« Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l'enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange. »

- Bill BRANDT -

 

La confiance est la matière première de celui qui regarde : c'est en elle que grandit la lumière. La confiance est la capacité enfantine d'aller vers ce que l'on ne connait pas comme si on le reconnaissait. "Tu viens d'apparaître devant moi et je sais qu'aucun mal ne peut me vejir de toi puisque je t'aime, et c'est comme si je t'aimais depuis toujours. " La confiance est cette racine minuscule par la quelle le vivant entre en résonnance avec toute la vie - avec les autres hommes, les autres femmes, comme avec l'air qui baigne la terre ou le silence qui creuse un ciel. Sans confiance, plus de lien et plus de jour. Sans elle, rien.

- Christian BOBIN -

 

« Il faut aimer la solitude pour être photographe. »

- Raymond DEPARDON

 

07 octobre 2018

Dimanche en photo : Pierre Michon et Anne Lise Broyer " Vermillon"

  « Cette maison est un peu secrète : non pas que je la cache, mais de loin, quand je n’y vis pas, c’est-à-dire neuf mois sur douze, elle m’apparait comme un secret lointain, enfoui. Je la porte en moi comme un noyau invisible, et y penser me donne ne même temps la plus grande force et la plus grande faiblesse. Je ne tiens pas trop à ce que d’autres la voient quand je n’y suis pas : comme si je voulais garder jalousement un mirage qui n’apparait que pour moi, chaque été. » Quelque part dans au Sud-Ouest de... [Lire la suite]

05 août 2018

Marcus Malte Cyrille Derouineau "Mortes saisons"

 « La plage est livrée à elle-même. Les établissements sont vides, dedans, dehors, terrasses désertes, cannisses arrachées. Le sable et les algues envahissent les planches. Quel fléau ? on se demande. Quelle menace, quelle dévastation annoncée a poussé la population à fuir ? Quel danger imminent a pu conduire à pareille exode ? Rien de tout cela. Rien d’autre que l’hiver. La météo. Le calendrier. Une histoire de congés payés. Il en faut si peu, parfois. […] Nul ne se dore au soleil de février sinon peut-être... [Lire la suite]
01 avril 2018

Dimanche en photos " Le simulacre du printemps " I. Thobois et F. Lecloux

  « Les fantômes sont sans larmes. Certaines mères également. Si tu peux me photographier ? Allons bon ! Mais je te dois bien ça. Quoi qu’il en soit la pellicule ne m’imprimera certainement pas. La fixation de l’image – tu devrais le savoir – dépend de la vitesse à laquelle la vie s’est déchargée de nous qui est proportionnelle à la dose d’amour reçue tout au long de l’existence, qui est encore relative à la qualité humaine de la personne qui nous l’a prodiguée. »  Un homme, à l’orée de la... [Lire la suite]
02 mars 2018

Vincent Delerm "Songrwriting"

      Je me souviens du jour où j’ai reçu ces livres. C’était encore un jour de mai même si la date était légèrement dépassée.Je me souviens qu’il faisait beau et que je me suis assise sur une chaise, dans ma cuisine. J’ai ouvert le paquet. Ça aussi je m’en souviens.Je me souviens que j’avais reconnu bien avant d’ouvrir, l’écriture qui indiquait la provenance, 72000 Le Mans. Le Mans. Décidément je me souviens qu’elle avait le don de me surprendre quand je ne m’y attendais pas. Je me souviens que comme à chaque... [Lire la suite]
07 janvier 2018

Robert Doisneau "La banlieue en couleur"

  On connait Robert Doisneau pour ses photos portrait d’un Paris des années d’après-guerre, son baiser de l’Hôtel de Ville, les poulbots titis parisiens qui glissent sur les terrains encore vagues à la sortie de l’école. Un Paris qui revit, se reconstruit, renait après les souffrances guerrières, les années d’occupation. Mais on a oublié le Doisneau de la banlieue, ce lieu de prédilection qu’il aimait photographier, lire, regarder. Cette banlieue qui représentait le Paris populaire, prolétaire, qui était la jeune garde... [Lire la suite]
23 juillet 2017

Dimanche en poésie - Vincent Delerm "L'été sans fin"

  Il y a quelque chose que j’aime profondément chez Vincent Delerm. Son œil. Ce regard précis et humain sur ce que l’on ne voit plus, ne prend plus le temps de regarder, d’aimer, apprécier. Il n’y a nul exercice de style ou de genre, juste la beauté du souvenir, la volupté de l’instant, la poésie du moment et surtout ce regard, ce regard qui en dit long sur ces détails, ces morceaux de vie. Car outre le fait que Vincent Delerm est connu comme chanteur, compositeur, interprète, musicien accompli, il est aussi et surtout ce... [Lire la suite]

18 juin 2017

Dimanche en poésie " C'est un lieu qui existe encore " Vincent Delerm

  C’était un drôle de jour. Je l’avais plutôt mal commencé. Pas vraiment drôle d’ailleurs, un lundi plutôt glauque même. Et puis, je suis arrivée chez moi. Arque boutée sur mes baskets à talons plats, j’ai ouvert ma boite aux lettres. A l’intérieur était posée une autre boite. Cartonnée. Une boite et une adresse. Silence. Encore une fois, elle avait décidé de me faire battre les paupières, les yeux, le cœur. Je le savais, elle me connait tellement. Elle sait tellement le faire.Ne rien précipiter. Ne rien déchirer.Tant de... [Lire la suite]
04 mars 2017

" L'heure blanche " Anne Collongues - Olivier Rolin

 « Si je ne photographie des lieux où je ne fais que passer, mon regard est attiré par l’apparence – ce qui se donne d’emblée -, séduit par la beauté de ce qui est étranger, différent, nouveau. Il est aimanté par le caractère exotique de ce qu’il voit, fasciné comme le sont les enfants qui tendent les bras pour s’emparer de tel objet inconnu et coloré qu’on agite devant eux. L’appareil photo remplace la main et permet de capturer cet objet – le monde. Il y a quelque chose de naturel à vouloir attraper l’instant singulier et... [Lire la suite]
07 juin 2015

Dimanche en photo

crédit photo - sabine faulmeyer   Quiconque aspire à quelque liberté de penser, doit se priver pour un long temps du droit de se sentir autre chose qu’un errant sur la terre. Je ne dis pas un voyageur, car l’homme qui voyage se propose un but final. Or un tel but n’existe pas. L’errant doit bien observer, tenir ses yeux bien ouverts sur le train du monde ; il doit donc interdire à son cœur toute attache un peu forte aux choses particulières, et toujours maintenir en lui cette humeur de vagabond, qu’amuse tout ce qui change... [Lire la suite]
03 mai 2015

Dimanche en Photo

« Il faut aimer la solitude pour être photographe. » Raymond DEPARDON   @Sabine Faulmeyer - Avignon (avril 2015)     Dimanche en Photo Le blog du petit carré jaune