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« En arabe, Ahlam signifie les rêves. »

Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans « la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous les arts.
Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer.  

Le début de roman est lumineux, avec une belle description de l’Eden en Tunisie où Paul, peintre américain, vient se réfugier et créer une belle histoire d’amitié avec Farhat et sa famille.
Les liens qui rapprochent les personnages sont très forts, suite au décès de Nora la mère à qui Paul promet de feuiller sur sa famille : Farhat le père, Fatima la grand-mère et Issam et Ahlam les deux enfants qui vont révéler leur potentiel artistique. 

La notion de synesthésie est abordée et va faire naître un projet qui connaîtra ses limites quand Issam se retrouvera manipulé par son ami d’enfance, et embarqué dans le versant obscur de l’islamisme. Quand à Ahlam, elle deviendra militante contre la condition des femmes dans son pays.  

Un frère et une sœur fusionnels, avec la même éducation tournée vers l’art, qui tend à une ouverture de l’esprit sur le monde, verra une scission brutale s’opérer entre eux.
La présence de l’art est très forte dans ce livre et permet autant de montrer la beauté que la violence. La description donne envie de voir les tableaux décrits dans le livre et d’entendre la musique jouée par Ahlam. L’histoire des tableaux de la femme aux multiples regards est remarquablement touchante et émouvante.  

Ce roman est bien mené, poignant, émouvant, et glaçant où l’obscurantisme et l’art s’affrontent avec violence. Une bonne dose d’humanisme. 

 

La violence et la douceur donnent parfois de subtils mélanges : « Pour rendre la couleur exacte de son corps, il utilisa des ocres, des roses, des oranges, des rouges et des bleus. Il estompa à de multiples reprises pour trouver, en mélangeant les couleurs sur le grain, la teinte voulue. En superposant les couleurs claires à des couleurs foncées, il parvint à maîtriser les ombres et à faire ressortir les reflets et les effets veloutés de sa peau. »

Les paroles d’une chanson d’enfance peuvent marquer toute une vie : « Rose le dromadaire au milieu du désert. Mais bleu le dromadaire qui franchit la mer. »

 

Un billet de Laetitia à qui j'ai laissé carte blanche pour nous parler de ce roman. A découvrir aussi chez Mots pour mots, Arthémiss, Entre les lignes,  Antigone, Laurit Lit, … et Babelio, partenaire de l’édition des 68 premières fois version 2016… 

Un billet écrit dans le cadre de l’opération menée par l’Insatiable Charlotte et des 68 premières fois, éditions 2016.

 

Ahlam
Marc Trévidic

Edition JC Lattès

68 premières fois

 

68 PREMIERES FOIS EDITION 2016