9782070538805« Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pourvoir observer son action pendant de longues années. SI cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable. » 

Tel commence « L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono. Et telle commence une lecture qui s’enroule en nous, prend racine, plante ses mots comme cet homme plante les glands de futurs arbres centenaires.
 Il n’y a nul besoin de comprendre, nul besoin d’intellectualiser, juste se laisser porter, griser par le vent, le cadre décrit, la générosité de cet homme berger, son silence et les pas qui se posent sur les chemins de Haute Provence. Juste cela et pas besoin de beaucoup plus.

 

« Quand je réfléchis qu'un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu'il a fallu de constance dans la grandeur d'âme et d'acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d'un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. »

 

Les mots de Giono sont comme l’eau qui coule à la source : essentiel. Comme le vent qui nous apporte la fraicheur de l’ombre : généreux. Comme le silence est d’or : juste.
Nul besoin de mots, nul besoin de parler. Juste lire, se griser, aimer et toujours souligner la justesse de Giono, sa raison d’être, ses rêves d’une terre pleine de vie, la générosité, l'humanité.

Un vrai bonheur, une ode à la nature, à sa force, à ses racines qui nous enracinent, ses ombres qui nous protègent, nous irriguent, nous apaisent. Aux arbres et aux bergers.

« Si l’on n’y prenait garde, la vie se retirerait vite des landes de Haute-Provence et le plateau de la lavande retournerait au désert. Elzéard Bouffier a voulu l’empêcher. Berger paisible et obstiné, toute sa vie il a planté des arbres, des milliers d’arbres, et au fil des ans, la région est redevenue verdoyante, fraîche, parfumée. »

 

L’homme qui plantait des arbres
Jean Giono (illustré par Willi Glausauer)
Folio 
  

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