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« Pluie d’or sur les collines d’argent, le jour offre son dernier sourire avant de laisser place à la nuit. Les fourmis terminent d’engranger leurs provisions, le rossignol prépare son nid, et le crapaud rejoint le seau pour se mettre à l’abri. Le soleil se cache lentement pour observer la lune qui s’apprête, et le clocher sonne l’heure du repos, accompagné du chant des mouettes. 

Mais où est donc Miyuki ? » 

 

« Au lit Miyuki » c’est ce s’exclame son grand père lorsque le soleil rougeoie dans le ciel et vient à la rencontre de la terre.
« Au lit Miyuki ».
Mais Miyuki ne veut pas dormir, il y a tellement de choses à faire encore : arroser le jardin, accompagner la famille escargot jusqu’à son abri, chevaucher  les manchons à air carpe koï, construire un dais et honorer la reine des libellules, couvrir d’une couverture chaude et colorée à Vauban, le chat noir au museau blanc. Et tellement de choses, tellement de petits instants avant de partir dormir, de rejoindre le royaume des étoiles et des rêves. Tellement de précieux moments à partager avec son grand père, patriarche au costume traditionnel japonais.   

Après avoir appris l’art de la patience dans « Attends Miyuki », Roxane Marie Galliez nous entraine de nouveau et avec joie dans le petit monde de Miyuki, petite perle fillette malicieuse. Et de la malice il y en a, de la tendre et malicieuse malice, de la gentille et canaille malice, celle qui nous fait sourire, rire, se retrouver enfant lorsqu’on refusait le soir nous aussi, de partir nous coucher, celle de nos enfants lorsqu’ils tardent le sommeil en évoquant une chasse aux escargots ou les derniers jeux et histoires à raconter.  

 

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Construite comme un petit récit que l’on narre le soir, « Au lit Miyuki » est comme un joli conte qui aide à repousser les activités et à s’endormir tout doucement, une douce ritournelle qui nous donne l’occasion de retrouver cette petite fille espiègle et si heureuse de vivre. On aime la poésie qui se dégage, les mots choisis qui donne l’envie de compter le nombre de moutons dans la prairie, de s’envoler sur le dos d’une libellule ou de courir encore un peu dans le jardin après les limaces.  

Les illustrations de Seng Soun Ratanavanh sont quant à elles, d’une beauté stupéfiante. On entre dans la couleur, dans l’art japonais, dans la beauté du trait. Tout en arabesques et en lignes, on retrouve le drapé des kimonos et des fameuses poupées traditionnelles, les kokeshis, les carpes koï volantes, les lotus, fleurs sacrées et tant de détails que plonger dans le dessin revient à faire un long et beau voyage au pays du soleil levant (ou couchant suivant les heures).
De même, chaque page regorge des papiers japonais et origamis, de l’art de l’illustration orientale et de mille et uns détails (mention spécial pour le maneki neto tout craquant et les pas de danse sur les shiitakes, petits champignons au chapeau bombé)
 

 

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Bref un petit boum qui en dit long sur mon coup de cœur, sur un joli album que l’on a envie de lire, relire, déposer sur la table de nuit et se couvrir des mots et dessins pour entrer dans la nuit.  

« Cette fois, Miyuki était bien fatiguée.
Elle prit la main de Grand Père et le suivit.
Grand Père installa Miyuki dans son lit. Elle posa sa tête sur le coussin moelleux, remonta les couvertures jusqu’à son menton et Grand Père l’embrassa sur le front. » 

 

Au lit Miyuki
Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh

De la Martinière Jeunesse

 

 

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