Ah ce deuxième trimestre, un vrai marathon des livres avec la mise en place des 68 premières fois, ces primo-romanciers qui m’ont emmené loin, dans des lectures incroyables.
Il fut un vrai plaisir de découvertes, de lectures incroyables aussi bien en bande dessinées qu’en roman ou poésie. J’ai foulé les montagnes chamaniques, côtoyé des ombres et des lumières, des peuples oppressés.

Et puis il y a eu ces rencontres, ces visages, ces sourires et rires échangés à Châteauroux, cette envolée qui restera un moment de renaissance, un vrai folklore de copains, amis, auteurs, écrivains, lecteurs. Si jamais le cœur vous dit de faire un salon, venez à Châteauroux et vous comprendrez ce qu’est une envolée.  

 

Ma bib à bulles 

Macaroni – Thomas Campi et Vincent Zabus

Une bande dessinée issus des petites histoires, des petits gens qui constituent un pays, ceux qui font partie intégrante de l’Histoire d’un territoire, la force ouvrière de l’après guerre, des crises économiques. Le monde selon le visage de l’immigration italienne.

Ô vous frères humains – Luz

Un superbe hommage, une leçon éblouissante à ne jamais oublier la vie, l’antisémitisme grouillant, la haine des hommes envers d’autres hommes. Une claque monumentale, monstrueuse et un rappel à nous aimer, ne jamais oublier. A posséder de toute urgence dans sa bdthèque.

Le cœur de l’ombre – Amico, Ioro et Ricci

Une BD au pouvoir merveilleux, une histoire fantasmagorique comportant des dialogues croustillants, drôles, décomplexant les peurs et craintes qui nous submergent et en font des émotions négatives nous empêchant d’avancer, de reprendre confiance, de croire en nous.

Dolores – Bruno Loth

Une bd qui permet de mieux comprendre un pan d’histoire de l’Espagne franquiste. Un secret longtemps gardé qui donne couleur au travail de mémoire nécessaire à toute démocratie.

La belle absente – Séverine Vidal, Constance Joly et Barroux

Une histoire tout en crescendo, une pression qui monte, qui n’en finit pas de nous questionner même si on devine très vite que cette belle absente est un fantôme d’une vie passée. Chaque mot devient une angoisse, un thriller d’une histoire d’amour qui a mal finie. Et Barroux toujours !

Les ombres – Zabu, Hipolyte

Difficile et tellement magnifique, nécessaire, vitale. Sublime. Un récit où se côtoie le sordide et l’onirisme, le fantastique d’un monde qui n’a jamais ressemblé qu’à notre monde actuel.

 

Lettre à 

Kriss F Gardaz – Les enfants des géants

 

Ma bib à lire 

Ecoute la pluie – Michele Lesbre

Une des plus grande plume. Une grande dame de l’écriture actuelle. « Ecoute la pluie » ne se résume pas. Il agit. Il nous pénètre. Il nous oblige à regarder la violence, la fin d’un moment, le virage d’une vie.

Les gens heureux n’ont pas d’histoire – Eloise Lièvre

Eloïse Lièvre nous donne l’autorisation à travers ses gens heureux, de nous dévêtir, s’habiller de tuniques et robes de vie, de pantalons maculés aux genoux, de manteaux d’adolescents troués, de vieux pulls marins dépareillés. Elle nous offre le cadeau d’être généreux, de nous aimer peut être un peu plus. Un roman qui touche beaucoup plus qu’on ne le croit.

Les jonquilles de Green Park – Jérôme Attal

Un roman dont l’histoire d’un petit garçon et de ces enfants est des rêves construisant un décor dans un avenir incertain. Un livre bouleversant, poétique qui en fait un joli moment de lecture.

L’art de revenir à la vie – Martin Page

Martin Page est un conteur qui raconte nos errances, nos pertes de repères, ce que l’on recherche au lus profond de soi, notre quête d’identité. C’est tendre, loufoque, sincère, rayés des pieds à  la tête et imaginatif à souhait. Et cela fait un bien fou de lire cela.

Marguerite n’aime pas ses fesses– Erwan Larher

Ah sacrée Marguerite ! Du grand Erwan Larher comme je l’aime. Jamais cynique mais caustique, gratte peau et contre pieds à volonté. Cela dégomme à tous vents, à toutes berzingues mais qu’est ce que c’est bon. Et cela fait du bien de lire ce roman qui n’est que la triste réalité d’un monde nombriliste désabusé.

Les étoiles s’éteignent avant l’aube – Richard Wagamese

Un récit intime, intimiste où le manque d’affection, la recherche de ses racines, l’ultime pardon sont les issues d’une vie. Une histoire simple et émouvante, poétique où la charme se lit à travers les racines indiennes. Une nature sauvage, inexplorée, reine sur l’homme, où règne le monde animal, des chamans, du souffle du vent et des étoiles, dernier corps d’une haute terre du nord.

Spiridon Superstar – Philippe Jaenada

Les Jeux Olympiques vu par Jeanada. Le lire nous fait reprendre nos baskets de compétition placard et courir ces fameux 42,195 km à fond les bananes. Du bon, du tendre, du rieur, du malicieux Jaenada.

Le petit caillou de la mémoire – Monique Durand

Une histoire de cailloux, ceux qui cognent les pieds, qui sont ces pierres qui deviennent des lieux de mémoire, de repos, ces petits tas qui nous ramène à la terre mère, à la mer, aux galets qui ornent les plages et les criques. Une historie terra-neuva.

La solitude du quetzal – Jacky Essirad

Un récit poétique, intimiste, questionnant sur nos voyages, nos besoins de prendre la fuite, de s’abandonner à un ailleurs, à la fragilité de ce que nous sommes et tentons de cacher sous nos vestes de baroudeurs.

 

Ma bib à jeunes 

Ma fugue chez moi – Coline Pierré

Un coup de cœur. Un silence et une petite lumière qu’on allume les jours de doutes ou de tempêtes. Une belle lecture qui fait chaud, très chaud à l’âme et au cœur.

L’abécédaire des émotions – Madalena Moritz

Attention Boum boum magique !! C’est bon, doux, fou, tendre, léger, fort, joyeux, comme des papillons qui chatouillent le fond du ventre.

Un amour américain – Daniela Volpari

Un sublime ouvrage au son du West and blues de Harlemn du jazz de Billie Holiday, de Bessie Smith, de Duke Elligton et à la poésie de Rimbaud, Jule Verne, Baudelaire ou encore Flaubert, Mallarmé. . Du swing endiablé, de l’amour qui laisse dans les cœurs des traces indélébiles des saveurs de la vie.

Tu me racontes tes tatouages – Alison Mc Ghee et Eliza Wheeler

Quand un gros dur de tatoué joue au grand cœur auprès de son fils. Une belle histoire de filiation, un fil reliant et donnant à la complicité parents-enfants, une belle déclaration d’amour paternel.

L’attrape lune – Séverine Vidal et Barroux

Séverine Vidal a cette capacité à nous faire revenir en enfance en une fraction de seconde. tout est conte dans cette histoire, tout est souvenir, tendresse et simplicité. Et puis les dessins de Barroux… que dire… je suis fan !

Les petits sentiers d’Obaasan – Delphine Roux et Pascale Moteki

Un petit livre jeunesse tout en délicatesse, générosité, tendresse. Il dégage une douceur infinie, des moments rares et une beauté. On y sent l’amour, la transmission des valeurs saines et importantes, des sentiments, de l’humilité et l’émotion.

 

Dimanche en poésie  

Pipi les dents et au lit – Laetitia Cuvelier

Un de mes coups de cœur de cette année. Un charme fou, un portrait de nos humeurs de femmes, de mères, de chagrin, de rire, de matins câlins et de soirs de broussailles. Emouvant, beau, écrit avec grâce et fragilité.

Je, tu nous, aime – Albane Gellé

Une grande dame de la poésie actuelle tout en féminité et en silence, en douceur et vertige. Vif comme l’air, aérien, allégé de tout ce qui fait le trop, Albane Gellé a une écriture en équilibre précaire sur le fil de la vie. Beau.

Bâton à message – Joséphine Bacon

Bâtons à message est un ouvrage lumineux qui donne accès à nos clés intérieures, nos chemins reconnaissant à tous ces regards transmis, rencontrés, ces traces léguée, une parole devenue nôtre.

 

68 premières fois 

Branques – Alexandra Frtiz

Ce roman va vous faire mal mais lisez le… Il est un véritable plaidoyer à vivre follement, à se brûler de vie, à foutre ses tripes à l’air, à être branque. Des claques, un uppercut, une gifle, un truc de dingue qui secoue, vrille, esquinte, nous fout sur le cul et nous pousse dans nos recoins.

Comme neige – Colombe Boncenne

L’auteur s’amuse à nous perdre, balader dans un jeu, devenir complice d’un mystère qui ne sera jamais éclairci. Et c’est tant mieux. C’est troublant, une nouvelle expérience, un vrai dédale-labyrinthe entrecroisé d’une histoire digne de Borges.

De ce pas – Caroline Broué

C’est beau, bon, doux, poignant, déstructurant, sensible, douloureux, fragile, renaissant, résiliant. La vie comme un ballet, un pas de deux, un solo, une chorégraphie. La vie comme un pas.

Brillante – Stéphanie Dupays

Fort, direct, sans fioriture, droit au but. Une montée en puissance, l’adrénaline, la ligne droite, des hautes sphères pour mieux nous plonger dans l’irrémédiable, la solitude, la détresse, l’isolement face à une société ultra codée.

Jupe et pantalon – Julie Moulin

J’ose… Une de mes plus jolies découvertes de ces 68 premières fois. Un de mes coups de cœur que je garderais bien au chaud de cette édition 2016. un très bon premier roman qui m’a prise au dépourvu, détabilisée, emballée et mise à terre. Une réelle belle découverte, une petite pommade à déposer sur nos blessures de guerres quotidiennes, un sas de décompression. Et un bonheur de se lier avec Marguerite, Mirabelle, Babette et toute la clique du corps.

Giboulée de soleil – Lenka Hornakova Civade

Ce roman est une ode à la femme, aux femmes, des femmes à aimer parce que libre, différrente, amoureuse, volontaire. C’est beau, lumineux, friable et à la fois indestructible comme la vie, comme un pays qui se cherche, qui se décline une identité politique, ténébreuse et avide de liberté.

De nos frères blessés – Joseph Andras

Un roman exemplaire, poignant, sincère et surtout d’une force humaine rare qui vous prend là, en plein plexus et qui vous marque à vie, à sang. Une très grande maitrise, habilité saisissante pour un premier roman.

Le carré des allemands – Jacques Richard

130 pages explosives, insoupçonnables, terrifiantes, irracontables mais indispensables, essentielles. 130 pages où l’écriture concise, extrêmement bien tenue, fulgurante, poétique, tenace, nous raconte l’histoire, la pire, l’innommable.

Ce qui nous sépare – Anne Collongues

C’est l’histoire d’arrêts, de pannes, de grèves du corps, de retards qui font courir nos pensées, nos colères, nos esprits aigris, fatigués par la vie. C’est l’histoire de ce qu’on ne dit pas, ce qui nous sépare de nos envies, des autres et qu’un jour, on franchit.

Le monde entier – François Bugeon

Il est des romans où on pénètre tout en douceur, en beauté, sur la pointe des pieds de peur de gêner, d’apeurer ces gens que l’on nomme braves, petits et que l’on devrait apprendre à aimer bien plus qu’un instant. (Il ne faut pas le dire mais je suis tombée amoureuse de Chevalier…) 

 

Petit plus... 

L’envolée des livres à Chateauroux

Parce qu’il y a des salons chouchous, doudous, calinous, bisounours.

 

Le petit carré jaune
Rétrospective 2016, 2ème trimestre

 

 

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