Petite suite de l’exploration de cette année 2017 avec de très belles découvertes et de belles surprises…

 

 

Dimanche en poésie, dimanche en photos

 

Si je suis de ce monde (Albane Gellé) « Tenir des billes des cailloux pour les plus grands trésors de vie à emmener île déserte ave des cœurs décorés et les phrases toutes les phrases enfants vieillards encore debout. »

De bronze et de souffle, nos cœurs (Jeanne Benameur et Rémi Polack) : La force de Jeanne Benameur est de nous faire ressentir cette longue rêverie, cette balade sensible,  onirique. C’est cette sensualité qui nous pousse à nous revêtir de nos émotions, à avoir le souffle coupé par la prose, la poésie et les gravures sculptures bronze de Rémi Polack. Envoutement sublime, fragilité infinie.

S’aimer (Cécile Roumiguière et … ) : C’est beau, précieux, poétique. Un écrin dans un livre qui définit le mot s’aimer, dans un livre qui est dédié à tous ceux qui un 13 novembre 2015 ne se sont pas relevés, « qui ont pris de plein fouet ces actes de haine et l’absurdité monstrueuse de cette violence. ». Un livre où il fait bon s’aimer, décider de continuer ensemble, surtout et malgré tout. Continuer à s’aimer. « On s’est aimé. On a porté ensemble nos rêves d’un monde plus juste. Pas sûr qu’on ait changé le cours des choses, mais on a essayé. »

De sang et de lumière (Laurent Gaudé) : un message ardent, sans masque, sans fard, sur notre histoire, celle de l’homme, des hommes face aux autres, celles des opprimés face aux oppresseurs. Un recueil comme une claque, comme une cicatrice sur notre monde.

Embrasse-moi (Renan Badel et Jacques Prévert) : 20 poèmes d’amour, 20 poèmes de beauté, 20 poèmes que l’on aime et illustrés par Ronan Badel qui joue avec les amants de Raymond Peynet et la patte de Sempé sans que l’on se lasse de lire et relire les mots reliés par Prévert.

Sinon j’oublie tout (Clémentine Mélois) : Il y a chez Clémentine Mélois une grande poésie du quotidien, de ces petites choses délicieuses que l’on ne prend plus le temps d’observer, de regarder, d’écouter. Des gestes, des mots, des bruits, des silences, la beauté de l’invisible et surtout la vie, dans son ensemble, ses détails si petits, infimes, minuscules qui emplissent notre quotidien, nos besoins et envies.

Chevaux de guerre (Albane Gellé et Alexandra Duprez) : Des phrases brèves, sincères, qui s’infusent, prennent formes, chairs, deviennent chères et illuminent d’une fulgurance incroyable, notre lecture. La poésie d’Albane Gellé a n’en pas douter. Ecrits sous forme de cartes postales et réunis au sein de « Chevaux de guerre »,  les poèmes d’Albane nous cisaillent et à la fois rendent un profond hommage, un vibrant souvenir à ces animaux qui sont nos compagnons.

Peine de vie et autres poèmes (Oscar Hahn) : Comment exister ? Comment revenir à la vie ? Comment croire encore à l’homme, dans les hommes ? Comment faire face à la solitude qui  s’empare quand les espoirs s’amenuisent, quand la peur, la douleur font face à l’absence de ceux aimés, quand la perte des repères oblige Oscar Hahn à s’exiler, partir, s’enfuir d’un Chili qui n’est plus son pays, sa nation ?

C’est un lieu qui existe encore (Vincent Delerm) : Il n’y a pas de lieux absents, de morts disparus. Il n’y a pas d’objets qui demeurent invisibles, de racines qui ne reprennent pas. Il n’y a pas de Fil qui demeure cassé, effiloché. Quoi qu’il se passe, quelque soit notre passé, notre passif, en chacun de nous il y a ce « lieu qui existe encore », ces marques qui sont nous, nous font, nous élèvent, nous grandissent, nous fabriquent. On a beau se débattre avec nos meurtrissures, nos guerres intimes, ce lieu demeurent, « existe encore ».

Quand bien même (Isabelle Bonat Luciani) : Avec une extrême pudeur, des mots à la fois d’une douceur et tendresse, d’une tristesse mélancolique de n’avoir pas pu, réussi à redevenir l’enfant, Isabelle Bonat-Luciani nous dresse un portrait d’une femme qui « Quand bien même » les cicatrices, les silences, les regards qui fuient, a tenté de donner un sens à sa vie, à nous entrainer dans son écriture et nous prendre à contre pied, à contre chaussure. 

 

Lettre à  

 

Cœur Naufrage (Delphine Bertholon) 

  

Ma bib à bulles

  

Ecumes (Ingrid Chabert – Carole Maurel) : Elles s’aiment. Tout simplement. Tendrement. Elles s’aiment. Sans se poser de questions, sans attendre de consentements. Elles s’aiment. Point. La seule ombre à leur union, leur amour, l’enfant. L’enfant qui manque, l’enfant absent. Et tel un océan de sang, une mer rouge, il ne semble vouloir venir, s’accrocher,  naître. Le corps refuse, le corps se soumet à ce cœur qui cesse de battre, dans ce sang qui s’écoule inexorablement. Le ventre vide. Encore une fois. Toujours. Inexorablement elles attendent.

La femme aux cartes postales (JP Eid et C Paiement: Une vraie pépite qui donne envie de revenir à l’essentiel du jazz, à ces années d’après guerre où le son d’un piano et d’une trompette rythmait les nuits et faisait rêver les amateurs de jazz. Une grande bande dessinée par l’histoire racontée et traversée et l’intrigue qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière bulle. Du grand art, de la grande Pastèque.

Verte (Marie Despleschin et Magali Le Huche) : Quand Magali Le Huche nous dépeint l’univers de Marie Desplechin, garez-vous ça déménage et pour notre plus grand bonheur. Un pur régal à lire et à regarder pour son graphisme, ses mises en couleur, la générosité absolue déployée dans ce récit. C’est gourmand, truculent, riant, rieur à souhait.

L’amour est une haine comme les autres (Louis et Marty) : Il y a dans « L’amour est une haine comme les autres » un vrai sens de la mise en scène et du scénario. Il y a une vraie histoire qui commence comme un coup de poing, un uppercut violent et se termine dans l’oraison de jours à venir. Il y a du noir, très noir, extrêmement noir et au-delà de la couleur de peau évoquée. Il y a de la lumière, un  peu, quelques éclaircies sommaires mais il y a surtout oui une page d’histoire de l’Amérique qui a tendance à remonter à la surface ces derniers temps. Une page glauque, une page qui s’exprima dans la violence des mots et des actes. La haine et la déraison qui en découle. 

Chaussette (Loïc Clément et Anne Montel) : Une bande dessinée qui rappelle que ce sont les valeurs de l’amour, de l’amitié qui nous aident à tenir debout, qui font les souvenirs des petites perles à ne pas oublier, à se constituer en collier et porter dans un cœur qui sera allégé et nous aider à passer ce temps qui inexorablement ne peut s’arrêter.

Et si les yeux picotent à la fin, si le cœur se serrent un peu, c’est juste pour nous prouver que nos cœurs battent encore la mesure, éprouvent encore de l’affection et qu’il est bon de pouvoir compter sur des amis, des inconnus qui nous donnent un peu d’amour, nous aident les jours de peines et de douleurs à tenir debout.

Le point du i (Mélanie Richoz et Barroux) : « Le point du i c’est toi, c’est nous. Apprend à l’aimer, apprend à t’aimer. Jouit de la vie comme on peut jouir de l’amour. Et qu’à défaut du point G, apprend qu’en chacun de nous, il y a le point i, le i du verbe aimer »

Mon cœur pédale (Simon Boulerice et Emilie Leduc) : En douceur, en tendresse, on effeuille les pages comme on effeuille notre jeunesse. En nuance, en dégradé et estompé, on tourne les pages et on se revoie, retrouve les joies et la mélancolie de l’adolescence. On se souvient ces moments où on se cherchait, les doutes et les espoirs, les transformations qui nous hantaient, les mots et les états qu’on n’arrivait pas à comprendre, exprimait, cet intimité que l’on avait du mal à parler, à comprendre, à gérer.

La ligne la plus sombre (Alain Farah et Mélanie Baillargé) : La force de cette bande dessinée OBNI est la force de son illustration, de ces traits, de ces lignes qui nous plongent à la fois dans la BD traditionnelle et son contre-pied graphique. Il y a une recherche, une débauche de création et d’énergie, des références à l’imagination et nos propres connaissances. On tourne les pages, on se noie, on revient à la surface, virevolte sur les lignes sombres, claires, rouges sanguines. On est entre les deux et on découvre l’imagination incroyable qu’a eue Mélanie Baillargé pour accompagner cette histoire improbable d’Alain Farah.

Le cas Fodyl (Lomig) : Une superbe bande dessinée qui reprend le thème des rêveurs inadaptés dans des terres où l’hostilité règne, sur cette notion de liberté, de société libérale où le travail est roi et l’Etat providentiel mort. Une belle ellipse entre l’homme, cloisonné dans un monde qui ne lui ressemble plus, et celui de la liberté illustrée par l’oiseau inadapté sur le sol mais immense dans le ciel lorsqu’il vole.

L’adoption, La garùa ( Zidrou et Monin) : Zidrou et Monin ont décidément encore frappé juste. Tellement juste que l’on ne sait comment parler de cette bande dessinée sans avoir le cœur qui se serre, trouver où faire un arrêt, se perdre dans les dédales d’une ville péruvienne, une montagne où l’air se raréfie, où les prisons sont aussi bien de cœur que de béton. « Quand tu fais des enfants, t’hérites de leurs conneries. De leurs conneries, de leurs chagrins d’amour, de leurs joies. T’hérites de tout. »

Les beaux étés, mam’zelle Esterel ( Zidrou et Lafebre) Inconditionnellement fan de cette famille déjantée qui nous ressemble drôlement. Un graphisme toujours aussi bon, drôle, tendre, doux, savoureux, nostalgique. Un scénario toujours aussi percutant, joyeux et à la pointe de la vérité familiale et de la franche rigolade.

Le grand méchant renard (benjamin Renner) : j’ai mis deux ans avant de me faire plumer par Le Grand Méchant Loup et franchement j’ai adoré. Certainement un restant de mère poule en moi. GRAOUUUUUUU !!

Louis parmi les spectres (Fanny Britt et Isabelle Arsenault) : Comment vous dire que ce roman graphique ou je ne sais comment l’appeler, je ne sais pas en parler. Je ne le sais pas car lorsqu’on découvre l’univers de Louis, de son histoire et de ses illustrations, on tombe irrémédiablement sous son charme, en amour pour lui. Et l’amour, en tout cas cet amour là, ne peut se traduire, se raconter. Il ne peut que se vivre, se lire.  

 

68 premières fois 

 

Maestro (Cécile Balavoine) : Il serait peu de dire que j’ai été submergée autant par cette histoire que par l’écriture. Quand on prend conscience que l’auteure écrit son premier roman, la mesure de ce qu’elle a produit, on réalise que Cécile Balavoine ne peut que continuer dans ce chemin, le chemin de l’écriture. Car il faut le dire Maestro est juste un pur bijou d’une très grande finesse et délicatesse, une grande qualité, maturité. Il est la réalisation de ce qu’est une lecture envoutante, précieuse, mélodique et littéraire.

Principe de suspension (Vanessa Bamberger) : Un roman noir, un roman où la vie se guette, où la mort affronte le monde dans tous ses rouages, où l’économie a pris le pas sur la simplicité de l’existence, sur la rentabilité nécessaire de la beauté primaire.

Le cœur à l’aiguille (Claire Gondor) : Un roman délicat, un roman où l’art de la poésie rejoint les lettres persanes, les poèmes d’un orient oublié. Il faut passer les barrages, oublier les langueurs, se fondre dans les silences des souffrances qui ne se disent pas, dans les cicatrices qui ne laissent passer que la douleur, celle de l’absence et la solitude, l’émotion des souvenirs, des caresses et des baisers échangés. Se laisser envouter par cette suture, la faire taire d’une lecture qui apaise, entraine, tourne les pages, s’enroule sur les caractères. Poésie orientale, poésie de l’amour. Celui d’un jour. Celui de toujours.

  

Ma bib à jeunes

 

Le groupe (Jean Philippe Blondel: A travers les mots déposés, Marion, Léo, François, Nina, Emeline, Maxime, Boris ou Aibileen nous ressemblent, nous offrent leurs peurs, leur craintes, leurs beautés, leurs fragilités, leurs forces, leur erreur sans jugement, sans concevoir un regard autre que celui de l’amour, le respect, la sensibilité, le talent, l’espoir et l’envie, ce besoin viscéral d’écrire, de se sentir vivant par et grâce aux mots, de grandir et cela quelque soit l’âge, la vie, le passé ou le futur. Ecrire. 

Petit pois (Davide Cali et Sébastien Mourrain) : quand un Petit Pois est aussi bien réussi cela donne juste envie de devenir son propre artiste, l’artiste de sa vie. « On n’est jamais trop petit pour être un grand artiste. »

Cœur de bois (Henri Menier et Régis Lejonc) : Fort, très fort par son récit et ses illustrations, un très bon récit, mi conte mi histoire onirique qui nous laisse sans vie, anéantis et nous procure frissons et cet irrésistible envie de le relire, de décortiquer chaque mot, scène, illustration et de retomber dans sa magie, sa fièvre, l’histoire lue, le cœur du bois charmé.  Un très très grand livre à mettre dans les mains d’adultes avertis afin de comprendre que le loup de notre enfance n’est plus celui qui nous a croqués mais bel et bien laissés en vie.

Blanc (Margaux Othas) : Margaux Othats c’est la touche de douceur et de tendresse dans chacune de ses histoires et illustrations. Il y a chez elle un vrai regard beau, mélancolique, harmonieux, serein, pour ces personnages, une discrétion voire une pudeur à tracer leur visage, leur histoire. Tout en suspension, avec beaucoup de retenues, on entre dans son univers et on respire la beauté de ses dessins, couleurs, traits. On se tait, se retient puis on aime. Beaucoup. Simplement. On aime.

La vache et la brique de lait (Sophie Adriansen et Mayana Itoïz) : Tout en rire et en malice, Sophie Adriansen nous invite à voyager dans le pays des vaches et du lait. On entre dans l’espièglerie, la malice et on en vient nous aussi à nous poser des questions : où se trouve la vache qui fabrique le lait, comment est-elle entrée dans cette brique rectangulaire, où paitre – elle lorsque la dîte brique est enfermée dans le frigo aux parois froides ? … Irrésistible.

Chez nous (Carson Ellis) : « Chez nous » c’est un petit paradis, une douce envie de regarder le monde par un autre regard, prendre le temps de détailler un trou dans l’arbre, un origami posé chez un homme affairé, la case d’un forgeron kényan. On entre chez eux, chez nous et on s’y sent chez soi.

Le jour où je suis devenu un oiseau (Ingrid Chabert et Guridi) : Une très belle découverte que « Le jour où je suis devenu un oiseau ». Un coup de charme et de cœur. Un petit livre illustré qui nous donne l’envie irrésistible de tomber amoureux, de devenir à notre tour oiseau et nous envoler.

Le chat blanc et le moine (J E Bogart et S Smith) : Il est des livres, des poèmes où la réponse est en vous, comme la vie, comme un chat blanc qui vous montre qu’une simple souris est source de bonheur, de ravissement, comme d’un rien, une aurore, l’aube qui jaillit, la vie s’illumine dans le silence et le recueillement. Sans bruit mais avec une force en vous qui vous sourit. Une force simple, comme l’est la vie.

 

Ma bib’ à Lire

 

Le suivant (Sébastien Ménestrier) : Un roman qui impressionne, impressionnant, qui nous fait poser des questions sur nos petites vies, nos choix, nos labeurs et joies. Qu’aurions-nous fait si nous aussi, nous avions croisé ce garçon, que ferions-nous pour « être de ce monde », être en ce monde, être soi quand il est tellement plus facile, simple de devenir un autre, celui qu’on admire, qu’on sublime mais qui n’est pas soi.

La nature exposée (Erri de Luca) : Erri de Luca, cet homme, cette écriture qui nous expose, nous relève, nous fait regarder, aimer, respecter celles et ceux, les riens, les tout, cette nature qui nous entoure. Cet homme qui d’un mot, d’une syllabe, d’un geste innocent, quelconque, d’un silence, d’une parole nous offre l’humanité sur un plateau. Le tout avec une humilité, un respect… Humble oui, comme le monde, l’humain devrait l’être.

Inquiétude (Michèle Lesbre) : Un roman très très court dans la veine des polars américains des années 50. Une atmosphère d'angoisse, noire, très noire, glauque, où l'on peine à respirer, à trouver un rythme tellement l'inquiétude est présente à chaque page, chaque mot. Incisif, déconcertant, diabolique. Inquiétant, au bord du souffle court, angoissant comme peuvent l'être les ténèbres, le soir qui tombe, la nuit, les idées et les souvenirs.

Elles quatre une adoption (Nicole Malincoli et Evelyn Gerbaud) : Un récit tout en délicatesse où au début était la vie, le verbe pour devenir le sujet, l’enfant, l’adoption. La chair, le verbe, l’amour, le corps. Une lecture émouvante, fragile, gracile, lumineuse où le manque marque un temps de pose et la vie se penche sur les mères, les filles et celles qui deviendront mères à leur tour, peut-être.

Lettre à ma fille (Maya Angelou) : Un texte engagé mais surtout humaniste. Un texte simple, bon, uppercut, éveillé et éveillant. Un texte vivant, une lettre que l’on aimerait toute recevoir, lire, découvrir, prendre, aimer et se grandir dessus, sur ces mots, sur Maya, sur sa vie, sur la nôtre. Faire de ses mots, les nôtres. Devenir elle, être nous. Soi. Etre en paix et s’accepter, accepter la femme qui est en nous. En soi. Un magnifique texte, une sublime lettre qui une fois lu, donne envie d'écrire aux femmes, ces femmes que l'on aime, à ses filles qui jalonnent notre vie.

Le châle de Marie Curie (Déborah Levy Bertherat) : un roman lumineux, pudique, émouvant, vivant, surprenant, tendre et courageux face à la mort, la faucheuse qui sous couvert d’un bonnet, d’un châle jeté sur nos épaules, se rappelle à nous un soir, une nuit juste avant que les portes d’un autre univers ne s’ouvrent. Il nous rappelle que dans chaque geste que l’on offre, une part de nous s’ouvre, console, aide à grandir, à faire grandir, à apprendre et comprendre l’humanité. 

Le saut oblique de la truite (Jérôme Magnier Moreno) : Un roman loufoque, déjanté, haut en couleurs et à la humain. Un roman où rien ne se tient (comme la vie souvent) mais où tout est limpide, coule de source, transparait dans la lumière du jour naissant d’une rivière virevoltante.

L’enfant qui (Jeanne Benameur) : Roland Barthes disait « Ecrire c’est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l’écrivain, par un dernier suspens, s’abstient de répondre. La réponse, c’est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté. »  Jeanne Benameur nous donne une pierre, sa pierre, nous montre la possibilité de, nous offre des clés, la sienne. C’est une palpitation, un souffle, un effleurement, une inépuisable source de lumière qui se déploie, se dépose sur la peau, infime pellicule de soi. « L’enfant qui », l’enfant qui est elle, l’enfant qui est nous.

Minuit en mon silence (Pierre Cendors) : A la fin de ma lecture, je suis restée sans savoir comment je pouvais parler de ce roman, de cette poésie, de la force et la beauté que j’ai lu. Pierre Cendors a écrit « Minuit en mon silence » comme on écrit dans sa dernière nuit, cette lettre d’un amour éperdu qui restera à jamais éternel. 

 

 

Un coup dans le rétro
Rétrospective 2017 – 2ème trimestre
Le blog du petit carré jaune

 

 

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