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« Georgette est une petite personne courageuse.
Elle s’est appuyée contre un arbre et elle a décidé qu’ici, dans ce bois, elle se dénicherait sans tarder un doudou bien à elle, très doux, qui sentirait comme l’autre, peut-être même meilleur. L’odeur du dodo, l’odeur du dehors. »

 

Il existe des livres jeunesse qui sont comme des doudous, ces petites choses qui nous aident à grandir, qui sentent bon notre odeur, qui nous tiennent la main lorsqu’on se met à avoir peur du noir, le soir et qui deviennent indispensable à notre vie.  Oui, on a tous des doudous et cela quelque soit notre âge, quelque soit le moment. Et quand Angélique Villeneuve et Amélie Videlo se mettent en quête de nous présenter Georgette et sa peluche lapin grise, nous a juste qu’une seule envie, être Georgette ou encore mieux, Doudou. Le Doudou des bois. 

On apprend à aimer ce petit bout de fillette qui se met en quête de Doudou Lapin, jolie peluche grise au nez rouge comme celui d’un clown et aux oreilles pendantes. Georgette à l’imperméable jaune et aux bottes rouges.
Georgette qui part se balader dans la forêt remplie de feuilles rouges, vertes, jaunes, ors, aux troncs majestueux et au chemin sinueux. Georgette qui dès la première page, nous avoue qu’il est arrivé quelque chose de terrible. Terrible pour elle. Terrible !
Et pourtant cela sentait si bon dans ces bois, l’humus, la fougère, la terre, les champignons, la pluie. Une odeur de chasse aux trésors. Une odeur que l’on garde avec soi tellement elle imprègne nos sens. C’était un vrai bonheur de partir explorer les chemins, de cueillir les fleurs d’admirer les baies roses, rouges qui ornent le creux du sentier. On se serait cru dans une  quête aux petits riens, aux grands bonheurs, aux plumes, aux écorces mouillés qui deviennent de précieux souvenirs, heureux de se rouler dans les feuilles.

Mais voilà… oui quelque chose de grave est arrivé à Georgette et Doudou. 

 

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Que c’est beau, que c’est tendre, délicat, somptueux, poétique. C’est un vrai bonheur à lire, à regarder, à écarquiller les yeux pour retrouver cette peluche perdue par Georgette un soir dans les bois.
C’est doux comme peut l’être une histoire que l’on nous raconte pour nous aider à nous endormir, que l’on raconte pour l’aider à s’endormir, espiègle comme peut l’être une petite fille qui part explorer la forêt et qui entend le murmure des arbres, la poésie dans les mots qui se lisent, les bois qui se dessinent. C’est tendre oui. Indéniablement. Un ravissement.
Et on se rappelle nous aussi ce Doudou qui s’était perdu dans les bois, en vacances, au bord de l’eau, dans les herbes tendres d’une montagne-colline. On se souvient que nous aussi nous étions parti à sa recherche le cœur lourd, de ne plus l’avoir avec soi le soir. On se remémore la promesse faite de retrouver un Doudou qui pourrait nous consoler, serait un peu notre nous en image. C’et bon oui. Tendrement bon. 

Les mots employés par Angélique Villeneuve sont juste ce que nous avons besoin : une saveur nostalgique de notre enfance et un immense bonheur à nous rappeler les odeurs, la vue d’une forêt, le bruit de nos pas foulant  le tapis de feuilles mortes. C’est poétique, doux, savoureux, emportant. Oui un grand bonheur à lire. On retrouve la tendresse de sa plume, la tranquillité de ses mots, le bonheur de retrouver ce que l’on croyait perdu mais qui ne l’est jamais.

Les dessins d’Amélie Videlo sont eux aussi une petite merveille à découvrir. On se met en quête de chercher Doudou. On soulève les feuilles, on regarde derrière les arbres, on découvre que des animaux habitent cette forêt, que chaque plante est différente. Riche, très riche à regarder, à laisser naviguer son regard, à explorer chaque recoin de la page. Les lumières sont saisissantes, douces, espiègles. Le pinceau vient frôler nos yeux, se poser sur l’illustration pour y déposer une flaque d’eau, un champignon, une châtaigne-hérisson, un blaireau.

Enfin une fois terminé, on n’a qu’une seule envie : allumer la lampe torche de notre père, partir explorer la forêt, se laisser surprendre par la nuit, se rouler dans les feuilles et sentir l’odeur de la mousse, des fougères, ressentir tant de merveilles qu’on redevient cette enfant que l’on a été, Doudou dans nos bras, bottes rouges aux pieds et imperméable jaune sur le dos, les mains remplies de trésors de terre. 

Une petite merveille, une grande réussite, un très très bel album jeunesse qui donne envie de l’offrir à tous les adultes qui sont restés des enfants et tous les enfants qui ne sont pas encore des adultes. Coup de cœur absolu !

 

« Car ce qui est perdu n’est jamais tout à fait perdu » Angélique Villeneuve.

  

Le Doudou des bois
Angélique Villeneuve et Amélie Vidélo

Sarbacane

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