Un troisième trimestre estival, bon comme un été jaune carré, bon comme trois passés à vos côtés, vous qui avez bien voulu déposer vos textes, vos mots, vos sourires, vos cartes ici. Un été bon comme vous, bon comme les livres croisé, lu, relu pour certains. Et bon comme toutes ces amitiés croisées.  

 

 

Ma bib à lire 

 

La cucina d’Ines (Philippe Fuaro) : Prenez un écrivain, fils d’immigré italien, qui a toujours eu en mémoire son père dans la cuisine, l’image du torchon jeté sur l’épaule, la cuillère à la main pour goûter, du bout des lèvres, le fond des casseroles ou le morceau de pain trempé dans le plat. Rajoutez un soupçon d'Inès et de pasta. Portez à ébullition et écoutez-les chanter, discuter, se rencontrer. Vous obtiendrez un de plus romans qui parle de cuisine et de l'amitié.

La demie de six heures (Marie Hélène Lafon) : Et on retrouve ce qui nous plait tant chez Marie Hélène Lafon, ce qui fait qu’on revient à ses mots, son écriture : l’enivrement de la terre, l’amour de ce qui la bâtit et nous grandit. Ce besoin vital qu’est l’écriture et la poésie. La force des mots et de l’histoire. La grandeur d’une auteure, d’une grande dame.

Journal d’un manœuvre(Thierry Metz) : Thierry Metz creuse la terre comme il couvre les mots. Il disparait sous la masse comme il nait par son écriture. La simplicité au service de ce qu’il est, un simple manœuvre, un homme qui creuse la terre, la sent, la retourne, l’aère, lui donne corps et l’envoie par pelletées rejoindre le vol des oiseaux. Et dans la simplicité de la masure, on devine tout l’amour qu’il a pour les gestes, la raison qui pousse à être celui qu’on oublie mais qu’on ne peut écarter.

Les filaos  de Cau Thi Vai (Janine Dalmaz Toroni) : J’ai commencé ce recueil dans la beauté du silence et de langueur des pays de l’orient. La douceur, la volupté, l’instant précis du moment que l’on savoure. Calme et tranquillité, sérénité et bienveillance. Nulle trace d’esprit entreprenant et colonialisme imposé. Paix et union des populations, fraternité dans les demeures. Au loin les sampans, les charretiers, la forêt bruissaient de mille vies et quiétudes.

Chapelle ardente (Jacques Josse) : L’écriture de Jacques Josse vient à la fois nous gifler et nous prendre doucement par la main. Il triture nos boyaux comme on agite une cuillère dans la tasse en espérant y lire un présage quelconque. C’est fort, comme ces estaminets qui ne s’ouvrent qu’aux habitués, ces endroits qui sont chargés de vie, celle de ceux qui ne savent pas s’exprimer.

Le cri du diable (Damien Murith) : Lire Damien Murith c’est pénétrer dans une écriture qui nous prend aux tripes, nous retourne en moins de deux, nous poursuit des jours et des nuits, nous envoie valdinguer avec poésie dans les cordes du ring. C’est entendre la petite musique des mots qui pénètre votre chair, votre cœur, enfouie sous votre épiderme un mal profond et vous laisse béat devant tant de forces et beautés. C’est un uppercut qui ne vous laisse aucun répit et vous donne juste l’envie de continuer à lire ce quelque chose que l’on nomme un bijou.

Souvenirs de marée basse (Chantal Thomas) : Il a ce quelque chose d’indéfinissable, de précieux, un souvenir profond, une réminiscence qui ne peut se dire mais se ressentir. Une ode à la mère, à la mer, à l’eau précieuse de la naissance, à cette bulle qui nous plonge dans un état de l’enfance, d’embryon.

Le livre que je ne voulais pas écrire (Erwan Larher) : Car à quoi servent les livres, à quoi servent les auteurs si ce n’est ce qu’ils écrivent, nous ouvrent des chemins, des univers, des possibilités insoupçonnées. Ecrire c’est donner. Ecrire c’est permettre. Ecrire c’est naitre, autoriser.  Et lire ces auteurs est donner naissance à leurs mots, leurs apporter ce souffle, donner la lumière à nos besoins. Ecrire et lire, deux mots intimement liés comme l’est cette lecture, ce livre dont je n’arrive pas à vous parler. Et pourtant.

Gordona (Marie Hélène Lafon) : Marie Hélène Lafon nous entraine dans l’écriture d’une femme, de celle qui se terre derrière une caisse, disparait sous une blouse, uniforme théâtrale. Celle dont on ne sait rien, ne regarde peu, murmure quelques commentaires ou paroles d'usage mais n'est personne à nos yeux.

Luwack (Pierre Derbré) : Sans grandiloquence mais avec une grande sincérité, une once de fraicheur et une bonne pincée de tendresse, le roman nous offre la poésie des rêves  imparfaits, des émotions, ce qui fait un bien fou dans notre monde  de compétitions. C’est à la fois bon, burlesque, tendre, décalé et mordant.

Leur séparation (Sophie Lemp) : Peut-on tout écrire ? Avançant dans l’absence de l’autre, comme amputée d’un membre, construisant sa vie avec cette impression de marcher avec des béquilles, d’être une funambule, Sophie Lemp dresse un récit d’une justesse et délicate écriture. Une écriture et un récit qui devient un point d’ancrage, un qui nous ressemble, comme celle qui est là, dans l’ombre, qui nous veille et qui nous/me rassemble. 

David Bowie n’est pas mort (Sonia David) : Pour tout ce qui nous donne envie de faire, de retrouver, de se rappeler et de renouer.  Parce que la vie sans ceux qui nous sont intimement liés, ne peut-être une vie parfaite. Parce qu’on a toujours dans le cœur cette place qui ne demande qu’à être comblée.

 

Ma bib à jeune

 

Graines de sable (Sybille Delacroix) : S’il vous faut avoir un livre jeunesse pour vos vacances, un joli album illustré pour vos têtes blondes, brunes ou rousses avant de partir sur la route, c’est celui-là. 

A partir d’une poignée de grains de sable retrouvé au fond d’une chaussure, tout un monde se dessine sous nos yeux. Un univers à la Prévert, une hymne au bonheur, la joie et la nostalgie des souvenirs de vacances, du soleil, du sel, de la mer et du soleil.

Electrico 28 (Davide Cali et Magali Le Huche) : Un petit livre jeunesse qui fait un bien fou. Rieur, farceur, tendre, doux, dynamique et qui sent merveilleusement bon Lisbonne et les amours naissants. C’est bon comme une pastels de nata, comme une queijada, les bola de berlim ou encore les toucinho do ceu.

 

Ma bib à bulles

 

Le perroquet (Espé) : Il y a des bandes dessinées qui vous prennent là, en plein plexus, cœur, ventre, estomac. Vous y laissez vos tripes, votre âme, vos yeux et cette émotion qui ne vous quitte pas. Cette émotion qui vous dit que vous êtes en vie mais que lui, cet enfant qui raconte son histoire, l’histoire de sa mère bipolaire, n’y est peut-être qu’à moitié, qu’il subit, qu’il camouffle ses cicatrices sous une imagination, des jeux de super-héros, sous des bouts de papier déchirés.

Un bruit étrange et beau (Zep) : Elle est belle cette bande dessinée. Elle donne envie de lire et relire, se replonger, tel le personnage principal, dans ce qui nous structure, nous fait peur ou croire. Elle est belle et le dessin de Zep est d’une beauté troublante, sensuelle, émouvante.

Les petites victoires (Y. Roy) : L’amour commence souvent comme un grand plongeon dans le vide. On saute du perchoir, on se jette à l’eau et on rencontre celle ou celui qui devient notre bulle d’oxygène, notre bulle d’eau. Les corps s’attirent, la bulle se développe, devient couple puis cellule familiale. Et l’enfant vient. Miracle de la vie… Oui mais..

Momo, tome 2 (J Garnier et R Hutin) : Juste cette envie de retrouver son enfance, celle qui n’est jamais loin de nous et qui frappe au cœur, au ventre, dans tous nos replis souvenirs madeleines de Proust. C’est bon, tendre, doux, joyeux, douloureux des fois, mais d’une saveur si exquise qu’on en redemande encore

Les reflets changeants  (Aude Mermillion) : Elle a ce goût unique cette bande dessinée, le goût de ces choses qui sont en nous et qui un jour, à la faveur d’une rencontre, d'un petit rien, un vent contraire, nous entrainent dans un renouveau.

Prends soin de toi (Gregory Mardon) : Un vrai et grand voyage. Une nécessaire chevauchée fantastique. Une route mythique qui mène de l’enlisement à la clarté et ces étapes qui sont autant d’échelons nécessaire pour mieux comprendre le pourquoi et avancer, à prendre soin de soi finalement.

 

Dimanche en poésie, dimanche en photo

 

Moi et les autres petites personnes… (Perrine Rouillon) : Brouillonne, gribouille épurée, ramassis de traits formant un petit, tout petit personnage qui vadrouille sur une page blanche en toute liberté, la petite personne a le don de nous agacer, faire rire ou pleurer, patauger, questionner, libérer de nos atermoiements quotidien. On a envie de la prendre dans ses bras, de la cajoler, de l’engueuler,  de l’aimer vraiment, et encore plus. On y croise la mort, l’amour, l’amitié, la faux, la fleur, la vie surtout. Et on s’y croise surtout. Beaucoup.

L’été sans fin (Vincent Delerm) : Encore une fois les images de Vincent Delerm m’ont emportée, gagnée par la beauté de l’instant, ces souvenirs d’un bord de mer, de vacanciers qui s’accordent enfin le droit à la paresse. C’est juste, riant, touchant, beau, nostalgique. Ce sont ces quelques mots, ces photos qui nous soufflent que le vent d’été nous conte une histoire, notre histoire, une illusion d’un instant où l’on est bien à regarder danser la mer le long des golfes clairs.

« La photo, c’est la case manquante, ma façon d’exprimer ce que je ne peux pas décrire en chanson » Vincent Delerm 

Chutes et ravissement (Brigitte Fontaine) : En vers libres, en prose, sans retenue mais avec tendresse et grâce, Brigitte Fontaine nous réinvite dans la musique de celui qui dort sur le val, danse sur la voute et s’en fout du monde qui transgresse la folie, la mort. Solaire et lumineux, came naturelle des amoureux d’Arthur Rimbaud qui devient par cette lettre celui qu’il est : immortel.

 

68 premières fois

 

Neverland (Thimothée de Fombelle) : Dès les premiers pages lues, Timothée De Fombelle m’a happée, une flèche de sioux dans le cœur, des baisers de chevalier qui ne demandaient qu’à réveiller la princesse qui sommeillait en moi. Je sentais « la brûlure du dragon », je tremblais de froid comme lorsque je « chassais l’ours dans la neige », je rêvais avec ma peau, ma sueur, mon cœur.J’ai lu, avidement sans pouvoir reposer le livre. Les mots dansaient devant mes yeux comme dans mes rêves de petite fille entreprenant des pas de danse endiablés dans le cellier où j’aimais me réfugier.

Ostwald (Thomas Flahaut) : Thomas Flahaut nous secoue, interroge, oblige à regarder notre monde, ré-ouvrir ces yeux que nous fermons volontairement, à repenser à nos schémas, nos idées, nos frayeurs et peurs.

Merlieux l’enchanteur : 25 ans !

 

L’été jaune carré

 

 L’été jaune carré : Je ne sais comment vous dire que je suis heureuse et fière qu’ils aient accepté de partager leurs mots, leurs créations, leur imagination ou petits bonheurs avec nous. Un merci énorme et généreux de vous avoir ici. Un merci énorme à vous qui les lirez, à vous qui passerez par ici.

Delphine Bertholon : Des ombresMadeline Roth : Je veux toutLucie Rochas : Smiley et Emoticônes Marianne Brun et Sandra Reinflet : Je leur ai donné aux oiseauxThomas Giraud : (En) ChantierIsabelle Bonat Luciani : A la vie, à la mortSophie Adriansen et Camille/Mathilde : Belle priseMathilde et Camille : La petite fille et le clounCécile Balavoine : Pépère – Sophie Gauthier : L’envoléeSigolène Vinson : Presque un wagonKriss F Gardaz – Laetitia Cuvelier : Montagnes frontières – Les volets fermésNicole Grundlinger : Carte postale d’AmorgosSonia David : CM dit ICMaryam Madjidi : Les vacances Jérôme Attal : PoésieSophie Lemp et Lucile Bordes : A quatre mains carte postale 1, carte postale 2, carte postale 3, carte postale 4, carte postale 5, carte postale 6, carte postale 7 – Déborah Levy Bertherat : les livres photographiés, lecture de lectures Gaëlle Josse : Couleurs du tempsCharlotte Milandri : Elle avait abrité mes jeux d’enfantL’été jaune carré 2015, 2016, 2017

 

 

Rétrospective 2017
3ème trimestre
Le blog du petit carré jaune

 

 

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