de jeter les mots sur le papier, ta manière de nous faire aimer tes phrases uppercuts, tes crochets, ta douceur, ton rire, tes larmes, tes beautés.

Mais là, Mélanie, là… ce n’est pas possible : TU VEUX MA MORT !!

 couv le bain et la douhe froide

Mélanie, qu’est ce que tu m’as fait là… ! Non mais « Le bain et la douche froide »… ! Non mais… Je ne  trouve même plus mes mots tellement tu m’as prise par la main, malmenée, fait pleurer comme une loutre de mer en pleine mer salée (et dieu sait que cela pique les yeux de pleurer comme une loutre de mer en pleine mer salée).

Mélanie, ton « bain et la douche froide » qu’est ce que je l’ai aimé. Je l’ai tellement aimé que cela fait bientôt deux semaines que je le lis, le relis, le re-relis. Deux semaines où je puise dans ton eau pour trouver les mots et tenter de faire tant bien que mal un billet. Deux semaines que je n’arrive pas à en parler. Deux semaines…

 

Grâce à Lucie et ses facéties, les coudes sur la table, j’avais découvert MUE. Tu m’avais embarquée, ligotée dans un hôtel, racontée l’histoire d’une jeune fille qui aimait lire, l’histoire d’un homme qui aimait regarder cette jeune fille lire. Puis j’ai eu envie de continuer l’aventure. J’ai acheté TOURTERELLE, ton premier roman. Tu m’as de nouveau captivée. Tu sais y faire, à n’en pas douter.

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Puis, un jour de décembre, un jour froid, très froid pour moi, j’ai eu l’honneur de recevoir dans ma boite aux lettres, un paquet en provenance de Suisse. Et là…, là Mélanie, la loutre, elle a eu les yeux qui lui ont sacrément piqué ! Je peux te le dire maintenant, mon cœur a dérapé : boum, boum, boum, boum. Il y a des dédicaces, des mots qui restent à tout jamais, des mots incrustés, gravés au burin.

Mélanie, tes phrases, ton style, ta prose, ta musicalité… Et toujours ce sentiment d'urgence, de vivre la vie intensément, goulument. J’adore, je suis fan.

Tu possèdes cette qualité rare de savoir en très peu de mots nous embarquer dans tes histoires, dans ton monde. Tu as une façon d’écrire incroyable. Tu effeuilles avec amour les pages tout en égratignant nos âmes.

Tu es le rire à la source, la colère du barrage et la volupté du delta.

Mélanie, ne doutes pas… Ton recueil de nouvelles « Le bain et la douche froide » est une petite pépite. Il faut savoir le lire, le déguster, le savourer. Tu as abordé les thèmes de l’enfance malmenée, maltraitée, de la haine, de la découverte des corps, de l’homosexualité, du racisme, de la guerre, de l’amour, de l’humanité, de la vie dans toute son horreur et sa beauté. Tu as su nous décrire les va-et-vient de nos sentiments, émotions, l’humanité avec tous ses visages, ses facettes, ses dégouts et ses miracles.

Au travers tes vingt-quatre nouvelles, tu nous as concocté ce quelque chose de merveilleux à lire. Tu m’as brulée à l’eau chaude, fait passer dans différents bains puis la douche froide, glacée même. Tes mots ont résonné puissamment dans mon âme, mon corps, mon être. Tu as su être la main sur l’épaule, le pied à l’étrier, la plume à l’encrier.

 

mélanie petite moiTu es douée Mélanie. Tu es douée pour écrire et nous décrire les sentiments, les détresses, les émotions, l’humain. Tu es une écrit-veine, comme j’aime à le dire. Tu écris avec ta chair, ton corps, tes tripes, ton cœur. Tu y mets tous tes cris, tes rires, ton sourire, ta tendresse, tes peurs aussi. Et c’est bon, terriblement bon de te lire, te découvrir à chaque fois.

Et parce que certaines plumes vous donnent beaucoup plus qu'elles ne le pensent, le croient. Parce que toi,  Mélanie RICHOZ, tu en fais partie. Parce que tu restes un soleil qui brille sous un ciel de décembre, une plume merveilleusement belle, attachante, émouvante. Et parce que c’est terriblement bon d’être une « petite moi ».

Je suis émue, très émue de t’avoir de nouveau lue, découverte à travers « le bain et la douche froide ». Très émue de constater que ta plume grandit et d’une jolie manière. Tu as su aborder le virage des nouvelles, des histoires qui sous ta plume, sont des virages à 190°. Tu as su faire d’un recueil, une pépite, un joyau, un bijou que je cache au fond de moi, comme un talisman. Tu as su me déshabiller, Mélanie. Et je n’en ai aucun regret. Tu as su me faire pleurer comme une loutre de mer en pleine mer salée. 

 

" ne te juge pas, ne te censure pas, mais écris. Même si tu as l'impression que c'est dans le vide, que ça n'intéresse personne, même si c'est difficile, n'abandonne pas. "



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