gaelle pingault Forges-de-Vulcain-27-Modifier-2

 

Il y avait ici
Du bruit
Parfois assourdissant
épuisant
Industrielle symphonie
Qui abrutit
Claquements
Grincements
Hurlements
Et puis des rires parfois
Cristallins légers décalés
La mélodie du labeur
Etait-elle aussi parfois celle du bonheur ? 

Il y avait du bruit
Rien n’était calme ici
Il y avait la vie 

Il y avait ici
Des brasiers circonscrits
Du feu
Des incendies
Domptés maîtrisés dominés
Métal incandescent
Chaleur, sueur
Longues heures
Respirer
Suffoquer
Tenir
Etre fier malgré tout
De ce travail de fou 

Il y avait du feu
Rien n’était simple ici
Il y avait la vie 

Il y avait ici
Des Hommes
Râleurs
Travailleurs
Les deux
Des hommes sans histoire
Ou plutôt avec
Avec famille
Des vies banales
Précieuses
Des malheurs des bonheurs partagés
Des haines et des solidarités
L’humanité. 

Il y avait des hommes
Rien n’était vain ici
Il y avait la vie. 

Il y avait la vie
Ses splendeurs et ses tourments
Petits et grands instants
Souffrance
Joie
Rien de facile
Rien de donné
Mais le respect
La dignité
De travailler
Et de pouvoir se regarder
Regarder les siens
En face. 

Il y avait la vie
Il n’y a plus rien, ici 

Il y a le vide.

 

Le vide
Gaëlle Pingault
L’été jaune carré


gaelle pingault Forges-de-Vulcain-60-Modifier

 

Il arrive qu’au détour d’un roman, on rencontre une auteure qui nous touche par ses mots, sa puissance, sa force et à la fois cette pudeur délicate qui se lit dans les espaces et ses silences, dans la ponctuation et ses rires, ses sourires. La délicate symphonie du bonheur littéraire, du partage qui s’opère.

J’ai rencontré Gaelle Pingault encore une fois grâce aux 68 premières fois, son premier roman, un roman tout en pudeur et à la fois tout en force, en sourire et pleurs, en ce qui nous touche follement, intimement dans notre corps. J’ai rencontré Gaëlle et je suis tombé dans son filet, dans son sourire et son tact délicat de l’écriture, celle qui nous vrille et à la fois nous conforte dans la beauté de la vie, de l’art, des regards et l’humour.

Lorsque j’ai lu son recueil de nouvelles « bref ils ont besoin d’un orthophoniste », j’ai écris : « Il arrive au cours d’une lecture de rencontrer des auteurs qui vous touchent par leur plume, leur écriture, par cette façon de raconter une histoire et de toucher en plein mille, votre sac d’émotions et de bienveillance. Gaëlle Pingault en fait partie. Elle appartient à ce que j’appelle les artistes de l’encre, les écrivEines, celles qu’il faut suivre discrètement pour s’apercevoir de l’étendu et la capacité de leur créativité, de leurs textes, des émotions qu'elles arrivent à transmettre. Oui Gaëlle Pingault est une artiste des mots. »

J’ai rencontré Gaëlle Pingault et elle m’a séduite.

 

« Un jour, je ferai la liste de tout ce que je dois à la beauté de l’art. De toutes les fois où elle m’a sauvé du désespoir. Il se pourrait que la liste soit longue. »

 

Et un énorme merci à Benoit Didier qui a accepté de partager ses photos magnifiques sur ces lieux oubliés, ces lieux qui me sont chers. Mon Est, Ma Lorraine, mon pays de cœur. (Allez faire un tour sur son site, ça en vaut le regard et la beauté)

  

Miossec - La vie vole (Mammifères aux Bouffes du Nord 2016) (Extrait)