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Mercredi 07 janvier, il avait disparu comme une sale blague qu’il nous avait déjà faite.

Irrévérencieux, insoumis, mais d’un cœur et d’une tolérance grande comme un paysage infini, Charlie s’amusait depuis longtemps à disparaitre et revenir. Son rire faisait, qu’à chaque dois, on savait  où le trouver, le retrouver. Son sourire et ses clins d’œil à nous ramener, grâce à sa vérité, dans le chemin de la fraternité, la liberté, la solidarité.


Le rire de Charlie c’était ce doux regard pétillant, son humour qui égalait les plus beaux sourires, son œil vif qui nous rappelait qu’il était nécessaire de toujours savoir le garder ouvert.

Charlie, c’était un ami, un frère, celui qu’on appelait quand il manquait les rires, les envies de se sentir libre, celui qui nous faisait marrer, celui qui mordait des fois. Mais comme un frère, un ami, dès qu’il disparaissait, il nous manquait. Une tête d’enfant, rieur, moqueur, rêveur, tendre.


Je n’adhérais pas à tout, ce qui est le propre de la liberté de penser, d’écrire, de dessiner, mais c’était un gourmand de la vie. Il la croquait à pleines dents, la savourait, s’en délectait, nous en resservait tous les mercredis : entrée, plat principal, dessert et si nécessaire gourmandises avec le café si jamais on ne comprenais pas qu’il faut savoir aimer la liberté et toujours se rappeler que personne n’a la possibilité de l’emprisonner, la bâillonner, lui interdir le droit d’être dessiner. 

 

10675738_10205978101157377_8507387646683795080_nEt puis, Mercredi matin à 11h30, Charlie a disparu. Fusillé. Mort pour le crayon levé.

 

Depuis mercredi, je cherche Charlie. Je l’appelle. Je le crie « Où est Charlie ? ». « Où sont Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré et tous ceux qui le surveillait, le regardait, l’aimait, lui parlait, le dessinait, l’écrivait ?

Je cherche Charlie et j’ai beau lever mon crayon, allumer chaque soir les bougies, continuer d’écrire ton nom Liberté comme Charlie me l’avait si bien enseigné, depuis mercredi je peine à me relever. Je ne vacille pas sur mes convictions mais j’erre dans un brouillard.
Je cherche Charlie, Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Bernard Maris, Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Elsa Cayat, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud et Honoré.

Et aujourd’hui, deux jours après, je t’ai retrouvé.

Je t’ai retrouvé Charlie.

10891893_10205978072916671_1013929165428286724_nTu es dans le cœur de tous ceux que j’ai croisé, quelque soit leur couleur, leur confession, leur sexe, la nationalité.

Je t'ai retrouvé.

Je t’ai retrouvé Charlie.

Tu es au dessus de moi, tu es dans mon coeur et tu souris de voir une si belle solidarité autour du mot liberté.


Tu as perdu douze de tes hommes mercredi au nom d’un je ne sais quelles absurdes paroles prononcées, mais Charlie, tu es là, dans le cœur et tu brandis ton crayon comme message de paix, de cette liberté qu’il faut garder, aimer.

 

Et pour toi, depuis mercredi, je suis Charlie, nous sommes tous Charlie et cela quelque soit la couleur, la confession, le sexe, la nationalité

 

 

"Je m'appelle Charlie" : l'hommage des Françoises à Charlie Hebdo