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« Mon papy a une maison perchée. Trois poils sur le caillou et plein d’histoires à raconter. Il a sur sa tête, toujours, son petit chapeau rouge.
U
n jour, plus tard, dans longtemps, demain il me le donnera. »

 

Chez ce papy au chapeau rouge tout est magique !  

Sur le mur de la cuisine, s’affichent des aventures venant des quatre coins du monde, des têtes de gnous, de mammouths laineux, d’ours, d’écureuil à la queue touffue, d’oiseaux aux ailes déployées. Sur sa commode où trône une lampe à l’abat jour vert olive et au cadre mystérieux, un chat regarde, d’un œil curieux, cette drôle de ménagerie.
Papy, c’est  toute une histoire, une aventure. Il dit qu’il a été accrocheur de sourires, refroidisseur de volcans, chasseurs de poussière d’étoiles. Il a même attrapé la lune au lasso ! Pensez donc au lasso !! Grand Père était-il un cowboy, un pirate de l’espace, un corsaire du ciel ou un dresseur de baleines, un Géo trouvetou de l’œuf de poules ?
Moi je crois tout ce que me dit mon Papy. Tout ! Car il est génial !
Il est ce monsieur au chapeau rouge qui regorge d’idées farfelues et inimaginables qui donne envie de multiplier les voyages, de s’ouvrir à l’ingéniosité,  de s’emparer d’un tournevis et de confectionner un objet banal en un objet extraordinaire.
Et puis surtout Papy, il raconte qu’une nuit où il voulait pêcher la lune, une sirène, prénommée Denise, s’est mise dans ses filets et lui a chanté son chant d’amour et de lumière scintillantes, celui qui mène vers le chemin de la lune… 


Séverine Vidal a cette capacité à nous faire revenir en enfance en une fraction de seconde. Tout est conte dans cette histoire, tout est souvenir, tout est tendresse et simplicité, transmission.  Un sourire, un souvenir et une jolie fin au chapeau rouge inventif. Parfois on croise ces drôles de gadgets qui ne servent pas à  grand-chose mais qui permettent de partir loin, de se prendre pour un cosmonaute et de se faire un feu de camp en mangeant des bonbons en brochettes assis sur un bout de lune. Et ça marche.
La force de l’imaginaire, l’affection ressort du texte, la tendresse, l’héritage transmis s’installent entre les deux personnages et ce chat en compagnon à quatre pattes, et rebondissent de mot en mot, de page en page.  Le charme opère.  On est tout simplement nous aussi, revenu dans cette part d’enfance que l’on aime.  

Et puis il y a le dessin, l’illustration de Barroux. Et pour vous dire la vérité, je crois que je l’aime encore plus que le texte de Séverine Vidal, qui pourtant m’a envoutée par les mots lus.
Le dessin est d’une douceur et espièglerie folle. C’est à la fois naïf, comme c’est si bien le faire Barroux, est élancé, moderne, tout en couleur et graphisme. Les bleus sont profonds, radieux, célestes, tirent vers cet imaginaire propre à l’histoire. On se croirait presque dans l’univers de Big Fish. Et c’est cela qui est envoutant. Cette capacité à nous emmener vers un imaginaire juste par l’illustration, le dessin.
 

Bref cette histoire d’attrape-lune est tout simplement une vraie et belle poésie illustrée à lire, relire à ce tout petit être qui sommeille et se réveille en nous. Il a l’art et la tendresse de ne jamais oublié l’amour qui nous entoure, nous est transmis et des rêves à ne pas oublier, des possibilités de décrocher la lune ou de partir tout simplement pêcher les sirènes sous la beauté et douceur d’un rayon céleste.

 

L’attrape-lune
Séverine Vidal et Barroux

Mango Jeunesse

 

 

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