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« C’était un jour d’été. Il faisait si chaud que l’air en était irrespirable. Je passais chaque matin par le flanc ouest de la forêt. C’est là que je t’ai trouvée. Tu étais si minuscule. Tu pleurais si fort que les racines des arbres en tremblaient. Et puis nos regards se sont croisés. Dès cet instant tu n’as plus jamais pleuré. »

 

Au fond de la forêt Papa Ours grognon surveille d’un œil expert et attendrit son petit singe, sa gazelle des arbres, son écureuil à grands poils bleus, sa petite sauvageonne qui n’a qu’un seul et unique rêve être aussi musclée et poilue que Papa Ours. C’est qu’elle est intrépide et insouciante sa petite Elma, sa petite complice depuis 7 ans. Son souhait le plus cher est de grogner aussi fort que lui, qu’on puisse entendre au-delà des arbres et du grand lac son Graaaaaaaa féroce et sauvage. Graaaaaaaaa.
Alors tous les jours elle s’entraine, grimpe de saute d’arbres en arbres, vadrouille de feuille en feuille à ramasser les graines et grappes de fruits. Elle court sur les chemins couverts d’épines et de rochers, grimpant sur les souches, dégringolant les torrents, traversant les pontons en bois. 

 

Mais l’heure à sonner au crépuscule du bois. Bientôt  Elma sera trop grande pour rester dans la forêt où il lui faudra affronter les prédateurs et autres nuisibles dont elle ne sait leur force et leur terrible mâchoire, leurs griffes. Sept années se sont écoulées. Sept années de vie complice, sept années à aimer cette boule de poil de Papa Ours et de petite sauvageonne délurée. Sept années de bonheurs qu’il faut apprendre à laisser partir pour entamer un nouveau et dernier voyage, celui qui mènera Elma vers son avenir, au-delà des grands lacs et des soleils couchants, au-delà des arbres et de la forêt de l’enfance. Retourner vers un pays lointain. Etcela malfré les silences, le cœur en miette de Papa Ours, les questions incessantes d’Elma. Découvrir que ce voyage qui s’annonce comme être la dernière aventure commune est le voyage qui permettra à l’enfant sauvage de retourner vers ceux qui lui ressemble. Comme un secret qu’il est difficile d’avouer.

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Chut. J’aurai aimé dire que cette bande dessinée pour enfant est un plaisir innavoué de lecture, de petites grappes cueillies dans la beauté d’un matin, le coucher d’un soleil sur l’eau dormante. J’aurai aimé vous avouer le bonheur à lire les silences, la complicité et la petite poésie douce et tendre qu’il s’en dégage. J’aurai aimé…
Mais comme dans toutes les histoires il faut toujours dire la vérité.
J’ai adoré !
J’ai adoré chaque moment, chaque instant où la patte de Papa Ours vient se glisser dans la petite main d’Elma, où traverser un pont devient une peur à surpasser, un volonté à devenir et traverser. J’ai adoré la douceur des traits, les dialogues qui se lisent comme un ré enchantement au monde, à sa découverte, aux émotions.

Ingrid Chabbert nous emmène dans es confins d'une forêt quasi paradisiaque où l'amour et la tendresse se lient à chaque coin de page. On pourrait pener bien sûr à ces multiples livres parlant d'un odyssée et d'une aventure d'un petit humain recueilli par un animal, un animal non pas féroce mais un poil grincheux, un enfant espiègle. On pourrait relire le Livre de la jungle de Kipling, une histoire tellement belle, intemporelle. On entre dans le partage, la rencontre, la transmission, les défis. C'est drôle et à la fois extrmenent émouvant. Emouvant dans cette façon qu'Ingrid Chabbert écrit. Emouvant par la délicatesse.
Quand au graphisme de Léa Mazé, on retrouve sa palette chaude, solaire, lumineuse, luxuriante. Le trait est plein, rond et à la fois  il y a ce travail du pointillisme, de la délicate touche de couleurs qui redonne la beauté à la page, transmet les émotions, apporte à ce voyage, ces paysages magnifiques et sensoriels. Un grand bonheur à regarder, à s'égarer.

 

Ingrid Chabbert et Léa Mazé nous emmènent dans univers où les rires et les larmes circulent à leurs aises, dans la beauté des lignes, des couleurs, de l’aventure. C’est d’une douceur qui donne envie de se lover dans les bras de ce grand Ours grognon, de courir les cheveux emmêlés auprès d’Elma et surtout de s’arrêter le soir au pied du Grand Lac et de regarder le soleil se coucher.

Juste une grande beauté. Touchée, coulée.

 

Lire chez Moka, Stéphie, Noukette qui m’ont vraiment donnée cette envie folle de découvrir Elma, une vie d’ours. Les bulles de cette semaine sont à retrouver chez Stéphie.

 

Elma, une vie d’Ours
Le grand voyage
Ingrid Chabbert, Léa Mazé
Dargaud

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