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Dans mon jardin, il y a de la poésie. Des fois je ne comprends pas tout où du moins les mots s’éparpillent dans la cours. Ils binent, sarclent, germent, éclosent et forment une ribambelle de tiges, de fleurs ou de roseaux. Ils enflent, s’épanouissent et deviennent une jungle, une mer à découvrir, à traverser.
Mon jardin se compose de rêves à explorer, de rivières imaginaires et de peuples à rencontrer. De la fenêtre de ma chambre, j’entrevois les passants qui le regardent s’épanouir. Aurait-il envie de jouer avec moi, de me retrouver à l’ombre du noyer ou sous le parapluie rouge baiser, botte aux pieds ?

« De la pluie tombe un peu partout
sur les  arbres et les champs ;
Elle tombe sur les parapluies
sur les voiliers voguant. » 

Je vogue sur un bateau, j’escalade la cime de l’arbre pour entrevoir une ile imaginaire. L’arbre est grand, la rivière s’agrandit. Elle ondule sous le reflet d’un ciel bleuté mais comme je suis haut perché, je vois au loin la mer arriver, les routes et le pays enchanté.
Et chaque nuit à la lueur de la bougie, quand maman sort de ma chambre, les amis de la journée viennent me tenir compagnie. Le jardin se pare d’une ribambelle de drôles de petits personnages qui forme un spectacle incongru, rieur, farceur. Des bêtes et des personnages défilent, formant un cortège, telle une grande caravane flamboyante. Tout doucement, dans le panache de la nuit, elle m’emporte au pays des rêves et du royaume du sommeil.

« J’emporte parfois dans mon lit,
Comme tout bon marin le ferait,
Une portion de clafouti
Et aussi des jouets. » 

 

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Tout en poésie et douceur Ilya Green revisite les poésies de Robert Louis Stevenson et nous entraine dans son imaginaire  et poétique graphisme. Les enfants jouent, rêvent, imaginent, transgressent, sont libres.  

« Moi quand je serai grand,
Je serai fier et puissant.
Et je dirai, sans hésiter :
Pas touche à mes jouets ! » 

Il n’y a que douceur et tendresse, qu’imagination et créativité. Les couleurs dansent, donnent le relief à cette image qui accompagne tendrement les mots de Stevenson. Le jaune, l’orange, une touche de vert ou de bleu, la magie de l’illustration douce et un brin songeuse, laisse entrevoir une mélancolie et à la fois la richesse des rêves, du pays imaginaire.
Comme un petit bout et goût d’enfance qui nous revient, que l’on s’empresse de raconter à son enfant, le soir lorsque la nuit vient. Une invitation à la poésie, aux voyages et aux rêves. Tout doucement 

« Mon lit est un bateau,
Ma nounou m’aide à y grimper ;
Elle me déguise en matelot
Et m’envoie naviguer. »

 

Petit jardin de poésie
Robert Louis Stevenson – Ilya Green
Grasset Jeunesse

 

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