28 mai 2016

"Les étoiles s'éteignent à l'aube" richard Wagamese

  « Quand il fut capable de tirer de façon aussi fiable avec la carabine qu’avec la 22, le vieil homme le laissa commencer à chasser. Ils prenaient les chevaux, traversaient le champ, remontaient pesamment jusqu’à la crête et quand ils étaient arrivés de l’autre côté, ces terres devenaient ce que le vieil homme appelait «  le vrai monde ». Pour le garçon, le vrai monde c’était un espace de liberté calme et ouvert, avant qu’il n’apprenne à l’appeler prévisible et reconnaissable. Pour lui, c’était oublier écoles,... [Lire la suite]

23 mai 2016

"Giboulées de soleil" Lenka Hornokova Civade

« Il faut le préciser, on est des bâtardes de mères en filles, comme certains sont des boulangers ou rois. Aujourd’hui, il n’existe plus de boulangers. Ils ont été remplacés par des boulangeries industrielles qui crachent du pain sans âme. Les rois n’existent plus non plus et ont été remplacés, eux, par le Parti Communiste. ll faut maintenant être communiste de pères en fils. L’avantage avec le communisme, c’est que chacun peut l’adopter, alors que normalement il n’y a qu’un seul roi par pays. »   ... [Lire la suite]
20 mai 2016

"Bâtons à message - Tshissinuatshitakana" - Joséphine Bacon

« Nous sommes raresnous sommes richescomme la terrenous rêvons »  Joséphine Bacon est une poète des terres innues, des terres persécutées et en voie de disparition du grand nord côtier canadien. Son histoire est à elle seule la trace de son peuple, l’empreinte du chemin qu’elle a tracé jusqu’à nous, nous a légué comme on offre ses racines, ce qui nous fait, nous tient, nous maintient debout à l’abri des vents et des routes contraires. Lire Josépine Bacon, c’est entrer dans une lumière ancestrale, cette beauté... [Lire la suite]
16 mai 2016

"Dolores " Bruno Loth

« Ma mère c’est vrai, a toujours été secrète. Les quelques mots d’espagnol gravés au fond de sa mémoire et lâchés malgré elle, je les ai reçus comme un message. Il m’a conduit quatre-vingt ans en arrière, sur les traces douloureuses de l’histoire. Ce voyage, au lieu de m’éloigner d’elle, m’en a rapproché. »  Une maison de retraite, lieu de fin de vie, endroit où les souvenirs rejaillissent lorsque la vie s’étiole, s’éteint. A l’heure où la nuit tombe, ceux qui sont partis depuis longtemps, rejaillissent dans les... [Lire la suite]
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14 mai 2016

"Jupe et pantalon" Julie Moulin

  « Une jambe aussi a le droit de parler ! tu te donnes un genre, Brice, parce que tu es un bras, mais tu n’es pas si différente de moi. Tu appartiens au corps de la même femme. Un corps qui l’oblige et qu’elle refuse. Mais nous sommes plus qu’un corps. A. n’est pas seulement cette femme, c’est un être humain, un concert de voix, qui toutes ont un sens. J’ai du sens en tant que jambe. On n’était pas si mal Ensemble… »  Je n’y croyais pas, je ne pensais pas. J’avais lu des billets de-ci de-là, des préjugés,... [Lire la suite]
09 mai 2016

" Marguerite n'aime pas ses fesses" Erwan Larher

  « Marguerite n’aime pas ses fesses » ! Tiens donc… Pauvre Margot comme aurait souligné, de son ton caustique et narquois, Brassens en dégrafant son corsage. Soit ! C’est vrai qu’elles sont plates, que son cul n’est pas rebondi (ou du moins pas suffisamment aux yeux de ses copines et des siens), relevé, attirant, qu’elle n’a rien pour le mettre en valeur, pas de string ou de petite culotte en dentelle... (Marguerite, c’est le coton qu’elle aime, la tendresse, le confort, la relation durable et sincère.) Bref... [Lire la suite]

08 mai 2016

" Le coeur de l'ombre " Amico - Iorio - Ricci

« - Faisons le point, voulez vous ? Le petit aurait disparu pendant qu’il se brossait les dents. Comment a-t-il pu s’évanouir dans la nature sous les yeux de sa famille ? C’est bizarre, non ? […] Et la grand-mère que dit-elle ? - Elle dit avoir vu une Ombre.- ça c’est important, l’ombre de qui ? On a un signalement ?- Euh… non monsieur… Pas l’ombre de quelqu’un. Une Ombre avec un O majuscule… »  Crénom, vous est-il déjà arrivés de vous coucher le soir en tenant dans vos mains un... [Lire la suite]
06 mai 2016

"L'art de revenir à la vie" Martin Page

« Il me semble que j’ai passé ma vie à faire quelque chose de mes échecs. A ne pas me laisser faire. A tel point que lorsque viennent de bonnes nouvelles, je ne sais pas comment réagir, je n’ai pas de mode d’emploi pour habiter le bonheur imprévu. Je reste sceptique et interdit. Mon ambition c’est ça : apprendre à vivre la félicité qui ne trouve pas son origine dans le malheur, qui dépend non pas de moi mais de ce que l’on me donne. Je dis apprendre à recevoir. Même si accepter de recevoir c’est se mettre en situation de... [Lire la suite]
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02 mai 2016

" Les gens heureux n'ont pas d'histoire " Eloïse Lièvre

« J’ai toujours aimé le dispositif de la mise en abyme. J’ai toujours eu une très consciente coquetterie à orthographier correctement y, plutôt que i, qui déploie sa propre beauté, pour bien marquer la différence entre le procédé artistique d’incrustation en écho et la concrète profondeur souterraine. Pourtant, la naissance de ce goût particulier de la mise en abyme a pu je crois coïncider avec des époques où j’avais moi-même la sensation impuissante de m’abîmer. La coquille bivalve de la forme chapeautée de ce mot ainsi s’ouvre... [Lire la suite]
01 mai 2016

" Brillante " - Stéphanie Dupays

« Nutribel ne se contentait pas d’attirer les meilleurs salariés par des gratifications financières. L’entreprise avait compris que le lien le plus fort n’est pas pécuniaire, il est affectif. Nutribel offrait plus que de l’argent à ses salariés. Elle leur offrait une identité. En échange de leur force de travail, elle les boostait à la reconnaissance » Claire est une trentenaire comblée. Diplômée d’une grande école, elle occupe un beau poste dans un groupe agro-alimentaire où elle construit sa carrière avec talent.... [Lire la suite]