22555221_1865747120406582_3862480401612395411_n

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers. 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux. 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait ! 

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher. 

 

L’Albatros de Charles Baudelaire est un de ses poèmes les plus connus, les plus appris, celui qui parle le mieux de la place à occuper, de cette incapacité de déployer ses ailes dans un univers qui ne nous est pas adapté.

Sans bruit, Mathilde Magnan a accompagné les mots du poète. Et elle a déployé l’oiseau aux grandes ailes, lui a donné corps et vie, la rendu fragile et gracile. 

Alors sans bruit, j’ai tourné les pages de cet album jeunesse et j’ai revisité L’Albatros de Charles Baudelaire. 

 

22687557_1865747173739910_3696424846880934983_n

 

22687729_1865747240406570_4043699745144787585_n

 

L’Albatros
Charles Baudelaire et Mathilde Magnan
Editions courtes et longues