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Depuis le début, je ne voulais pas lire de roman, recueil ou toute autre littérature sur ces appels, ces embrigadements religieux, ces mots qui exaltent la guerre, le djihad ou ceux qui appellent à la paix ou la haine. Je les fuyais comme la peste, comme le choléra.
Dès qu’un roman me tombait dans les mains ou devant les yeux,
  je le reposais illico. Je jouais à l’autruche cherchant certainement à me préserver, à croire je ne sais quelle chose, je ne sais quel bandeau même si je n’étais pas dupe. Mais ma sensibilité me l’interdisait, cherchant à m’épargner.

Puis je suis tombée sur ce roman graphique, cette bande dessinée de Laurent Galandon et Dominique Mernoux. Et là je me suis prise un coup dans le bide, direct un uppercut, crochet droit et bien plus encore. Bien plus.

Je pourrais vous en raconter le scénario, qui somme toute n’est pas nouveau : La radicalisation et l’embrigadement d’un jeune français dans les troupes de combattants exaltant le djihad et autres fascinations religieuses, et le désespoir d’une mère de n’avoir pas vu son fils changeait, se convertir et partir faire la guerre en Syrie.

Mais cette bande dessinée est au-delà de ce scénario. Elle  est d’un réalisme saisissant. Elle est dans l’urgence de la lire, de se plonger dedans et d’en ressortir la rage au ventre, d’aller vomir son grief contre ceux qui exaltent une religion à l’extrême (et cela quelle qu’elle soit), de se méfier de ces valeurs et symboles qu’on nous professe, de ces sommes de mots que l’on peut nous inculquer sans que nous nous en rendions compte, séduit par les paroles.  
Il y a une urgence ou à la lire, à comprendre comment cela peut arriver, par quels chemins et quelles attentes, peurs, sacrifices sont soumis ceux qui restent, espérant le retour de l’enfant parti. Il y a oui une urgence dans ces jours où tout tient sur un fil, qu’il soit religieux, politique ou autre. 

Je ne voulais pas faire de chronique, billet. Je ne voulais pas écrire dessus mais je n’ai qu’une envie que tous ceux qui passeront par ici, lisent « L’appel » de Galandon et Mermoux, comprennent qu’il  est urgent de ne jamais oublié, que derrière chaque enfant, chaque homme ou femme, nous sommes avant tout des frères humains et qu’il faut faire attention à toute extrémiste ou appel à un Dieu ou Homme.  

Pour tout celles et eux qui le désirent, je mets cette bande dessinée en livre voyageur. Elle le mérite. Si vous désirez la garder, la faire lire à d’autres, la mettre entre d’autres mains, d’autres yeux, n’hésitez pas, faites le. Elle doit circuler. Comme un symbole, comme cette peur que nous devons combattre au nom de la liberté et de l’humanité.

 

L’appel
Galandon et Mermoux
Glénat

 

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