Un été carré jaune n’est jamais un été classique. Il est beau, tendre, doux, chaleureux, partageur, ouvert. Et il le fut vraiment. Ce fut vraiment un été où chaque mot déposé s’est fait dans l’amitié, l’ouverture, l’envie de faire découvrir des textes, des plumes, des auteurs, des chouchous, des photographes, des amis qui se cachent derrière leurs blogs.
Oui ce fut un bel été malgré la dureté de la vie, la folie des hommes toujours aussi inhumaine et terrible.

Ce fut un été sous les plumes de Cécile Guivarch, Frédérique Germanaud, Fanny  Saintenoy et Claudie Rocard Lapperrouzas, Charlotte Milandri, Sigolène Vinson, Arnaud Friedman, Gaëlle Josse, Angélique Villeneuve, Stéphanie Pelerin, Coline Piérré, Eloïse Lièvre , Constance Joly, Nathalie Magrez, Marie Charrel, Silvia Härri, Julie Moulin, Sophie Lemp, Camille, Loïc Demey , Sandrine Roudeix, Julie Bonnie, Marianne Brun, Gwenaelle Péron

Pour ces quelques mots déposés, un merci incroyable.  

Puis il y eu Morges. Mon lieu de vitalité suisse, mes sourires et rires amicaux, le Léman et l’aventure des 68 premières fois en vrai, une réalité non seulement faite de primo romanciers mais aussi de lecteurs. Morges, c’est un peu mon salon chouchou, celui de mon cœur romand, celui qui m’a fait plonger dans la marmite fondue de ces auteurs qui sont devenus amis.

Et enfin pour terminer mais cette journée est tellement inscrite en moi... une journée au logis du Musicien, là où les amis se retrouvent, le vin coule, les rires fusent et les yeux en disent bien plus que les mots.

Alors ce 3ème trimestre fut à l’image de ce que j’aime : doux, chaud, tendre, généreux, vrai, humain.

 

Ma bib à jeunes 

L’homme qui plantait des arbres – Jean Giono

Nul besoin de mots, nul besoin de parler. Juste lire, se griser, souligner la justesse de Giono, sa raison d’être, ses rêves d’une terre pleine de vie, de générosité et d’humanité.

Le doudou des bois – Angélique Villeneuve et Amélie Videlo

Un de mes chouchous de l’année, mon doudou, un album qui sent bon la plume d’Angélique Villeneuve et les bois d’Amélie Videlo. Un livre doudou qu’on aimerait lire tous les jours, tout le temps et pour rien au monde, perdre dans les bois.

 

Ma bib à bulles
 

Les beaux étés (tome 1) – Zidrou et Lafebre

Elle court, elle court la maladie d’amour…. voilà comment m’ont piégée Zidrou et Lafebre. Avec des chansons, de la bonne humeur, des rires, des souvenirs et ces moments malicieux et mélancolique qui forment les souvenirs de vacances.

Les contes de la ruelle – Nie Jun

Dans une petite ruelle d’une ville de Chine vit Yu’er et comment dire… Cette ruelle c’est un petit bout du monde où chacun aimerait vire, déposer ses maux, s’installer et écouter les histoires que nous racontent Yu et son grand père, partir explorer les terrains vagues et cette petite rue. Coup de cœur.

Mon père était boxeur – B. Pellerin, V Brailly et Kris

Une fragile pellicule de ce que peuvent être les relations entre un père et sa fille. Il y a derrière chaque mot, des bourrasques d’amour silencieux, des gestes retenus. C’est émouvant comme un vieux film super 8 retrouvé au fond d’un carton et qui retrace ces scènes d’enfance oubliées.

La différence invisible – Mademoiselle Carolien, Julie Dachez

Une bande dessinée sur la différence invisible, l’handicap qui ne se voit pas, sur le syndrôme d’Asperger. Une belle BD pleine d’émotion et d’ultra sensibilité

Joséphine Baker – Catel et Bocquet

Une sublime BD signée Catel et Bocquet. Après la facétieuse Kiki de Montparnasse, la féministe Olympe de Gouge, il fallait bien que ces deux là se ressoudent pour nous parler de la Grande Joséphine. Un coup de cœur.

 

Les 68 premières fois
 

Notre château – Emmanuel Régniez

Sans les 68 premières fois, je serais passée complètement à côté de ce roman gothique et surréaliste et cela aurait été plus que dommage. On lit une histoire écrite à l’eau-forte, où la féerie se mélange à l’étrangeté, où les tabous ne sont plus tabous mais imaginaires, fantomatiques. Un incroyable roman.

Les brasseurs de la ville – Evains Weche

Survivre dans la folie, tenter la raison, garder la foi, croire et espérer qu’un jour la vie soir un arc-en ciel, une chemise à fleurs, un air chantonnée, une vie où les brasseurs de la ville continueront de brasser l’air de Haïti, des cœurs de ceux qui vivent la misère en chantant leur amour et sa lumière.

Moro Sphinx – Julie Estève

Moro-sphinx où l’art d’écrire une histoire que l’on déteste et dans laquelle on plonge à s’en crever les yeux lorsque la nuit arrive. P**** de bouquin, p**** d’écriture.

Ahlam – Marc Trévidic

Un roman bien mené, poignant, émouvant et glaçant où l’obscurantisme et l’art s’affrontent avec violence. Une bonne dose d’humanisme.

Les grandes et les petites choses – Rachel Khan

Les grandes et les petites choses ou la légèreté de l’être, dans son apprentissage, sa construction au quotidien, dans les haies à franchir et les sprints à gagner.

Hiver à Sokcho – Elisa Shua Dusapin

Certains romans sont comme des fleurs de lotus, ils s’ouvrent en silence, se lisent sans bruit et se referment dans la joie d’avoir lu quelque chose qui nous porte, nous transporte, nous harmonisie. Beau dans le raffinement suprême de la phrase.

Lucie ou la vocation – Maelle Grimaud

Phénoménal. Frissons. Froid dans le dos quand les portes des couvents se ferment sur le monde du dehors, lorsqu’elles referment les mystères et les inhumanités de l’Eglise.

Monsieur Origami – Jean Marc Ceci

Quand la pureté, la douceur, le silence incite la beauté à s’installer à votre table, à faire choir le bruit, prendre conscience du temps. Quand le simple geste de déplier un carré de papier nous aide à rompre le mécanisme et à nous mettre face au détail succinct, simplifié de nos vies.

Fils de feu – Guy Boley

Un roman écrit comme un tableau, par touche de feu. Une très grande maitrise, une histoire de forge, une histoire du passé qui rejaillit telles les flammes, dans le présent. Un très beau premier roman et une très grande maitrise de l’écriture.

 

Dimanche en poésie
 

Une femme de ferme, Le livre des poules – David Dumortier

Dans une langue très simple, désuète, David Dumortier utilise un vocabulaire terrien où chaque mot retrouve son véritable sens, sa profondeur, sa nature. Il laboure les mots comme on sème la prose.

Ecrit dans le jardin – Marguerite Yourcenar

Petit ouvrage à savourer. Magnifique « Ecrit dans un jardin » de Marguerite Yourcenar. Comme une méditation de la ligne, des mots et du profond amour qui nous lie, nous relie à cette nature, ces arbres, cette eau, ce feu. Vital, somptueux, essentiel.

76 clochards célestes – Thomas Vinau

Traverser les champs, ressentir la poussière se coller sur les semelles, entendre le bruit du vent dans la complainte de la lande perdue, vibrer à la goutte d’eau qui s’éternise dans le gosier et vient étancher la soif. S’enivrer d’alcool brut, vomir se tripes jusqu’à plus verres, ne voir que les fonds, les culs de bouteilles, pisser à l’air libre, se foutre du monde car le monde est monde et la vie est vie, croire aux pouvoirs chamaniques des fumées et vapeurs.

Petits riens pour jours absolus – Guy Gofette

Guy Gofette distille la vie, enchante les instants, sublime les riens, invente et retrousse les  jupons, marque la terre, sème nos ivresses, enivre nos corps de vie et d’air, éclabousse nos esprits pour ieux les laver et laisser faire la sève, l’encre.

  

Ma bib à lire
 

Etre ici est une splendeur – Marie Darrieussecq

L’écriture est une splendeur, lire ce livre est une splendeur. On est envouté par la force, la correspondance dévoilée entre Paula et Rilke, entre les époux Modersohn. On est éblouie par la tendresse, l’amour qui se dégage des mots de Marie darrieusseq.

86, année blanche – Lucile Bordes

Un roman uppercut, qui nous prend aux tripes et laissent nos émotions se mettre en fusion. Touché, coulé. Magnifique. (Et une série radiographique faite par Sophie Lemp sur France culture)

Les étés Marie Hélène Lafon

Le texte de Marie Hélène Lafon est un petit bonheur de préciosité à lire. Une ode à la lecture, une poésie à partir à la découverte d’un auteur qui lui a donné l’envie d’écrire, de déposer ses mots.

Du côté des hommes – Fabienne Swiatly

Des portraits touchants d’histoires ratées mais vivantes comme seuls les souvenirs les rendent, comme les matins les lus délicieux ou les premiers baisers le sont. C’est beau, fragile, poétique comme l’amour.

Le garçon qui court – Mélanie Richoz

Mélanie Richoz a cet art de rendre la vie plus douce, plus tendre, bienveillante malgré les cicatrices, les lourdeurs qui nous insupportent, les trahisons qui nous poursuivent. Et puis de toute façon, je ne suis pas objective car Mélanie Richoz est une de mes écrivaines  chouchoutes, une de celle pour qui je fonds, je cours, je saute de joie à chacun de ses écrits. Mélanie c’est mon bonbon suisse à moi !

De vives voix – Gaelle Josse

Devenir aphone devant tant de beauté, ne plus savoir que dire ou si une chose : Gaëlle Josse a bien fait d’écrire ces mots. Elle nous amène à revisiter ce qu’on oublie d’écouter : la mélodie, la puissance et la beauté de la voix, des silences lorsque l’émotion arrive et digère sa beauté.

Je suis mort un soir d’été – Silvia Härri

Un sublime roman tout en poésie, en solitude, en lumière et silence. Une écriture tout en dentelle, pudique et qui malgré les heures sombres laissent passer la lumière, flitrer la douceur, sublimer la délicatesse.

Eclipses japonaises – Eric Faye

Des années 60 au début des années 80, des dizaines et dizaines de personnes disparaissent aux larges des côtes japonaises et coréennes. Construit comme un polar, Eric Faye nous emmène aux confins d’empire où les fantômes n’ont jamais été aussi vivants.

 

Amegraphique

Sève

  

Pour les souvenirs et la beauté - Et un immense merci à vous tous, auteurs, lecteurs, vous... Oui vous. C'est avec une grande émotion que j'ai découvert vos mots et qu'ils se sont déposés sur l'espace d'un été chez le petit carré jaune
 
Eté 2016 :
L'été sera chaud 

Morges 2016 : Ils sont fous ces romands 

  

Le blog du petit carré jaune
Rétrospective année 2016, 3ème trimestre

 

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