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Il y a des bandes dessinées qu’on ouvre tout doucement de peur de voir les mots et le temps s’envoler, de sentir le cœur s’exprimer à foison et la vie s’écouler de façon si belle que de ne pas la ressentir ainsi serait ce quelque chose qui manque à la beauté des choses simples, des choses évidentes.  

Le jour de ses 53 ans, Philippe reçoit un super vélo (cadeau familial) et perd tout, son emploi (cadeau de son boss), sa maison dans laquelle il n’était que locataire, une partie de ce qui le tenait debout. 53 piges et nada. Il ne vaut plus un copeck. Sa femme est partie depuis une paie, ses enfants vivent leur propre vie, entre un ainé qui va de job en job, une fille qui attend un enfant dont le père est inconnu au bataillon, un benjamin qui  n’en rame pas une au lycée, une mère qui ne vit que dans le passé d’un mari décédé. Philippe n’attend plus rien de la vie, plus rien de personne. Seule la bouteille semble le retenir, lui donner l’espoir de poursuivre encore à trouver quelque chose qui le retient, de trouver un semblant d’ardeur. Un homme simple quand la vie bouscule, vire d’un côté à un autre, prend par surprise. Quand pour vivre on continue à aimer, vivre, être… Un homme honnête, des gens honnêtes. 

Je pourrais vous narrer l’histoire de cet homme simple, sincère, droit, sensible, qui du jour au lendemain perd tout, son emploi, sa maison, une partie de ses repères familiaux, quelques amis. Un homme sans chichis ni tralala. Un homme comme vous et moi, de rien, un homme de beaucoup. Un homme que l’on pourrait, que l’on croise tous les jours, à qui on ne donne plus la parole ou le regard, que l’on écoute plus trop non plus parce que la vie fait que les gens honnêtes et simples ne sont plus trop écouter ou regarder. Un homme qui apprend comme on apprend tous les jours à être nous, lui, vous. Ni plus ni moins. Avec ses faiblesses et ses forces.
Et puis les amis, la famille. Les bastions pour ne pas sombrer, ceux qui sont là pour aider à se relever. La vie en somme. Et la belle vie.

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Une merveilleuse bande dessinée dont je n’ai pas envie de vous parler juste pour vous laisser le plaisir immense de la lire, découvrir, sentir ce délicieux moment de petites choses qui se glissent dans votre main, se posent sur votre épaule, font bousculer un peu plus votre vie, entendrent les amis vous seriner une leçon de philosophie de pacotille arrosée d’un bon vin, d’une ligne de mots déclamés, d’un Balzac, Hugo ou d’un simple guide touristiques.
Une merveilleuse bande dessinée où les rires sont à foison, les sourires se dessinent plus d’une fois, la larme perle au coin de yeux parce que la vie est comme cela, indomptable, impétueuse, insolite mais nous rappelle que nous sommes en vie.

Une bande dessinée où le graphisme se lit autant que les mots, où les couleurs se dessinent et prolongent la lecture, où tout est profond, sensible et beau.  

Un vrai coup de cœur. A posséder de toute urgence dans sa bibliothèque, à lire et relire pour ne pas oublier de prendre soin de soi, des autres, de la vie et surtout de tous ceux que l’on aime. (à mettre juste à côté d’Etienne Davodeau et de ses ignorants)


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Une BD que j’ai découverte chez mon bar habituel. A retrouver dans chez Noukette qui nous accueille cette semaine.

  

Les gens honnêtes
Durieux et Gibrat
Dupuis, collection Aire Libre

 

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