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A l’abordage ! La Fille Maudite du Capitaine Pirate sème la terreur sur l’Océan de l’Omerta.


Nul ne peut dire où s’arrêtera sa quête de retrouver son père le fameux Capitaine Pirate. Nul ne peut prédire quel sera le voyage quelle entreprendra à bord de poissons volants, entourée d’espadons chevaliers, d’un perroquet fieffé oiseau aux ailes trouées par les balles d’un pistolet à silex. Nul ne peut savoir sur quels navires et êtres fantastiques, la Fille Maudite embarquera, sèmera la zizanie-mutinerie et vaincra les pires pirates de l’Océan de l’Omerta.

Bon sang de maudit Pirate de père. Ta fille malgré son œil crevé ne recule devant rien. Elle harponne avec bandeau sur les yeux et bottes de flibustiers aux pieds, la mer et les fonds de l’Océan où elle participe, avec un appétit féroce, aux pires batailles sous-marines. La Fille Maudite est digne de toi.

 

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Fille des mers, fille perdue, orpheline, abandonnée dans un monde qui n’est pas le sien, dans un monde où les pirates sont ceux qui possèdent le pouvoir, le gouvernent avec tyrannie. Elle n’a peur de rien et surtout pas des animaux mythiques, sortis tout droit d’un dessin de Gustave Doré ou de l’enfer décrit par Dante.

Elle chevauche les Océans sur des poissons extraordinaires, combat à l’épée les pires pirates, gouverneurs et quiconque qui se mettra sur sa route. Rien ne l’arrête pas même les squelettes et autres personnages sortis tout droit d’un univers à Escher ou Lewis Caroll.

Intrépide, entêtée, courageuse, gouailleuse, invincible, féminine, combattante,  elle incarne une Alice au pays maléfique rempli de chimères, de dragons, d’animaux fantastiques. On ne sait si elle rêve ou si cette quête est réalité.

 

Jeremy A. BASTIAN a conçu un véritable ovni bedetesque. Il m’est impossible de  vous dire si j’ai aimé ou non d’ailleurs. 

10915281_424397521042871_3513553891947738938_nEntre itinérance onirique et aventures abracadabra-dantesques, cette bande dessinée est un vrai charivari de graphismes.

Elle oscille entre la gravure des dessins de Gustave Doré retraçant les Enfers de Dante et les mondes oniriques et sans fin de Escher,  l'univers de Lewis Caroll et d’une Alice s’émancipant des grands principes. Tremble Billy Brouillard, tremble. 

C’est un vrai univers, une gageure de vous parler de cette bande dessinée, d’ailleurs en est-ce vraiment une… ? Je vous défie de ne pas être interrogé, interloqué, intrigué, choqué ou au contraire envouté.

Le scénario par lui-même est un vrai cheminement titanesque : une fillette cherche à retrouver la trace de son père, le fameux Capitaine Pirate, disparu un jour en mer, le terrible Océan de l’Omerta. Revancharde, passionaria,  revêche, elle chemine dans ses propres parcours que l’on devine intérieurs. Elle rencontre des gouverneurs, "reine de pique", des fillettes révolutionnaires qui rêvent de renverser le trône paternel, des chevaliers et autres magiciens d’Oz. Une vrai odyssée qu’Ulysse n’aurait pas su écrire tellement elle parait ubuesque, incroyable, cauchemardesque.

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Le graphisme quand à lui est surdimensionné. Jeremy A. BASTIAN ne s’est rien interdit. Il a croisé au pinceau et à l’encre de chine toutes les possibilités extraordinairement possibles d’un dessin d’une très grande maitrise.

Je ne peux pas dire que j’ai été fan mais sa mine graphite explore tous les recoins de la page. Aucun blanc, dessin dense, à la limite même de trop dense par moment. Il se permet d’aller d’une version classique de la bande dessinée à quelque chose d’originale, de démesurée. C’est incroyable à lire, à décortiquer voire à se laisser happer.

On plonge, on suffoque, on se noie, on devient comme un poisson bouilli, une bouillabaisse mais comme on est la Fille Maudite du Capitaine Pirate, on tourne la page et on continue le combat, on digère comme on peut et on reprend l'épée, on chevauche les poissons chevaliers. 

 

Bref je ne sais pas si mon billet vous encouragera à découvrir les autres tomes de cette histoire mais pour ma part il va me falloir un peu de temps pour digérer cette version dantesque, onirique, fantastique et rechevaucher sur l’Océan de l’Omerta en compagnie de chevaliers espadons, d’un perroquet prénommé Poivre d’As et d’un chien-poissons.

 

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Pour lire cette bande dessinée, j’ai embarqué ma pilier de pages graphiques et partager avec elle, cette aventure pas piquée des vers (vu le nombre de squelettes, il y aurait matière pourtant).

A vous de vous précipiter sur son blog, de nager vers ses pages aux délices fumeux et de vous imprégner de sa lecture.

Mo…. Je trouve franchement que là, on a dépassé les limites des bornes de la Bande dessinée maritime (encore un coup de Maurice ça…).
A l’abordage Moussaillon pour d’autres lectures, mille millions de mille sabords !

 

 

La Fille Maudite du Capitaine Pirate
Jeremy A Bastian
Traduction : Patrick Marcel (traducteur de Game of Trone)
Lettrage : Guillaume Trouillard
Les Editions de La Cerise sur le Gâteau