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- Pourquoi elle [la mer] s'en va ?
- A cause de la lune. Un type m'a dit que toutes les deux, elles s'attirent comme des aimants. La lune est là.  Elle passe au-dessus de la mer et la mer la suit. Elle essaie même de la rejoindre.
- Dans les étoiles ?
- Ouais. Elle se tend vers le ciel comme ça.  Elle voudrait la toucher mais elle peut pas. Elle est trop lourde. Et petit à petit, la lune s'éloigne. Elle finit par disparaître de l'autre côté du monde. Alors la mer revient.
- Sur ses petites pattes ?

Il y a des bandes dessinées qui vous tombent dans les mains du jour au lendemain. Et il vous faut une occasion unique et exceptionnelle pour l’acheter.

C‘est un peu ce qui m’est arrivée avec "Abélard" de Renaud Dillies et Régis Hautière. Depuis plus d’un an, je ne lisais que des chroniques élogieuses (Marion, ChocoJérômeMo’, Moka, NouketteStéphie) sur ce petit oisillon haut comme trois pommes mais au cœur rempli d’une sagesse philosophique naïve. J’avais beau le chercher dans ma ville… nada, que de chique. Pas d’Abélard ! Quand  par un beau jour de septembre eu lieu « Tours de Bulles », avec en Guest Star Hadock, Hautière (et leurs Lulus), Squarzoni et un de mes groupes fétiches « Volo ».

Ce jour là, l’oisillon est tombé dans mon panier, mon escarcelle. Il était là et il n’attendait que moi. Impossible de passer à côté ! Mais allez savoir pourquoi, une fois chez moi, je la rangeais…

Peut être me fallait-il attendre le bon moment ? Le moment présent où mes yeux et ma main s’en emparaient et découvriraient toute cette sagesse, philosophie, naïveté,  beauté, simplicité. Peut-être me fallait-il comme Abélard, parcourir un chemin et rencontrer moi aussi, d’innombrables personnes qui accepteraient de m’accompagner un bout et réciproquement ?

Allez savoir … Mais maintenant, Abélard et moi, c’est pour la vie !

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C’est que je l’aime cet oisillon/canard aux gambettes flageolantes marchant sur son fil de vie, balluchon à l’épaule.

C’est que je l’aime ce petit personnage au chapeau remplit de proverbes, aphorismes,  et ne rêvant que d’une chose, s’envoler au volant d’une machine pour aller cueillir des étoiles et les offrir en bouquet à sa dulcinée.

C’est oui de l’amour…

Il ne peut en être autrement. Pour lui et son compère, lui et ses amis du marais, lui et ses rencontres d’une journée.

 

Tout commence dans un marais. Tout commence autour d’une partie de cartes/pêche entre amis. La vie s’écoule tranquillement, paisiblement.

 « On est bien ici, hein ? Sûr qu’on est bien. Plus que bien, même : on est au top ! Et ailleurs ? Tu crois que c’est bien aussi ? »

Abélard a toujours vécu au marais et se demande si ailleurs la vie est aussi tranquille. Quand un jour, au détour d’un roseau, il tombe devant le corps et la beauté topissime d‘une petite oisillonne peu sauvage mais farouchement indépendante.  Epilie !!

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C’est qu’au marais, les femmes ne sont pas les bienvenues. C’est un univers d’hommes. Elles  sont comme les fleurs, elles font éternuer, sont fragiles, piquent et certaines sont même carnivores. Alors quand Epillie à la beauté céleste pointe son bec, le cœur d’Abélard ne fait qu’un tour. Il a beau tirer de son chapeau des sonnets et autres phrases sonnantes de sagesse, l’âme naïve du oisillon s’emballe.

Pour la séduire, il est prêt à lui offrir la lune, voire un bouquet d’étoiles, prêt à grimper sur une échelle et à attraper l’astre sélénite dans un filet à papillons.

Jusqu’au jour où Abélard apprend que deux individus ont mis au point une machine qui permet de voler comme un oiseau. Baluchon à l’épaule, notre oisillon/canard marche droit vers l’Amérique.

 Mais le chemin est long …. Il ne se fait pas un jour, et surtout il ne se fait pas seul.

Pour apprendre du voyage, il faut apprendre des autres, écouter, entendre,  voir, regarder, partager, vivre l’instant, « épuiser les solutions », se fier à son instinct, se munir d’une carte qui indique le chemin tortueux emprunté par le destin, vivre la vie comme un cadeau.

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Et surtout rencontrer des personnes qui sont des mains sur les épaules, des alliés, des êtres différents mais qui apportent tant. L’amitié qu’elle soit gitane, de gens autres que soit, ou d’ours mal léchés qui deviennent les vrais compagnons de voyage, de vie. De belles et vrais rencontres. Celles qui permettent de grandir, de vivre, d’aimer sans attendre le retour, juste l’amitié, la véritable amitié.  Celle qui au détour d’une route nous prend dans un chariot et nous aide à nous rapprocher de notre but. Celle qui au détour d’un port nous vient en aide, nous embarque sur un bateau, nous fait toucher l’Amérique du bout de l’aile et nous envole dans les airs pour toucher les étoiles. Celle qui quelque soit la couleur de la peau, l’espèce, le genre, l’autre font que  « la grande leçon de la vie, c’est que parfois ce sont les fous qui ont raison »

 

Encore une fois Monsieur Dillies vous m’avez touchée le cœur de votre gracieuse plume. Encore une fois…  monsieur Hautière vous avez su de votre prose me raconter une merveilleuse histoire. Encore une fois…

Je sais maintenant pourquoi j’ai attendu tout ce temps pour découvrir Abélard. Il faut trouver un de ses chemins, s’entourer d’amis, d’amour qui nous donnent la possibilité de toucher nos étoiles et surtout de vivre follement l’instant que la vie nous donne au juste et bon moment. 

« On est bien ici, hein ? Ouais… »

 « Abélard » petit oisillon au cœur si pur et si noble…. Je t’aime. Merci pour ta si naïve mais au combien si juste et belle sagesse.

« En doutant, nous nous mettons en recherche, et en cherchant nous trouvons la vérité. » Abélard (le vrai )

 

 

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