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« Schubert parle au coeur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d'un ami posée sur notre épaule. Si peu de choses, bien souvent pour y parvenir. Si peu de notes, parfois, pour nous réjouir ou nous consoler [...] C'est en frère, en ami qui a éprouvé toutes les larmes, que Franz nous parle et nous apaise. »

Parfois il suffit de pas grand-chose pour entendre une musique jouer avec des mots, des accords et des silences. Un point, une virgule, un soupir, un léger déplacement ou un mot plus précieux que les autres, plus désarmants. 
Parfois il suffit de quelques fragments, de parchemins, d’ « un simple pétale de fleurs froissés, dans le tumulte du terrifiant pandémonium qu’offre le spectacle de notre humanité en ce début du XXIe siècle », d’un rien pour faire de ce rien, un morceau, une histoire que l’on retient, une histoire qu’on range dans ses souvenirs, ces souvenirs qui resteront au-delà d’un été, au-delà d’une mélodie, d’un roman, d’une histoire, d’une passion. 

Et parfois devant la beauté lumineuse de l’histoire, le silence se fait. Nul mot ne s’échappe, nulle note ne vient empiéter l’autre, nul personnage semble trouver sa juste place. Les êtres s’éclipsent, se terrent, échappent à la ronde d’un univers qui s’exclament trop fort, s’amusent, se déguisent, se jouent des harmonies et des silences nécessaire à la vie.
Parfois oui, il n’y a nul besoin de mots, de portées symphoniques, de longs fleuves tourbillonnants pour dire l’essentiel, pour donner la chair, murmurer les secrets, ressentir les émotions, les fragilités, les amours secrets.  

Et puis il suffit de parler au cœur, d’écouter son battement, son tremblement tenu, sourd, impalpable, sa petite musique à la désarmante bonté, simplicité, gracilité. Il suffit de trois fois rien, un murmure, une ébauche, cette main qui croise la nôtre, cette ombre qui illumine la pièce de lumière, un paysage qui apparait soudain à l’orée d’une fenêtre. Il suffit d’une découverte qui  devient compagne de voyage, une mélodie qui accompagne, une musique qui nous atteint « avec une désarmante simplicité, comme la main d’un ami posée sur notre épaule. » Il suffit de «  si peu de choses, bien souvent, pour y parvenir. »  

Parfois oui il suffit d’un rien. Une écrivaine, une auteure, une de celles qui sait composer la mélodie d’un roman, nous envouter par sa musicalité, sa douceur et sa force, sa puissance et sa tendresse, la sensibilié d'une portée. Il suffit d’un jeu de lumière, d’une ombre, de transparences, d’éclaircies, d'un été qui s'achève et d'un automne qui s'annonce, du sublime qui nait de l'ordinaire.

Parfois il suffit juste de quelques mots, d’une note et de Gaëlle Josse qui de sa plume mélodieuse nous emmène au pays de Schubert, d’un destin, d’un été entre ombre et lumière, entre amour et désenchantement, entre avoir et être, entre mélodie et silence, entre ombre et lumière, entre lui et elle, une muse, une note, le sublime qui nait au détour de quelques notes de piano.  

Il suffit d’un rien et Gaëlle Josse sait remplir ces riens, ces silences, ces tableaux et mélodies d’une plume qui dit tout. Il  suffit d’un été à quatre mains pour composer une musique qui en dit long sur ces êtres fragiles, sur l’amour qui ne sait s’exprimer, sur les sentiments qui ne se divulguent pas, sur ces êtres qui se cherchent, ne trouvent pas leurs places dans ce monde de tourbillons, de sonates, de symphonies.

Il suffit d’un lieder, d’une passion, d’un trouble, de frôlement et ce rien devient tout, beau, fort, émouvant, sensible, fragile, beau, fulgurant.  

 

«  Comme lentement passe
 l'ombre d'un nuage
 dans la clarté du ciel
 quand une brise peine 
 émeut la pointe des sapins 

 ainsi également je passe
 seul sans ami
 traînant le pas
 dans le déploiement joyeux et clair
 de la vie » 

(Wilhem Müller) 

« Parfois, il suffit de quelques jours pour dire toute une vie… »

 

Un été à quatre mains
Gaëlle Josse

HD Ateliers Henry Dougier