« Et à part écrire, vous faites quoi dans la vie ? »  

 

On le sait tous « les poètes, ça ne fiche pas grand-chose », ça ne fout rien même. Ça passe sa vie à réclamer, déclamer, exprimer, s’épandre, copier, recopier, écrire, gommer, raturer, recommencer, se croire au-dessus de la mélasse des écrivains notoires. Un poète ça soupire, gribouille, jette du papier par terre, le ramasse pour en refaire une boulette, ça exulte sa rage, ça cueille et ouvre l’univers. Et le cas échéant, un poète ça poétise.

Enfin je crois.

En tout cas ça fait vibrer, ça enfle, ça renifle, ça sert à ouvrir la boite à esprit, ça entame d’un coup de canif nos habitudes, ça enfle dans les cœurs et tourbillonne dans les corps, ça sert à rien et ça sert à tout. Ça sert surtout à vivre et comprendre comment le monde vit, comment elle nous bouscule et nous rappelle l’essentiel : la vie.

 

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Albert Camus – Maria Casarès : Correspondance 1944 – 1959

Je ne saurais vous dire tout ce qui me touche, me procure cette correspondance, tout ce qu’Albert Camus a pu glisser à Maria Casarès. Tout ce que je sais, est que ce recueil ne quitte pas ma table de chevet, qu’il m’est indispensable comme l’est l’air, la vie, la main, l’amour. Comme l’est une correspondance que l’on entoure d’un ruban de satin, que l’on glisse dans une boite et qui nous souffle que l’âme aimé est là, juste là, près de nous, à nos côtés.

 

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Hélène Dorion - Comme résonne la vie

Un somptueux recueil de poésie d’Hélène Doriot qui résonne dans nos vies, nos traces, sur notre peau et notre cœur. Une chorale de mots qui vient orchestrer nos cœurs avec douceur, nous insuffler une force, une déraisonnable envie de non pas combattre, mais dévaler nos chemins emplis d’orties et de ronces, de nous peindre des peintures de guerrières douces et tendres, emplies de cette résolution de vivre et d’aimer, de battre nos tambourins comme on bat nos tambours intimes, nos pas de danse.

 

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Guillaume Siaudeau – Inauguration de l’ennui

D’une plume alerte, mélancolique, souriante, nostalgique, riante, savoureuse, pétillante, dramatique, Guillaume Siudeau  a écrit un petit recueil où le mot par lui-même devient mélodieux, fin, un brin fou et chantant, une fuite en avant de nos esprits moroses et habitués aux clichés, à une certaine tempérance. Il a tricoté un canevas, un pull de ce qui est accessible, partout, dans tout, sur tout, pour tous, une prose à l’incroyable saveur, à l’onctuosité parfaite, une ode à l’ennui et aux rêves, à la vie dans ces moments de plus grandes solitudes comme ceux d’un profond amour.

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Frédérique Germanaud – Intérieur nuit

Ecrire/lire encore. Tenter du moins. Dans la douleur et l’attente du mot. Dans la noirceur de la nuit sans lendemain. Dans la nuit qui « sent la fougère » et fait hululer les chouettes. Avancer dans le questionnement, camper « dans la confusion », raturer à la pointe du Bic, entendre le vent se lever et les nuages se fondre dans le noir, la lune éclairer.

 

 

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Sophie G Lucas –Assommons les poètes

Sophie G. Lucas a écrit un petit recueil à glisser dans sa poche, à sortir les jours de liesse et de gloire, les jours où l’on oublie de qu’est être poète, à quoi sert la poésie. Comme une nécessité à témoigner, nous rappeler le vital, l’essentiel, les jours de galère à devoir manger, les jours de bonus à pouvoir clamer. Parce que la poésie moderne, contemporaine, est une vivante invisible dans le paysage littéraire, parce qu’elle est partout mais personne ne la voit, parce qu’elle est une manière de vivre, d’être présent au monde, de trouver ou non sa place, de rentrer en résistance.

 

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Thierry Metz – Lettre à la bien-aimée

Lire Thierry Metz c’est entendre la part intime qui réside en lui, en nous. C’est poursuivre le fil de la vie, le souffle d’un instant, se perdre dans l’infinie moment d’un recueillement personnel, retrouver ce qui fait son cadre, son environnement, sa force intérieure. C’est poursuivre l’équilibre précaire de la vie, qu’importe ses failles et ses incertitudes. Retrouver le fil de plomb donnant la verticalité. C’est ouvrir, fermer, rouvrir, refermer, s’ouvrir… 

  

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Rainer Maria Rilke – Note sur la mélodie des choses

40 strophes, courts textes, notes qui nous donnent un vaste champ de réflexion, une pensée, une poésie sur la mélodie des choses, sur cette traversée que nous opérons, sur notre place dans cette grande scène de théâtre qu’est la vie, sur la solitude et la communauté des hommes. Un jeu de marionnettes, un regard, la condition humaine, l’essence même de l’art, la beauté du monde et son infini. Tout cela composé dans la grâce, le silence, l’humilité et la symphonie des mots de Rainer Maria Rilke. 

 

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Thomas Vinau – Comme un lundi, carnet de bord assis tout au bord du temps

Ce recueil est à déguster mot par mot, texte par texte, en entrant dans la ponctuation déposée, dans le silence qui surgit, dans la délicatese des volutes de vie. Il est à gouter les jours de gris, les lundis comme les vendredis ou samedis, les dimanches et pourquoi pas les mercredis, les jeudis et mardis. Il est à savourer le matin entre la tartine de pain beurré et le croissant à demi grignoté. Il est à se saouler le soir lorsque le corps fatigué vient s’allonger sur le canapé. Il est à caresser dans l’ombre de la nuit comme pour soulager la peine ou entrevoir la main qui se tend comme pour mieux ancrer. Comme un lundi, carnet de bord assis tout au bord du temps est à lire tout le temps, dans les matins brumeux comme les soirs victorieux, dans les plats de cuisine comme les jeux d’enfants. Il est le cerf-volant de nos peines, la joie de nos chagrins, le brasier de nos dégels.   

 

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Hélène Dorion – L’étreinte des vents

Hélène Dorion, poétesse et écrivaine québécoise, nous emmène sur sa quête du sens, des liens où elle réfléchie à cette nécessité de revenir aux sources premières qui nous guident, à cette part d’intimité qui est en nous après une rupture, un point de non retour, une relation désunie. L’amour est sa matrice, sa respiration méditative et sa démarche à retrouver le sens de la vie, le pourquoi il nous chahute, nous enveloppe, nous terrorise, nous élève.

 

 

Dimanche en poésie 2018
Le petit carré jaune

 

 

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