04 octobre 2018

Vincent Villeminot "Fais de moi la colère"

  « Ici il y a des chiens, des vrais, des chiens resplendissants. »   Je ne sais jamais comment livrer mes mots quand un roman est si fort, terriblement déroutant et beau. Je ne sais jamais comment parler d’un livre qui ne se raconte pas mais se vit, ressurgit et résiste aux lectures suivantes, futures.Il faut de la puissance et de la douceur pour en parler, une admiration qui surgit alors que l’on ne l’attendait pas. Il faut du sauvage, du déstabilisant pour nous emmener ailleurs dans nos habitudes, nous... [Lire la suite]

01 octobre 2018

Olivier Liron - Einstein le sexe et moi

  « Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. »  Il est toujours délicat de parler de l'handicap en particulier celui qui ne se voit pas mais se vit dans ses émotions, dans les situations quotidiennes, dans la délicate situation de l'autisme Asperger. L'autisme ce n'est pas que cet enfant qui se balance d'un pied sur l'autre ou fait de sa violence un acte de vie. Ce n’est pas cet enfant qui surgit dans des gestes désordonnés et inconscient, qui éructe la vie... [Lire la suite]
23 septembre 2018

Peire Aussane Deux stations avant Concorde

  « La vie m’étreint ou me blesse mais ne me délaisse et ne me déçoit jamais. Si je tombe, ce n’est jamais que de ma hauteur, insignifiante comparée à celle, vertigineuse, du bonheur à être dans l’existence, je veux dire à participer à la fabrication de son existence. Sa propre voie. Une vie, une voie. Sinon, c’est qu’on a abandonné la partie, qu’on s’en est remis au religieux. Si on suit tous la même voie, c’est qu’on n’a pas pris le bon embranchement, c’est qu’on a raté la rencontre avec soi-même. C’est vivre à côté de... [Lire la suite]
10 septembre 2018

Julie Estève - Simple

  « Antoine Orisni est mort et le soleil n’y peut rien. Sous le cagnard, les herbes des jardins, les bougainvilliers, les feuilles des citronniers : tous les bossus. C’est pareil avec  les corps. » Il est toujours délicat de parler d’un roman que tout le monde plébiscite, hurle au génie de la rentrée littéraire, quasi à la belle et grande surprise de l’année. Il n’est jamais facile d’en parler lorsqu’on a lu les chroniques de Nicole, Nicolas, Moka, Alexandra, Joëlle, Charlotte, Amélie Amandine, et tant... [Lire la suite]
03 septembre 2018

Nathalie Yot - Le nord du monde

  « Le Nord vraiment. L’élan devient quête. Avec des bris de verre dans les yeux. Foncer. Il n’y a que ça. Eblouie par ma fuite, je souris. Je n’arrête pas de sourire, je sais que je vais grandir, me lever, décoller. Je suis sur ma base de lancement. Un point de départ comme on dit. Et les départs, faut pas les rater. Pas rater, pas rater, pas rater. Je suis tendue, droite, saisie comme un steak. Avec le sang. Le sang carburant. Non je ne vacillerai pas. Je souris à mon ventre caressé par le chaud du café et l’éclatement... [Lire la suite]
07 mai 2018

Gabrielle Tuloup " La nuit introuvable"

  « Depuis quelques temps la vie est parfois un peu floue. J’ai du mal à distinguer hier d’avant-hier, et les mots qui ont une consonance proche prennent un malin plaisir à jouer à cache-cache les uns derrière les autres. Evidemment il y a des ruses, noter l’heure des rendez-vous, ne pas oublier sa liste de courses, trouver un synonyme quand le mot juste file dans un recoin du cerveau. On peut toujours réussir – pour un temps du moins – à garder haute cette tête qu’on finira par perdre tout à fait. On peut s’arranger, comme je... [Lire la suite]

23 avril 2018

Guillaume Para "Ta vie ou la mienne"

« La colère rend prisonnier, c'est la pire des cages. »  Hamed est un jeune issu des banlieues comme on aime le dire : un pédigrée typé 9-3 qui du jour au lendemain part vivre à chez son oncle et sa tante à Saint Cloud, commune on ne peut plus huppée de l’Ouest Parisien. Le choc total et la possibilité de pouvoir devenir quelqu’un de bien, de ne plus être assimilé à ces jeunes casseurs, la misère, la drogue, la violence qui sonnent au porte. Un avenir qui le sort de l’école de la débrouille, de la rue, du foot... [Lire la suite]
30 mars 2018

Laurine Roux "Une immense sensation de calme"

  « A présent, il faut que je raconte comment igor est entré dans ma vie. C'est la fin de la saison froide, j'avais passé l'hiver dans la maison des frères Illiakov.Un matin, un homme arrive près du lac où je ramasse les nasses. C’est lui. A une centaine de pas de moi, il s’immobilise. Un oiseau aux ailes larges traverse le ciel, Igor sourit. Mille ans de solitude et de détermination frémissent à ses lèvres. Il se tient au bas de la falaise et regarde là où les hommes ne peuvent aller. Je le vois se plaquer à la paroi. Sa main... [Lire la suite]
12 février 2018

Adeline Baldacchino "Celui qui disait non"

« Et j’avais vu Dachau, Bergen-Belsen et Buchenwald, vu Auschwitz et pleuré dans la lumière du crépuscule, quand j’essayais encore de comprendre comment il était encore permis d’écrire de la poésie, comment il fallait justement en écrire parce que prier, non, ce n’était plus possible – qui voulez-vous prier : celui qui ne répondit jamais, quand on le suppliait dans les chambres à gaz ? Et les mésanges de Bernburg, et les pivoines d’Auschwitz, n’étaient-elles pas indécentes ? »  Lui c’est August... [Lire la suite]
25 janvier 2018

Odile D'Oultremont "Les déraisons"

  « Pour la première fois, il se résolut à distinguer radicalement le corps de Louise de celle qu’il aimait. Ne mourrait éventuellement que les cellules, le reste, tout le reste, il s’en fit l’ardue promesse, demeurerait éternellement. Ses fantasqueries, ses bizarettes, son imaginarie, son inventivitelle, ses pensettes créatiques, sa follesse, sa légèretère. Encouragées, entretenues, quoi qu’il en coûte, elles demeureraient, survivantes. Il s’apprêtait à souscrire à un défi d’une redoutable difficulté, il en était... [Lire la suite]