Couv_313025

Ça vire sec du côté d’Abidjan, ça canarde à tous les coins de rue et la pègre fait son nid dans les beaux et bas quartiers. Pas de chichis, pas de dentelles, tout le monde y passe. La violence et la mort sont là.
La preuve, on vient de retrouver un cadavre allongé dans un lit au fond d’un bordel ou du moins un hôtel dont la réputation n’est pas d’une très haute renommée.
Et manque de chance, le macchabé n’est autre que le célèbre magistrat chargé d’enquêter et juger la criminalité, un homme de la plus grande probité, un homme honnête et droit.

Devant la cruauté du meurtre perpétré, le ministre de l’intérieur, lui-même, délègue au plus grand inspecteur d’Abidjan, la responsabilité de trouver les coupables et d’endiguer la violence qui gangrène la cité.
Ainsi le célèbre commissaire Kouamé, surnommé « Le scorpion urbain » accompagné de son fidèle Arsène se préparent à retrouver le meurtrier. Branle-bas de combat sous les tropiques du cancer, les malfrats n‘ont plus qu’à bien se tenir si ils veulent éviter les pires tortures de  notre commissaire hystérique ! 

 

Marguerite Abouet c’est la maman d’Aya de Yopougon, la célèbre Aya, celle qui nous a bercés aux airs et soupirs d’une Afrique attachante, d’une côte d’Ivoire qui vibre sous les cœurs.
Ce coup-ci elle s’attaque avec l’aide de Donatien Mary, au polar et pas n’importe lequel, le polar africain. Et ça déménage sec dans les paillotes et les salles d’interrogatoires. Tout y passe. Les pires stéréotypes, caricatures comme les meilleurs gags.

 

sans-titre

 

 

Rien ne nous est épargné et on se plait à rire en découvrant notre inspecteur Colombo aux méthodes peu orthodoxes, aux tortures menottées qu’infligent nos deux hommes à la petite et grande pègre. Les criminels n’ont qu’à bien se tenir, ils sont déjantés et invincibles aux volants de leur blancs destriers plus déglingués que les pires mini-berlines des années 60. Ça respire le bitume fondu et le sable brûlé. Et bim, bam, boum, ça claque sous les paillottes et dans les fosses des prostitués comme des loubards. Personne n’est épargné. Le commissaire et son acolyte blanc bec sont sur tous les fronts.

Marguerite Abouet nous régale de ces répliques onctueuses bavardes comme un colombo de poulet. Ca frise la moustache d’une drôlerie burlesque et attachante, savoureuse. Les personnages sont tous caricaturés dans leurs pires défauts comme dans leurs qualités les plus attachantes (surtout si elles sont menottées).
Quant à Donatien Mary (même si je ne suis pas fan du graphisme), il nous assigne son trait et son humour, colore les planches d’une pointe légère et à la fois tordante.

C’est totalement loufoque et déjanté, complétement éloignée de mes lectures habituelles mais qu’est-ce que cela fait du bien. Un bien fou. 

  

Le commissaire Kouamé
Un si joli jardin tome 1
Marguerite Abouet – Donatien Mary
Gallimard