Qu’est ce qu’un visage ? Que reflète-t-il ? Est-il le portrait de ce que cache l’âme humaine, son humanité, sa beauté, un simple jeu de miroir de ce qu’il renvoie, nous renvoie ?

Bien souvent, ce visage se dissimule sous de vastes masques, des maquillages qui camouflent la peau, la personne que l’on est.  Bien souvent, homme comme femme, nous jouons du profil pour mieux nous voiler la face, celle que nous devrions présenter si nous osions nous déshabiller, nous mettre à nu.
On sait bien qu’on identifie un homme ou une femme à ses caractéristiques visuelles, celles de son visage, de son physique, de son apparence. Un nez, une bouche, des yeux, un grain de beauté ou une tâche, une moustache ou une barbe sont des signes de reconnaissance, d’appartenance à un groupe, un clan, une ethnie.

 

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Et pourtant rien de plus beau que de deviner la véritable identité d’un visage lorsque celui-ci se pose, entre en lui la lumière qui l’éblouit, lui ressemble, s’installe. Il n’est alors plus cette représentation que l’on semble vouloir donner à notre personne mais notre personnalité, notre âme profonde, notre instant de vérité, de bonheur, de nudité totale.
Regarder un /son visage c’est se voir, s’accepter, savoir que nous ne sommes pas parfait et qu’il nous est impossible d’y être. C’est jouer avec les ombres et les lumières, savoir que l’on peut être à contre jour ou dans le flou, le dénuement le plus totale,  être dénudé.

Se dévisager, tomber le masque, accepter son existence telle qu’elle nous apparaît à la naissance, se faire face, comprendre qu’il est impossible de jouer à se tromper, tromper l’autre, les autres, montrer son vrai visage, de ne pas faire bonne figure mais d’être soi et dans ce face à face immobile, savoir que ce que l’on accepte de montrer, ainsi nu, est une part de son humanité, de sa généreuse beauté, de sa simple et puissance luminosité.

 

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Benoit - Sur la plage, il y avait ce petit monsieur en manteau jaune qui jouait de l’harmonica. En arrivant, j’ai entendu sa musique avant de le voir. Quand me suis approché de lui pour lui demander si je pouvais le prendre en photo — ça me semblait tellement hors du commun, un monsieur en manteau jaune qui joue de l'harmonica tout seul au pied d'un rocher — il venait de ranger son instrument dans la poche intérieure de son manteau jaune.
 Il avait l'air tellement heureux de ma demande. T'as pas idée comme il semblait heureux. Ses yeux si clairs se sont illuminés derrière ses grandes lunettes du genre de celles qu'on porte pour se protéger les yeux quand on fait du bricolage, tu sais.
 Il était tellement heureux qu'il s'est mis à parler de la marine nationale, de la Normandie, de cimetières américains, de la Touraine d'où il est originaire. Il a parlé des papillons, de Mururoa, de la Californie, de bateaux, de ses amis et d'un tas d'autres choses, comme si sa vie en dépendait il parlait, il parlait, il parlait… Et puis il a dit que ce n'était pas souvent qu'on le prenait en photo. Et il a joué de son harmonica. Et je l'ai photographié. Il était si heureux ce monsieur en manteau jaune.
 Et j'étais si heureux de ce partage fugace.
 J'ai rencontré une jolie personne aujourd’hui. Un peu perchée. Un peu perdue. Comme moi. ( Roscoff - 21 juin 2015)

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François– une gribouille, un roman et derrière un visage. Celui de l’auteur, celui qui a glissé des mots, les siens et qui les a laissé partir vers d’autres regards, d’autres visages.
Gwenaëlle – Il y a des êtres qui sont d’une force incroyable, qui d’une nature sans expression, un visage lisse, laisse explorer toutes les possibles. Mannequin d’un jour, lumière captée, miroir de soi.

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Céline – ce visage .. qui est-il ? Que cache-t-il ? Comment acquière-t-on notre visage ? Un puzzle de soi, une mosaïque de ce que nous sommes et souhaitons être ?
Camille – il y a des  êtres, des enfants qui un jour, se dévoile, grandissent et apprennent que la vie est une multitude de visages, un panel de soi. Alors ces êtres, ces petits bouts de soi deviennent enfin eux… un univers à explorer, une savane à découvrir, des rires et des masques à intégrer.

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Gaëlle – impossible de vous décrire le visage de Gaëlle car Gaëlle est cet être qui se cache dans l’ombre des lumières pour mieux en parler, les mettre en valeur, les éclairer. Et c’est peut-être cela son plus beau visage.

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Sandrine– il y a des moments dans la vie où la joie, l’innoncence, la complicité sont si présentes que pour rien au monde on aimerait qu’elle s’absente. Merveilleux moments que l’enfance et ses bouilles à bêtises. J’adore !
Laetitia – que dire lorsqu’une enfant grandit et que son visage se reflète dans celui de sa mère, en devient son petit grand soi.

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Céline Arthémiss-  il y a des visages, il y a des rencontres et il y a des silences. Des silences qui en disent bien plus que tous ces visages lus.
EnnaAnne– on lit parait il beaucoup de choses dans les visages lorsque ceux-ci ne se savent pas lu, regarder. On y lit la vie, la tendresse, la douceur, la tranquillité. On lit un miroir de ce qu’on aimerait être.
Christine – Christine, ah Christine… Un bouille, deux yeux rieurs, farceurs, un chapitre à farces et attrapes, une boule de malice, un bond de joie et des bras immenses à vous embrasser et vous tenir, vous retenir. Christine, ce n’est pas qu’un visage, c’est un corps qui parle, qui exprime son humanité, sa force et sa boulimie de vie.

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Martine– Martine c’est le visage des jours heureux, celui là même qui a connu la grâce de se poser dans les yeux des autres, de relever la tête et de tendre vers la bonté. Martine c’est ce qu’on lit, devine à travers nous. Alors pour ce noble visage, cette générosité dévoilée… Martine, merci de nous montrer ton âme.
Ludivine – Ludivine c’est ma fée. Celle qui a ce petit je ne sais quoi qui rend le monde beau, tendre, rieur (énormément). C’est la générosité en version Gastonne Lagaf. Et pour cela, Ludivine, j’aime ton visage, son sourire, ta sensible poudre féérique.
Nathalie – Nathalie m’a prévenue.. Elle sera en retard mais je sais déjà que même sans voir son im’age, elle m’envoutera. Pour vous dire la vérité, Nathalie s’est tout d’abord un visage, un vrai, un qui vous embarque, vous perce, vous dévoile. Elle arrive sans masque, sans fard juste avec son regard. Et c’est la première chose qui m’a marquée, envoutée. Son regard : perçant, sensible, fragile, poétique. Alors quelque soit la photo transmise, je sais qu’elle se dépouillera de tous ces oriflammes et poudres pour nous donner le plus simple des visages : son regard sur le monde, sur ce qu’elle voit.
 

Je tenais encore une fois à vous remercier, peut-être encore plus aujourd’hui.

 

En ouvrant cet atelier d’images et de mots, je ne pensais pas que cela irait si loin, serait si beau, profond, vrai. Je ne pensais pas qu’il m’obligerait à retrouver avec bonheur mon appareil et à me fier à mon instinct, à me laisser prendre par les émotions de mon regard, à entrer dans la lumière, la profondeur de champ, à saisir les contrastes et la lumière, à écouter la musique de la chambre noire et surtout à vous rencontrer, comprendre que sans vous, cet atelier serait comme dénudé. Vous êtes le vrai visage des Amegraphiques. 

Je vous donne rendez vous le 29 septembre avec ce nouveau thème…  Roulement de tambours, sonnez trompettes et clavecin (oui un clavecin ça sonne aussi)… Attention tatammmmm.

Le mot est SEVE.

Ah ah vous faites moins les malins là hein !! (merci Marianne Brun de m’avoir soufflée ce mot. Incroyable les possibles qu’il nous offre). En attendant, déchaînez-vous, amusez-vous et rendez vous en septembre. Je vous souhaite de très belles et lumineuses vacances. Profitez bien.  

 

Visage
Ameraphique

Le petit carré jaune

  

T'es Belle - Volo ALBUM: Jours Heureux