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Comme toutes les bonnes choses, les blogs ont une fin et je me dis régulièrement que le mien arrive peut-être à un cap, une envie de marcher vers d’autres chemins, de s’aventurer vers d’autres cieux, d’autres lieux.
Je me le dis souvent en ce moment, ça traine comme le soleil d’automne traçant ses derniers rayons lumineux. Je me le dis puis lis d’autres ouvrages qui invariablement me donne envie de vous les faire connaitre, de partager, de poursuivre ses rencontres entre les mots et vous, vous qui lisez cette page internet.
Alors je poursuis mon partage, je poursuis mes lectures mais au fond de moi, les mots deviennent un peu plus intimes, un peu plus proches. Ils s’éparpillent moins, ils sont tombés de l’arbre et ils ne demandent qu’à être ramassés pour entrer dans les albums souvenirs, les herbiers.  

L’humeur d’automne frappe à la page, elle se profile tout doucement et prépare son hibernation hivernale, celle qui consiste à ralentir, à respirer différemment, à rallumer les bougies et à laisser le corps se reposer, se délasser, s’imprégner de chaque parcelle de petits riens qui font que la vie est grande, belle, riante. 

Je découvre d’autres univers, d’autres sentiers. Je tente l’aventure, je bifurque et me laisse imprégner par le vent d’automne. Je me gargarise de couleurs. Je peaufine mes émotions. Je caresse du regard et de mes mains ce que l’on me tend. Je goûte la douceur. J’affectionne les rencontres impromptues et laisse aller de côté les messages laissés sans retour, les regards croisés qui se sont éparpillés.

J’avance.

Tranquillement.

Des fois avec douleur, je l’avoue, mais j’éclaircie les nuages, je rajoute des touches de couleurs et je ris. Je ris de moi-même, je ris, j’ouvre les yeux, les oreilles, laisse les sens prendre leurs dimensions illuminantes. J’éclaircie.

Et puis j’ouvre un livre.  

 

eloge

Je rencontre des mots qui me transportent. Des mots qui ont cet étrange pouvoir de s’adresser à moi. Je lis. Je m’apaise dans les pages découvertes.
Je découvre telle une chercheuse d’or, la puissance des phrases, la jouissance de lire.
Je plonge invariablement dans la profondeur de la feuille noircie à l’encre d’imprimerie. 
J’aime ça, c’est plus fort que moi.
Alors je poursuis non pas ma quête, mais mon chemin livresque. Je chemine allégrement, joyeusement, décortique et me laisse surprendre, suspendre comme une suspension à la mélancolie du jour. J’aime, me délecte, m’enroule des mots lus. Je farfouille dans mon atelier d’émotions, je bricole mes sens, j’atteins l’orgasme jubilatoire. Je « boum ».  

Et là comme une drogue, je replonge et je me dis que le blog a faim et qu’il n’est pas vain d’avoir ce besoin de partager, il n’est pas vain cette envie de continuer à véhiculer les mots, les pages, les feuilles.
Il n’est pas vain de continuer à avoir cette envie de vous faire connaitre ou peut-être rappeler la puissance folle des mots, qu’ils soient d’amour, de beauté, de souffrance, de douleur, d’intellect, de graphisme ou de rire.
Il n’est pas vain car ils sont la vie et celles et ceux qui écrivent ont une chose importante en eux : elles et ils savent nous la transmettre. Elles et ils savent qu’en posant leurs mots, ils posent les bases d’une aventure livresque qui se partagera entre de multiples mains. Ils écrivent la vie et nous donnent à la lire.  

Alors pour cela je continue. Je ne marque pas le mot fin.

 

Couleurs d'automne
Billet d'humeur
Ma bib à mots

Le blog du petit carré jaune. 

 

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