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« Derrière le hublot, les images passaient comme à travers une lunette scrutant un horizon lointain, et me donnaient la force et le désir d’aller jusqu’au bout de ce voyage, que d’une certaine façon je devais à l’homme du réverbère. Je me souviendrais sans doute longtemps de ce matin sur la Minette, comme je me souviens d’autres matins auxquels je pense souvent et qui sont parfois des refuges heureux. […] Tant d’autres, qui ont laissé des traces lumineuses dans la nuit opaque des chagrins et de la fuite du temps, et me guident lorsque je crois perdre mon chemin. »

 

Michèle LESBRE a cette particularité de savoir souvent me mener sur la beauté des mots simples et silencieux, la grâce et la douceur de la pluie, un lac immense ou un voyage en Sibérie. Michèle LESBRE c’est oui, cette auteure qui d’une simple virgule, vous pose tout simplement là, dans la délicatesse et la poésie du texte. Et ce roman « Chemin » a encore une fois eu le bonheur de me parler, me toucher, m’interpeller avec bonté, douceur, chaleur, gratitude, sérénité.  

Que dire d’autre quand la plume frôle le papier avec autant de délectation, quand la rencontre opère entre l’écrivain et le lecteur, quand le chemin se fait le long d’un fleuve majestueux, sauvage, nourricier, tempétueux et gracile. Que dire quand au détour d’un barrage, vos pas gravissent le sentier qui mène à une péniche, synonyme d’un voyage intérieur, ventre nourricier à la navigation lente et paisible. Que dire autre chose que rien. Juste un silence et continuer sa lecture, voguer et aller à la rencontre des personnages qui traversent ce roman, qui sont tels des phares, d’une lumineuse beauté, simples et puissamment vivants, humains, tendres, délicats.

Je pourrai vous résumer l’histoire, vous en dire les principales lignes directrices. Je n’en ai pas envie. J’ai envie que vous preniez le temps d’ouvrir ce roman, de marcher au rythme lent de la lecture, de regarder les gens autour de vous, de sortir de vos sentiers ordinaires. J’aimerai que vous partiez à la rencontre de l’autre, celui ou celle que vous ne connaissez pas mais qu’importe, celui ou celle qui vous mènera à faire d’autres pas sur votre chemin, celui ou celle qui vous rapprochera un peu plus de ce vous que vous poursuivez sans cesse.

J’ai envie comme l’héroïne, comme Michèle LESBRE, que vous preniez le temps d’écouter des rires qui s’ébaudit sous votre fenêtre, de regarder au-delà de la barrière cette gardienne de vaches, que vous trouviez beau un couple qui s’endimanche pour se rendre à un rendez-vous familial, que vous fassiez l’amour avec un marin-éclusier au petit cours.  J’ai envie que la vie s’offre à vous en lisant les mots de Michèle LESBRE, que vous retrouviez vos souvenirs d’enfance, le bruit d’une moto noire, le parfum d’un cuir usagé, un livre passeur d’émotions, reflet d’une vie inconnue. Un livre comme un album photo que l’on redécouvre, un livre sur ces origines. Un livre comme un chemin de vie où il fait bon prendre son temps, de poser toutes les pièces d’un puzzle et regarder l’image se construire, se bâtir. Un livre comme un sentier le long de mon fleuve adoré, un livre lumineux comme seule sait être La Loire, fleuve aux sables mouvants, à la puissante et délicate beauté.

 

« Tôt le lendemain matin, je suis retournée au bord du canal. Une légère brume voilait le pré, les peupliers, et même la surface de l’eau, rendant ainsi le paysage incertain. Le petit troupeau n’était pas là. Albertine, sa maîtresse et le chien avaient tout de même une présence fantomatique dont la mélancolie m’invitait à la rêverie. Il me semblait que j’allais sans cesse devoir improviser, que rien ne se passerait comme prévu, qu’à chaque étape un détail, une rencontre, une réminiscence, me feraient dévier de ma route et me mettraient sur des chemins buissonniers. Je m’en réjouissais. »

 

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 http://www.swediteur.com/extraits/148/chemins.pdf

 

Chemin
Michèle Lesbre
Sabine Wespeiser Editeur

 

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