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Allez c’est parti pour la rétrospective annuelle et comme je n’aime pas faire de classification ou du moins donner des notes, je vous laisse libre de piocher comme votre cœur vous le murmure. Bienvenu dans votre bibliothèque, chinez, regardez, lisez, aimez, détestez, partagez, riez… et surtout continuez de lire. Continuez de savourer les mots, leurs puissances, leurs beautés, leurs douceurs, leurs vérités, leurs mensonges, leurs cris, leurs bulles, leurs couleurs, leurs silences mais surtout et avant tout… leur vie.

 

 

Ma bib à bulles

 

L’Adoption - (Zidrou et Monin) :
« Parfois je me demande… tout cet amour qu’on a pas donné… qu’est ce qu’il devient, Je veux dire personne n’a jamais pensé à installer des conteneurs pour le recycler ? Vous savez comme pour les piles ou les vieux papiers ? »
L’appel - (Galandon et Mermoux) :
La radicalisation et l’embrigadement d’un jeune français dans les troupes de combattants exaltant le djihad et autres fascinations religieuses, et le désespoir d’une mère de n’avoir pas vu son fils changeait, se convertir et partir faire la guerre en Syrie.
Là où vont les fourmis  - (Plessix et Le Gall) :
« Les rêves sont des histoires que nous murmure notre esprit la nuit. Nous les inventons nous-mêmes, et pourtant, nous ne les connaissons pas. »
Frapper le sol, Tatsumi Hijikata, sur la voie du bûto  - (Céline Wagner ):
« Sens-toi arrimé à tes manques et, en même temps, aspiré par les perceptions illusoire de l’autre. Sans trêve, les membres agités comme les pattes d’un moustique prises dans un ventilateur, ne perds pas une demi-seconde de vie. »
Max Winson - (Jeremy Moreau)
« Tu peux parler fort, exhiber ton savoir, assener tes arguments, brandir ta culture… Mais la conversation est à sens unique et tristement stérile. Au terme de l’échange, tu demeures exactement le même, tu n’as pas évolué d’un pouce. La rencontre n’a pas eu lieu. Ou bien tu peux laisser l’autre s’exprimer, l’écouter. Et alors te hisser sur la marche qu’il érige puis en poser une. A ton tour. Vois la balle de tennis comme le lien qui te rattache aux autres. Cultive-le tant que tu veux. Ne cherche plus à lutter contre les autres pour être meilleur, Max, mais deviens meilleur grâce à eux. Le tennis est un art. C’est l’art de l’échange. »
Ce qu’il faut de terre à l’homme - (Martin Veyron) :
« Il y a des poursuites du bonheur stupides. »
Les brumes de Sapa (Lolita Séchan) :
« Quand j’étais petite mon plus grand rêve était d’avoir un poulet rien qu’à moi. Un jour en travaillant comme guide, j’ai pu me le payer. Je l’ai mangé tout entier jusqu’au plus petit bout de chair et j’ai été malade. Ensuite mes rêves ont grossi… Je voulais aller à l’école et j’y suis allée. Mon plus grand rêve était de prendre l’avion et tu es arrivée. Maintenant j’aimerais découvrir le monde, venir te voir à Paris. Mais je sais que plus mes rêves grossissent moins j’ai de chance d’être heureuse. »
Mémoires d’un ouvrier - (Bruno Loth) :
« Quand on entend cent fois les mêmes histoires, on en rit, on se lasse et on ne fait plus attention, puis un jour on se rend compte qu’elles font partie de vous, qu’elles vous appartiennent un peu, mais qu’elles vous échappent indubitablement. »
Collaboration horizontale (Navie et Carole Maurel) :
L’histoire d’un amour, d’amours interdits, de violents désirs des femmes pour l’ennemi, les allemands, durant l’occupation pendant la seconde guerre mondiale.
Madame, un temps de chien (Nancy Pena) :
Dialogue entre le Bar à Mo, le Petit Carré Jaune et Madame
Corps sonores (Julie Maroh) :
« Chaque fois qu’on parle d’amour, c’est avec jamais et toujours. Viens, viens, je te fais le serment […] qu’avant toi, il n’y avait pas d’avant. Il n’y avait pas d’ombre et pas de soleil. Le jour et la nuit s’était pareil. Y’avait pas au creux de mes reins, douce, la chaleur de mes mains. »
Momo- (J Garnier et R Hotin) :
Momo c’est  Momo.  Un point c’est tout. Une gamine sacrément étonnante, détonante, remplie d’énergie et qui ne se laisse pas mener à la baguette ni jouer à la poupée aussi facilement que les petites filles de son âge. 
Jacques Prévert n'était pas un poète - ( :
" La Poésie, c'est le plus joli surnom que l'on donne à la vie. "

  

 

 68 premières fois

  

Marx et la poupée (Maryam Madjidi) :
« Je voudrais passer ma vie à récolter des histoires. De belles histoires. Dans un sac, je les mettrais et je les emporterais avec moi. Et puis à un moment propice les offrir à une oreille attentive pour voir la magie dans le regard. Je voudrais semer des histoires dans les oreilles de tous les êtres. Je veux que ça fleurisse, qu’il en sorte des fleurs embaumantes à la place de toutes les fleurs manquantes, absentes de toutes les Golé Maryam qui auraient dû être offertes et qui n’ont pas pu l’être. »

Nous les passeurs (Marie Barraud) :
« Les enfants n’ont pas pour préoccupation première de s’appliquer à remplir la malle à souvenirs. Ils vivent l’instant présent sans se soucier de demain. » 

 

Ma bib à jeunes

 

L’enfant des livres (Jeffers et Winstons) :
« Je suis un enfant des livres. Je viens d’un monde d’histoire. Au gré de mon imagination, je flotte. J’ai traversé une mer de mots pour te demander si tu veux bien m’accompagner. »
La vitesse sur la peau(Fanny Chiarello:
« Rien de ce qui est émotif ne peut être faux, puis que l’émotion n’est pas une question de vrai ou de faux. Le raisonnement le plus imparable ne changerait rien à ce que j’éprouve. J’entends les discussions tamisées avec la même force que je ressens le vide en moi. Rien de ce que l’on pourrait me dire pour me convaincre que je ne suis pas seule ou que la vie est belle et lumineuse, aucun argument ne pourrait me consoler autant que ces discussions tamisées. Elles sont tamisées. »
Célestin et l’enfant étoile (Romain NIveleau) :
« Tu as raison, c’est dommage que les grandes personnes aient abandonné leur imagination. C’est comme pour ton rêve d’aller rencontrer les étoiles. Les grandes personnes croient que jamais elles ne pourront aller rencontrer les étoiles. Du coup elles restent par terre, et ne s’envolent qu’en de rares occasions. Et lorsqu’elles s’envolent, elles redescendent dès le premier orage. »
Une berceuse en chiffons, la vie tissée de louise Bourgeois (Amy Novesky et Isabelle Arsenault) :
« Louise a grandi dans les bras d’une rivière. Sa famille vivait dans une grande maison, au bord de l’eau qui sinuait comme un fil à travers toute chose. Le limon de la rivière nourrissait un jardin où Louise et sa famille cultivaient des géraniums, des pivoines, des asperges et des cerisiers ; des pommes et des poires, des tamaris violets, des aubépines roses et du chèvrefeuille au parfum si doux. Le long des berges, son père plantait des peupliers. »
Père et fils (Marc Lizano et Ulf K) :
Une ouverture à l’univers des trips et possède ce petit côté des années 1930, début 1940, où la bande dessinée se limitait soit au début des Marvell soit à la ligne claire belge ou encore l’univers des caricatures politiques d’après guerre. 
Au lit Miyuki (R M Galliez et S S Ratanavanh) :
« Pluie d’or sur les collines d’argent, le jour offre son dernier sourire avant de laisser place à la nuit. Les fourmis terminent d’engranger leurs provisions, le rossignol prépare son nid, et le crapaud rejoint le seau pour se mettre à l’abri. Le soleil se cache lentement pour observer la lune qui s’apprête, et le clocher sonne l’heure du repos, accompagné du chant des mouettes. Mais où est donc Miyuki ?»
Les Litz (Kyo McLear et Juia Sarda) :
« Les Liszt dressent des listes. Grifgrif, grafgraf. Des listes parfaitement ordinaires. Et des listes tout à fait insolites. » 

 

Lettre à Quand mes mots n’arrivent pas à exprimer les émotions reçues… 

 

La part des nuages (Thomas Vinau)
Chère brigande (Michèle Lesbre)


 

Ma bib à lire

 

Les garçons perdus (Arnaud Cathrine et Eric Caravaca) :
« Et, ce faisant que je ne connaissais rien de l’amour, je ne connaissais pas le moins du monde à ce qui s’était bâti entre lui et moi. Je ne sais pas si c’était une forme d’amour. Un lien de dépendance très certainement. Et, au final, une forme d’amour. Que je cherche aujourd’hui encore sur le visage de mes amis, en dépit de tout ce qui est advenu par la suite. Je le vois apparaître parfois en filigrane. Je ne m’en suis aperçu que récemment. »
Il n’est plus d’étrangers (Catherine Leblanc) :
« Secret et force. Le geste d’écrire commençait là. » « Ce n’est pas ce que l’on imagine, gloire et fortune et belle assurance. C’est l’abandon, une à une, des pelures. Chaque phrase m’enlève quelque chose. J’apprends à l’apprécier ».
Anchyses (Maryline Desbiolles):
« Campagne. Vaste étendue de pays découvert. Si découvert en effet, malgré les broussailles, les arbres qui peu à peu remplacent ce qui fut cultivé […]. Etendue de pays découvert mais fermé comme une huître, pas plus offert qu’un homme ou une femme nu. […] L’inimité c’est aussi emprunter toujours les  mêmes chemins, délaisser les autres, confirmer à chaque pas l’idée qu’on se fait, qu’on s’était faite de toute éternité et qui couve nos paysages comme nos proches d’une croûte de sel. Il faudrait savoir chaque jour se laisses prendre par surprise. […] Pays découvert. »
Prends le temps de penser à moi (Gabrielle Maris Victorin) :
« En grandissant, c’est idiot, on devient pudique. On ne saute plus au cou de son père, fourrant son nez juste sous son menton, pour respirer l’odeur de soleil de sa peau. On ne s’endort plus dans les soirées, la tête posée sur le sein de sa mère, écoutant sa voix qui passe à travers sa poitrine, puis s’éloigne et se déforme, au fur et à mesure que le sommeil approche. On fait des bises, affectant un air d’indifférence, et l’on grogne quand les parents font mine de s’approcher un peu trop. »
Mon étrange sœur (Marie Le Gall) :
« Marcher sur les traces de son passé, c’est avancer dans une nuit aveugle, désespérer de trouver une issue. Il n’y a aucun signal, aucun phare dans le lointain. »
Tropique de la violence (Nathacha Appanach) :
« Il faut me croire. De là où je vous parle, les mensonges et les faux-semblants ne servent à rien. Quand je regarde le fond de la mer, je vois des hommes et des femmes nager avec des dugongs et des cœlacanthes, je vois des rêves accrochés aux algues et des bébés dormir aux creux des bénitiers. De là où je vous parle, ce pays ressemble à une poussière incandescente et je sais qu'il suffira d'un rien pour qu'il s'embrase. »
Littoral (Bertrand Belin) :
« Avant l’installation de l’armée d’un pays, la presqu’île était recouverte de genêts et d’ajoncs, et fourmillait de lièvres et de faisans. Les sternes nichaient par colonies immenses et les vanneaux l’hiver, les courlis, avec quelques hérons, envahissaient les vasières. Depuis que l’armée d’un pays s’est installée, les grives ont simplement stoppé leurs chants. L’accès aux quatre ponts est aujourd’hui restreint et il y a désormais  un membre de l’armée d’un pays pour chaque port. »
Les vérités provisoires (Arnaud Dudek) :
«  La gentillesse, curieuse disposition d’esprit. Elle pourrait être assimilée à une sorte de grâce, dans ce monde brutale où l’ADN du quotidien a pour caractéristiques fondamentales sales coups et mauvais coups, rivalités et haines, cynisme et arrogance. Malgré tout la gentillesse passe souvent pour mineure – confrontée par exemple à la générosité, à l’altruisme ou au courage, elle parait toujours plus petite. Trop discrète, face à la méchanceté, qui n’est qu’éclats et sait occuper la scène. »
D’un cœur léger, carnet retrouvé du Dormeur du Val (Loïc Demey) :
« Il n'est pas sage de regretter, d'offrir ses excuses, de se lamenter de faire ou d'avoir fait, de gémir à l'injustice, seulement dire, simplement raconter ce qui se vit en nous, ce qui s'édifie ou s'ébrèche et à chacun de nous de l'accepter ou d'y renoncer, voilà comment je me tords et me perds en ce qui et, en ce qui doit être et ce qui reste à venir ...»
Témoins (Sophie G Lucas) :
« Comme on énonce les hypothèses dans un tribunal, j’émets des possibilités sur la vie […]. Je reconstitue des faits. A partir de pièces, de souvenirs, de témoignages. Mais je n’ai pas de vérités. […] Il n’y  pas de héros. Il n’y a pas de perdants même magnifiques. »

 

Dimanche en poésie, dimanche en photo 

 

S’il existe des fleurs (Cécile Guivarch) :
« de nos yeux nous ne pouvons voir tout ce que le vent emporte avec lui seul le cœur pourrait encore souffler ce qu’il manque aux hommes »
Petites gouttes de poésie (Pierre Albert Birot et Bobi+Bobi) :
« On prend l’ombre à pleines mains. Et sans en avoir l’air on en remplit ses poches jusqu’à ce qu’il ne reste plus  que la lumière »

L’heure blanche (Anne Collongues et Olivier Rolin) :
« Très vite, j’ai réalisé que mes photographies de lieux visités, d’endroits entrevus qui m’avaient surprise ou éblouie en « spectatrice » ne pouvaient exister en tant qu’images. […] En photographiant, je n’essayais pas de saisir quelque chose de fugace mais plutôt de révéler une présence à partir de choses à priori insignifiantes, sans qualité apparente en dehors du fait d’être. […] Me fascine ce qui fait notre décor permanent, si familier qu’il nous est invisible alors pourtant qu’il conditionne nos vies. »
Il y a des monstres qui sont très bons (Thomas Vinau:
« La poésie peut raconter des histoires. La poésie peut être un film d’horreur, une blague, un cri sauvage, une nuit blanche d’adolescent, une question, un naufrage, un dialogue. La poésie a tous les droits tant qu’elle sait s’adresser à l’autre en restant sincère. Je voudrais qu’elle soit l’air frais que fait tourner la bête en dansant sur elle-même. Je voudrais qu’elle soit une fenêtre qui s’ouvre, pour s’échapper et se retrouver. Le sourire du monstre qui répond à notre silence. »
Wa Zong Kong (Beno Wa Zak) : 
« Lou Wa Zo kong Hékong »
Mes pénélopes (Caroll Vanni et Véronique Decoster) :
« Je m’appelle Pénélope. J’ai 27 ans ou 72 ans, ça dépend d’où l’on se place pour me regarder. J’aimerais tirer sur une corde, au creux d’une vallée, attachée à un pieu. Etre relie, appartenir, même et attendre. Regarder la montagne, écouter le loup et guetter la chute des poires ; attendre, sans la peur, la venue des vers. »

 

Rétrospective 2017
1er trimestre
Le blog du Petit carré jaune