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Il neige. Au chaud dans la maison, assise en tailleur sur le sol face à la fenêtre, l’enfant colore sa feuille de papier de vert, jaune, rouge, bleu, orange. Elle dessine des traits, un soleil. Sur le sol, les crayons trainent ,aiguayant la pièce grise de couleurs toniques. Dehors les flocons deviennent de plus en plus importants. La neige tombe drue.
La petite fille à la chevelure brune la regarde tomber et songe. Le soleil dessiné sur la feuille capte toute la lumière. Attrapant son manteau, ses gants et ses bottes, elle se précipite vers la porte.

 

Blanc
Un livre de Magaux Othats

 

Margaux Othats c’est la touche de douceur et de tendresse dans chacune de ses histoires et illustrations. Il y a chez elle un vrai regard beau, mélancolique, harmonieux, serein, pour ces personnages, une discrétion voire une pudeur à tracer leur visage, leur histoire.
Tout en suspension, avec beaucoup de retenues, on entre dans son univers et on respire la beauté de ses dessins, couleurs, traits. On se tait, se retient puis on aime. Beaucoup. Simplement. On aime. 

Margaux Othats a cet art d’illustrer sans avoir besoin d’un texte. L’image se marie à l’histoire et nous emmène à entrer dans sa narration. ElIes sont souvenirs, douceur, tendresse, rire, enfance. Et Blanc n’échappe pas à la règle : nul mot, juste une succession de planches, d'illustrations, une entrée dans l’univers de cette enfant sage espiègle.

 

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Et puis il y a la force de ces illustrations aériennes, légères, simples. Une porte ouverte sur l’extérieur, aucune contrainte de cases ou de lignes qui arrêtent le regard. Une silhouette, une double page, la blancheur et la luminosité. Le silence et la beauté. L’intrigue du récit se développe et raconte le livre. Le mystère devient conte, bonheur d’un blanc manteau se dénudant au fil des pages.

Et enfin, il y a le livre par lui-même. 

Blanc est entre le l’album jeunesse et le recueil poétique. Son format, sa couverture, son papier nous incite à la dépouiller les feuilles avec la plus grande fragilité, une douceur. On tourne et le papier se tisse sous nos doigts : aucune rugosité, douceur toujours et encore. On joue avec la typographie, avec les sens pour arriver à cette dernière page ou tout n’est qu’espièglerie et tendresse. Le livre devient grâce, objet rare, précieux. 

Et c’est cela aussi Margaux Othats. Savoir raconter l’histoire par l’illustration et l’objet même. Un très bel ouvrage. Une très belle histoire, un très beau livre, une très grande artiste.

Un poème. De la poésie illustrée.

 

Blanc
Margaux Othats

Magnani