17 février 2019

Jeanne Benameur - L'exil n'a pas d'ombre

« J’aurai voulu juste m’asseoir et voir la main qui écrit dans le sable. Peut-être, de voir juste la main écrire, j’aurais compris quelque chose du monde et des autres.Peut-être je suis, toi, femme qui as tout quitté, parce que  je veux voir ta main tracer les mots dans la poussièreJuste cela.Tu ne sais pas que je suis là, derrière toiJe suis entre le village et toiParfois j’ai envie d’apparaître dans la lumière et de te dire que je suis là.  Je suis, moi, celui qui t’a suivie.Je suis celui qui protège ta... [Lire la suite]

20 janvier 2019

Thomas Vinau - Lettre ouverte au cours naturel des choses

  « Il en faudra des pluies grises, des crachins persévérants, des orages obstinés et des déluges minuscules pour que le fleuve déborde, sorte de son lit et emporte la violence des berges qui l'enserrent avec lui. [...] Les berges resteront des berges, les barges resteront des barges, et la suffisance restera la suffisance. [...] C'est pour ça que je préfère tenter de construire un radeau de miettes plutôt que de m'évertuer de mettre le feu à l'eau sombre. Il y a des ouvrages immenses comme ça qui se bâtissent avec des... [Lire la suite]
30 décembre 2018

B Reiss, J Nakamura - Notes découpées du Japon

« C’est le premier beau  jour du printemps et nous décidons de faire une balade à vélo dans le quartier. Nous quittons l’avenue et prenons le chemin piétonnier qui passe dans le dos des maisons et coupe à travers des ruelles et des sentiers étroits. Des  marches en bois ou en pierre descendent des jardins sur la voie. Les maisons sont dissimulées par les arbres et les haies de bambous. Leur entrée officielle, plus large et plus sérieuse, se trouve de l’autre côté.Par-dessus les murets et les barrières, dans les... [Lire la suite]
09 décembre 2018

Geneviève Casterman - Costa Belgica

« La mer du Nord, son Mercator, son James Ensor et son rat mort, ses châteaux forts, ses ports, ses phares, ses sémaphores, ses boutiques, ses restaurants panoramiques, ses Freddy, ses Candys, Melody, ses Jef, ses Jacq, ses Jan, ses Jos, son Jaco, Mariano, son Arno, San Marin et Marina et son tram longiligne qui travelling le long de l’eau… »    Un petit livret couleur bleu mer, bleu gris, bleu ciel bas et horizons où le regard porte loin. Un petit livret bleu couleur douce marine, couleur qui donne envie de... [Lire la suite]
18 novembre 2018

Fabienne Yvert 3 trucs bien

  « Lu 1/6ne pas être affolée parce qu’il y a plein de monde au supermarchéappuyer  pour la première fois sur le bouton « on » du programmateurlire un livre étrange d’un auteur étranger qui a une pensée et une culture différentes  mar 2voir les 4 enfants des vacanciers d’à côté, qui dorment côte à côte à la belle étoile, se réveiller l’un après l’autre avec le soleil dans l’œilà quatre pattes devant la glace, se couper les cheveux et trouver la coupe réussierecevoir par la poste son nouveau livre,... [Lire la suite]
04 novembre 2018

Hélène Dorion - l'étreinte des vents

  « Nous sommes des êtres de liens. Plus que tout, nous tendons vers ce qui nous relie – à nous-mêmes, à l’autre, au monde et à ce qui nous transcende. Nous avons besoin de nous sentir ainsi liés, et ce sentiment précède celui d’être unis, de participer à cette formidable et vertigineuse aventure qu’est la vie. »  Une île. Une île comme un corps, une âme. Les nôtres. Cet état-territoire dans lequel on se réfugie, repartons à notre conquête. Ce pays, source d’une solitude, de paysages morcelés, sauvages, qu’il nous... [Lire la suite]

26 octobre 2018

Emmanuelle Gouasdon " Parfois on se sent petit"

    Parfois on se sent tout petit, minuscule comme très loin des grands arbres qui de leurs ombres devraient au contraire nous apaiser de leur feuillage protecteur. Des fois la vie nous semble si vaste, si loin de nos rêves et de nos possibilités que leurs feuilles deviennent impossible à attraper comme trop hautes et nous si petit, minuscule devant cette immensité. Si petit et si éloigné. Si petit au pied de ce grand arbre aux branches enchevêtrés. Si petit face à la forêt, aux idées qui se fracassent aux troncs,... [Lire la suite]
17 septembre 2018

Dimanche en poésie Thomas Vinau "Comme un lundi, carnet de bord assis tout au bord du temps"

  « De l’usure. Des questions. Des matins sans lumière. Des journées qui s’empilent comme des mauvais Légo. Nos yeux se rapprochent du sol. Parfois nos bouches restent closes et le silence court comme une petite lune de rasoir sur la langue que nous inventions. Nous en perdons l’usage, jusqu’au lendemain, quand un nouveau soleil grimpe encore sur les troncs. On se mouche. On s’embrasse. Il fait trop froid pour ne pas mettre un pantalon. La course recommence. Le bébé pleure. Il est bientôt sept heures. Tu me souris... [Lire la suite]
19 août 2018

Dimanche en poésie Rainer Maria Rilke " Notes sur la mélodie des choses"

  « Quand deux ou trois personnes s’assemblent, ce n’est pas pour autant qu’elles sont déjà ensemble. Elles sont comme des marionnettes dont les fils sont de différentes mains. Sitôt qu’une main les manipule tous, il leur survient une communauté qui les fait s’incliner ou se sauter dessus. Et les forces de l’être humain, elles aussi, sont là où vont finir ses fils dans une main souveraine qui les tient. »  Ils vous arrivent de lire des livres, des recueils sans savoir si ce que vous allez lire, si les mots qui... [Lire la suite]
09 juillet 2018

Etienne Faure - écrits cellulaires

On entre sur la pointe des pieds comme on entre dans une chambre, une cellule, lieu de recueillement ou prison. En silence. Pour ne pas trahir ou bruisser la flamme vacillante, la liberté qui s’écarte. On espère mais l'espérance a vécu au delà de tout, sans effroi et sans remuer.  Le lieu clos pousse à l’introspection, aux souvenirs de jeunesse, à ces courriers et amours laconiques qui datent les années, marquent les âges. Les aïeux en exil se rapprochent des corps, des frontières. Ils couronnent de leur mort, l’honneur des... [Lire la suite]