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« Yvonne Carré voulait tellement attraper les enfants qu’elle en rêvait la nuit. Elle avait même construit une énorme machine à laver. Ce n’était pas une machine à laver ordinaire : c’était une machine à laver les enfants sales. Elle avait passé des nuits entières à construire sa machine et à rêver à tous les gamins qu’elle allait mettre dehors. Ne lui restait plus qu’à capturer les petits. Et pour ça, elle avait eu plusieurs idées. » 

 

Les enfants de la Tribu-qui-pue… puent. C’est un fait. Rien ne peut le contredire et surtout pas Yvonne Carré qui aimerait bien « capturer les enfants de la Tribu-qui-pue pour les installer dans son bel orphelinat. ». Ouh, elle n’aime pas ça du tout !!!
Il faut dire que cette tribu n’est pas commune. Elle vit « dans les bois, de l’autre côté de la montagne des Grands Pins », près de la carcasse d’un avion écrasé il y a longtemps. Très longtemps. Mais s’il n’y avait que cela, la Tribu-qui-pue passerait inaperçue aux yeux des villageois et Yvonne Carré. Non les enfants de la tribu-qui-pue sont super débrouillards. Ils fabriquent des cabanes de branches qui « ressemblent à des nids d’oiseaux », se nourrissent de poissons qu’ils pêchent et de baies cueillies. Ils savent faire des feux avec des brindilles et s’orienter grâce aux étoiles. Ils sont même écolos en récupérant les emballages et autres détritus laissés par les adultes dans la forêt qu’ils utilisent comme casseroles, contenants, ballons de foot ou dépotoir-toilette sèche…
Mais ce qui gêne le plus Yvonne Carré, c’est que les enfants de la Tribu-qui-pue sont nus, nus comme des vers et qu’ils ne prennent jamais de bain. Mais ils s’en fichent un peu « parce que personne n’est là pour les sentir à part les animaux. ». Alors Yvonne Carré décide d’un plan pour capturer les enfants et les emmener dans son orphelinat désert pour les laver dans sa machine à laver conçue exprès  pour ces cas-là. Car Yvonne Carré déteste les enfants qui ne se comportent pas parfaitement bien et selon la morale édictée, les bonnes manières.

Arrivera-t-elle  ces fins ? Les enfants de la Tribu-qui-pue finiront-ils par ne plus puer ? Apprendront-ils les bonnes manières et deviendront-ils des enfants modèles ?

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Des fois il ne faut pas beaucoup plus pour se faire du bien, pour partir à rire d’un grand éclat de rire, se retrouver minot et avoir envie de taper dans un ballon oignon, sauter dans les flaques, puer comme il n’est pas permis et s’en foutre de convenir ou pas à la morale.  

Elise Gravel a produit avec Magali Le Huche un petit joyau de rigolade, de tendresse, et surtout de poilade. Et juste pour cela c’est un pur régal de lire et contempler les dessins qui accompagnent l’histoire.  On retrouve le trait burlesque de Magali Le Huche, cette façon de dessiner les corps et les visages, de croquer les mimiques des adultes et d’en tirer le meilleur d’entre eux sans tomber dans la caricature. C’est tordant, désopilant à souhait et on a qu’une seule envie, replonger dans l’histoire, les mots et l’imagination débordante d’Elise Gravel et de la Tribu-qui pue. 

Alors un conseil, partez à la rencontre de Fannette Ducoup, la chef de la tribu, d’Yvonne Carré et de sa super machine à laver les enfants qui puent. Coup de cœur assuré.

 

La tribu qui pue
Elise Gravel et Magali Le Huche
Les fourmis rouges

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