Quand j’y repense cette histoire est folle. Incompréhensible et tellement incroyable. Le genre de truc qui ne se rêve même pas, que l’on pense impossible à créer. Et pourtant. Pourtant.
Il y a bientôt trois ans, j’ai dessiné un profil sur un réseau social. Un petit carré jaune plutôt tranquille, un groupe puis un vrai visage. Tranquillement installé dans mon monde, je me baladais sans trop savoir  où me mènerait ce chemin. Je batifolais de livres en livres, de sentiers en sentiers, de photos en clichés. J’écrivais deux ou trois mots et me dispersais dans mon univers parallèle, dans mon ombre caverne, chambre à développer.  Que m’importait telle ou telle chose, je vivais sans trop me soucier de l’instant présent. Je polarisais.

Mais au détour d’un chemin buissonnier, j’ai eu l’honneur de croiser une luciole et une zébrette. Drôle de compagnie où je me suis sentie toute de suite bien, entourée, reconnue dans leur âme et cœur.  Drôle de zoo me direz-vous ! Oui un drôle de zoo où les âmes que j’avais croisé, possédaient un cœur bien plus gros que leur corps, des yeux qui exploraient au-delà de leurs propres champs, des oreilles suffisamment grandes pour entendre les secrets et les rires partager. 

Et le petit carré jaune est devenu ce qu’il est. Mot par mot, émotion par émotion, fragile équilibre explosif, il a pris son vol, surfé sur les vagues des pages encrées, des mots lus. Quelques billets ont commencé à voir le jour en toute discrétion. 

 IMG_0005

Depuis deux ans et demi, je rencontre des gens incroyables, extraordinaires. De fragiles édifices qui se révèlent être des êtres à l’encre et au cliché-photographique remplis de sensibilités, de doutes et de sourires.
Je lis de plus en plus, devine les mots, tourne les pages, photographie les lettres. Je découvre que derrière chaque encre déposée se dessine des personnages qui tentent de créer, de faire de sa vie un chemin autre que celui tracé.
Je poursuis des pages à l’encre bleue, noire, que sais-je encore mais toutes les couleurs de la vie y sont représentées. Je saute dans des trains, voyage en ballon, marche (beaucoup) avec les mots lus. J’affectionne les personnages, dessine leurs traits, vibre à ceux que je lis. J’aime quand ils aiment, pleurent quand ils pleurent, souris et ris. Je me pose, pause dans leurs bras, rêve ou imagine avec eux. C’est terriblement bon, délicieux.

Et  puis dernièrement mon cœur s’est mis à vibrer de plus en plus pour un drôle de personnage croisé au détour d’une allée. Une drôle de rencontre d’ailleurs. Un brin chamanique, un brin ensorceleur. Sans baguette magique, ni chapeau de sorcier, Nathalie Magrez a installé son atelier photographique, son bazar entre ombre et lumière. Sans bruit, elle me montre comment utiliser mes yeux, ma fragilité, mes émotions et à les laisser guider dans l’âmegraphique. Sans bruit et avec respect, elle m’apprend la technique d’une image émotionnelle, sensorielle.
Une grande dame délicate et frêle, une grande-petite Dame qui sous ses yeux et son âme emplis de tendresse, vous bouscule,  vous met à nu sans ressentir la peur, la crainte, le regard de soi sur soi.

 

Alors pour ces trois personnes qui m’accompagnent sur mon chemin et une quatrième qui me guident par ses mots, son encre bleue turquoise, je continue à marcher sur mes sentiers, à explorer les pages et les clichés. Je poursuis la construction de mon appentis intérieur, pose chaque pierre-brique comme un atelier de miracles. Je transforme, me dis pourquoi pas. Pourquoi ne pas offrir ses rêves à qui de droit. Pourquoi ne pas faire de cet espace de liberté, un espace à partager. 

Pourquoi pas oui. Vous toucher, toucher ses rêves et essayer de polariser. Et puis entre une Lucie Luciole, une Charlotte Zébrette, Une Nathalie Chaman, une Florence lumineuse et des auteurs suisses qui me bercent, me transpercent, je suis plutôt bien entourée.

 

Alors merci pour les morceaux de vie, le jaune soleil, le vert végétal, le rose pink lady, le bleu des yeux et de l’encre posée.
Merci pour la vie partagée, les moments joyeux comme compliqués, les escaliers à grimper ou descendre, les soirées aux rêves posés.
Merci pour les mots qui volent de lettres en lettres, de plis en plis.
Merci pour les pas posés pas après pas.

Merci pour les sacs portés.

Merci pour toutes ces ailes déployées et qui s’élancent vers le ciel, un ciel dégagé.
Merci pour la grâce, la beauté qui émergent de vos sourires, de vos yeux, de vos rires.
Merci pour cette lumière que vous propagez, reflétez, inondez.
Merci pour vos peurs, votre manque de confiance, vos craintes et vos doutes, pour l’ombre apaisante, rafraichissante. L’ombre qui fait que la lumière polarise et sécrète les mots et les clichés.

Merci pour les cicatrices qui inondent le ciel de son embrasement bienveillant.

Merci pour ces fleurs de peaux, ces fleurs de mots, pour ces veines qui battent la mesure de la vie, pour tous ces souvenirs et ceux à venir.
Merci pour les images et les émotions déclenchées.
Merci pour la fragilité si belle à découvrir.
Merci pour la vie.

Merci « Pour le souffle très court. Pour la rage à défendre un futur un peu bien. Merci. »

Merci...


Le blog du petit carré jaune

 

IMG_1083