Après avoir confié les rênes du blog à une âme livresque de ma chère Lorraine, je passe le relais à une fée superwoman, voisine de ma Touraine. Que vous dire de Laetitia ? En fait tout ce que je connais d'elle, c'est cette beauté de coeur, de sourires et cette espièglerie qui décore sa caverne castelroussine. Laetitia.... Encore une drôle de rencontre que je dois aux livres et en particulier à la team Million, à l'envolée des Livres  et à notre écrivain chevelu préféré : Erwan Larher.

Et Erwan est vraiment un drôle de personnage, un génie de la truelle et de la rénovation de batiment, un poète de la pelle et du ciment qui lorsque qu'il reprend sa plume de saltimbanque devient un sorcier au fort pouvoir livresque. Il est un des seuls à posséder une aussi belle force littéraire et à savoir l'utiliser, à crever les feuilles de tendresse aussi humaine. Erwan est un génie même si il préfère ce cacher sous sa salopette de maçon au noble coeur, de batisseur de maison de poètes, musiciens, troubadours et autres écrivains.

Merci Erwan pour ce que tu es. Merci de défendre cette envie de reconstruire un domaine où l'art sera roi et l'amour de l'art sera foi. Et merci de ne pas faire taire ta plume. Elle manquerait terriblement à la littérature.  

 

erwan

Et  maintenant place à Laetitia.... et "Entre toutes les femmes" : le récit d'un texte qui ne sera pas un manifeste insurrectionnel.

 

« Vous avez le pouvoir de captiver les foules en racontant des histoires. Vous améliorez la vie de millions d’entre nous en y glissant de l’émotion, de la poésie, de la beauté. Mais si cela nous distrait de la dureté du quotidien, cela ne nous en libère pas. Racontez l’incroyable histoire d’Arsène Nimale et contribuez à changer le monde. »

Sur les ondes, chaque semaine, elle est La Voix, magnétique conteuse adulée par tous les sujets de l’Empire. Le reste du temps, Cybèle Ibarruri traverse l’existence avec une insouciante gaîté. Jusqu’à ce qu’un inconnu soit assassiné sous ses yeux en lui remettant une lettre, qui lui enjoint de raconter l’épopée d’Arsène Nimale.

Cet homme, lit-elle, faillit changer le cours de l’Histoire quatre siècles plus tôt, juste avant la Grande Catastrophe. Pourquoi alors n’y a-t-il aucune trace de lui dans les livres ni sur le Réseau ? Pourquoi un petit groupe s’active-t-il en cachette de l’impitoyable pouvoir impérial pour écrire son destin et retranscrire son message ? Et surtout, pourquoi Cybèle a-t-elle l’impression, en s’emparant de l’intrigue, que sa vie bascule ?

Quand Le petit Carré jaune m’a proposé d’écrire sur le livre d’Erwan Larher, Entre toutes les femmes, j’ai trouvé l’idée très attirante, puis j’ai vite trouvé l’exercice assez difficile.


Ecrire quelque chose qui soit à la hauteur de ce livre n’est pas un exercice facile, tellement celui-ci est  riche d’un lexique  et inventif, fort et puissant sur le questionnement qu’il apporte sur le plan politique, philosophique et social. Ce roman est une dystopie riche en action, émotion et réflexion autour de laquelle l’auteur nous entraine à nous questionner autour de notre présent.

L’histoire se passe IV siècles après la Grande Catastrophe, où l’histoire d’Arsène Nimale, héros aux allures de Messie des temps modernes, du livre précédent Autogenèse, a complètement été effacée pour servir le règne d’un empereur psychopathe.
Un petit groupe de Nimaliens tente de  faire revivre son histoire à travers Cybèle Ibarruri  qui est la Voix autorisée à raconter des histoires sur les ondes de la radio de l’Empire. Les clins d’œil glissés aux auteurs contemporains sont assez sympathiques, j’ai eu un sourire à chaque nom découvert au fil des pages.
J’avais été troublée par Autogenèse, je suis encore plus surprise par Entre toutes les femmes, car c’est incroyable de retrouver  dans ce roman fiction ces idées auxquelles notre société pourrait s’inspirer pour vivre mieux.

C’est un livre passionnant dont il est difficile de parler, et qui laisse sans Voix. Une fois terminé, on en veut encore.

Entre toutes les femmes est à recommander à ceux qui aiment cogiter et porter une réflexion sur notre façon de voir le monde. Un livre qui remue le cerveau, qui fait un bien fou,  à mettre entre toutes les mains, en espérant qu’il ne soit pas effacé des mémoires dans IV siècles.

 

« Faire confiance à l’humain ? Mettre l’économie à son service, Limiter le privé et le public au profit du commun ? Pourquoi pas tant qu’on y était créer une nouvelle monnaie, effacer la dette et planter tous les créanciers ? Et bien ce fou de Nimale l’avait fait ! » p.138
« Nimale ni femelle, je fais de vous ce que je veux, voyez plutôt : vous imposez à peine élu rois des lois l’enseignement de la gélotologie dès l’école primaire. » p.165

 

A noter encore une fois la superbe couverture mis en chorégraphie par Dorothy Shoes. Décidement, cette fée est géniale.

 

Erwan Larher
Entre toutes les femmes
Plon