spiridon_superstar_01

« A la fin du 1er siècle, le philosophe Epictète, que cite son élève Arrien, s’adressait aux aspirants athlètes : « tu dois accepter une discipline, te soumettre à un régime, t’abstenir de friandises, faire de l’exercice sous la contrainte à une heure déterminée, sous la chaleur et dans le froid, ne pas boire frais, ni de vin. De plus, dans le combat, tu devras avaler de la poussière, parfois te démettre le bras, te fouler le pied, recevoir le fouet, et malgré tout, il pourra t’arriver d’être vaincu. Quand tu auras réfléchi à tout cela, si tu le veux encore, prends le métier d’athlète. »
En ce qui concerne, ça aurait été vite fait : « d’accord, finalement, je ferai pas athlète. » Mais certains ont plus de courage que moi, aussi bizarre que cela paraisse, et le dimanche 5 avril 1896, 245 sportifs ont convergé du monde entier vers Athènes. »

 

Les Jeux Olympiques vu par Philippe Jaenada. Attention, lecture à teneur historique et souriante, joie et vérité selon Jaenada.  

A la fin du 19 ème siècle, un hurluberlu, nommé Coubertin, baron de son état,  se prie minu-milatari de relancer un truc de fou : les Jeux Olympiques version Olympie New Age, les premiers d’un monde moderne qui verront défiler non pas des équipes grecs (courant nu et le corps enduit d’huile, version disque d’Obole) mais un ensemble de sportifs, de pays et continents, de tous niveaux (et là c’est peu de le lire). Ainsi après moult péripéties politiciennes, la France, les Etats Unis, le Royaume Unis, l’Australie, quelques Allemands et autres Russes se regrouperont à Olympie, berceau des premiers JO mythologiques.
Parmi eux Spiridon, vague ex-soldat paysan, berger grec de son état, qui depuis son enfance, court les chemins et routes pour ravitailler d’eau son village. Discret, moustachu fort soigné (c’est important pour la suite la moustache, le charme grec), Spiridon est sélectionné in extremis et quasi contre son gré, à la plus prestigieuse course : le marathon (crée expressément afin de voir la vaillance et le courage des sportifs). Un truc de la mort en fait, la course mythique, le sprint qui en laissera plus d’un sur le fil, la route.
Notre ami Spiridon est donc, celui qui va chausser ces chaussures (sponsorisées par la déesse Nike) achetées par son village et partir tenter sa chance sur les chemins poussiéreux de ce premier défi surhumain…

Tamtam…. 

Je pourrai vous raconter la compétition, ses jeux, première version d’un monde moderne, mais lire cette histoire écrite par la patte de Philippe Jaenada, j’avoue : effet jouissif.
Dans son style qui lui est propre, Jaenada nous emporte dans un monde antique pas piqué des vers (d’ailleurs l’ouzo coule à flots), les rameaux se portent fièrement sur la tête et son ton, son humour emporte la médaille d’or de la littérature jaenadienne, les palmes académiques.
On retrouve sa façon un brin moqueuse, rieuse, son style entrecoupé de tirets et parenthèses, ses digressions qui lui sont propres, sa verve, son ironie tendre qui nous entrainent dans cette lecture, ce marathon des mots, ce parcours littéraire. On y croise les caractères propres à chaque pays, ses petites touches de dérisions et son amour pour la cause des femmes à faire partir de cette compétition sportive où l’important est de participer (à condition toutefois d’avoir le niveau et les aptitudes requises).

Et c'est un régal, il n’y a pas d’autre mot. Un festin de ce qu’est Jaenada. Le lire nous ferait reprendre nos baskets de compétition (celles qui trainent au fond du placard) et courir ces fameux 42 kilomètres et 195 mètres à fond les bananes. 
Bref du bon, du tendre, du rieur, du malicieux Jaenada comme on l’aime. Et ce n’est pas Spiridon, notre superstar qui nous dira le contraire.

A retrouver chez l'Irrégulière qui propose un concoures pour gagner ce marathon de Spiridon !

 

Spiridon Superstar
Philippe Jaenada
Incipit

 

Mr. Bean / Rowan Atkinson London 2012 Performance