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Etes-vous prêt à prendre le volant avec trois vieux septuagénaires déglingués du ciboulot mais pas du tout atteint de sénilité ou d’une quelconque déficience mentale ? Etes-vous prêt à envoyer valdinguer déambulateurs et autres prothèses qu’elles soient auditives ou corporelles ? Etes vous prêt à passer un sacré bon moment de poilade , le genre de moment qui vous donne envie de relire cet ouvrage, de vous rouler par terre à en avoir des crampes d’estomac ?

Si oui… vous êtes faits pour « Les vieux fourneaux » de LUPANO et CAUUET !

 

Prenez trois vieux bonhommes déjantés qui se retrouvent au décès de l’épouse de l’un d’entre eux. Lucette, la bien nommée, Lucette, la bien aimée.

Tout commence là…  A la crémation.  Et on sait bien que c’est aux enterrements que l’on voit tous les vieux du coin. Autour du corps se retrouve Antoine, le veuf à la langue bien pendue, Mimile, à l’embonpoint proéminent et à l’œil vicelard, Pierrot, ancien syndicaliste aux méthodes plus qu’anarchiques et surtout Sophie, la petite fille adorée de Lucette.

C’est que Lucette, c’était quelque chose. Elle en avait dans le ciboulot. Elle en avait  de l’amour pour son Antoine. Tellement que lorsque son patron, le grand et prestigieux Garan-Servier est tombé amoureux fou d’elle,  elle a claqué la porte de l’usine où ils travaillaient tous les quatre et a monté sa petite entreprise de spectacle de marionnettes. Ah la Lucette, c’était quelque chose oui. Elle sillonnait les marchés, l’aventure ne lui faisait pas peur !

Et Sophie est son portrait craché. Sophie qui a fuit Paris et a repris la camionnette rouge et l’entreprise de sa grand-mère. Sophie qui est enceinte jusqu’aux dents d’un marmot sans père.

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Bref à sa mort, Antoine apprend par une lettre laissée chez le notaire du village (surnommé Pompe à vélo) que Garan –Servier a eu une aventure avec sa Lucette et l’a culbuté au détour des vestiaires.

Une liaison… !!!! C’est plus qu’il n’en faut pour traverser la France de long en large et se dirigeait droit vers la Toscane où réside dans une maion de retraite le grand Patron des Laboratoires Garan-Servier avec à ses trousses, dans la camionnette usagée, Pierrot, Mimile et Sophie.

 

Road movie hilarant à bord d’une vieille fourgonnette des années 50 où nos héros vont dévoiler une partie de leur histoire, de leur sensibilité, de leur bonté d’âme, de leur caractère de cochon-ronchon et de cette amitié qui va au-delà de l’âge, au-delà de l’histoire du grand syndicalisme à la française.

Il était certain que je ne pouvais qu’adorer cette bande dessinée. Et bingo, je n’ai pas été déçue. Dialogues déjantés, époustouflants, cousus au fil d’or par Wilfrid LUPANO que j’avais adoré dans le Singe d’Hartlepool (une valeur plus que sûr), et des dessins signés par Paul CAUUET.

 

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Les dialogues sont croustillants, relevés, irrésistibles sans être lourds ou caricaturaux. Juste la bonne dose d’humour noir et de sensibilité espiègle. J’ai été emporté de la première page à la dernière case. LUPANO a fait mouche dans la soupe populaire et a remisé au placard les cannes et autres déambulateurs. On sent la maitrise de l’intrigue et de l’action politique/syndicale des années 50, l’humanité et la solidarité dans la verve de nos trois bougons et la beauté sensible moderne chez Sophie.

Quant aux dessins, je ne connaissais pas Paul CAUUET. Juste la bonne maitrise du trait. Ni trop peu, ni pas assez. La caricature aurait pu prendre facilement le pas. Il n’en et rien. Graphisme parfait.

 

Bref s'il n’y a qu’une bande dessinée à lire en ce moment, c’est bien le tome 1 de "Les vieux fourneaux" de LUPANO et CAUUET. Vivement la suite… J’en bave d’envie.

 

 A retrouer chez Moka, Noukette, Jérôme, café powell et ....

 

Les vieux fourneaux : Wildfrid Lupano & Paul Cauuet l'interview