03 octobre 2017

Sigolène Vinson - " Les Jouisseurs"

  « Jusqu’ici,  je n’ai rien écrit »…   L’écrivain avait renvoyé son travail à plus tard, celui qui avait consisté justement à écrire une histoire, à développer une fiction et s’y arc-bouter vaille que vaille. Mais l’écrivain n’y arrivait pas. Il n’écrivait rien. Le désert total, les chimères des volutes et autres herbes folles. Rien. Enfin rien qui ne mérite d’être lu. Rien qui ne donne la dimension d’un livre, d’une écriture, de ce quelque chose qui englobe les sons, les mots et les émotions. En fait nul... [Lire la suite]

26 août 2017

Erwan Larher " Le livre que je voulais pas écrire "

  « Je suis un romancier. J’invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l’espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l’humain. Il m’est arrivé une mésaventure qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi. » Certains romans ont le goût de l’impossibilité à « chroniquer », à révéler leur détail, leur histoire, tout simplement parce que l’on éprouve cette intime intimité d’être dans ces... [Lire la suite]
16 août 2017

" Le cri du diable " Damien Murith

  Lire Damien Murith c’est pénétrer dans une écriture qui nous prend aux tripes, nous retourne en moins de deux, nous poursuit des jours et des nuits, nous envoie valdinguer avec poésie dans les cordes du ring. C’est entendre la petite musique des mots qui pénètre votre chair, votre cœur, enfouie sous votre épiderme un mal profond et vous laisse béat devant tant de forces et beautés. C’est un uppercut qui ne vous laisse aucun répit et vous donne juste l’envie de continuer à lire ce quelque chose que l’on nomme un bijou. Un... [Lire la suite]
27 juillet 2017

" Le journal d'un manoeuvre " Thierry Metz

  « Une pelle, une pioche. Le manœuvre doit chercher avec ça, faire le tour, se perdre...Un débutant : voilà ce qu’il est. Sa mémoire n’est qu’un filet d’eau, une source qui ignore le fleuve.Ses mouvements sont simples : ceux d’un oiseau. Il monte, il descend, il ramasse des brindilles, de la paille, des écorces. Le tout-venant.Pour cerner le domaine qui s’étend autour de son nom, il lui faut tracer un cercle avec ce qu’on lui donne : de la terre, des décombres, des pierres, des ordres, des morceaux de... [Lire la suite]
13 avril 2017

" Le groupe " jean Philippe Blondel

  « On a tous été très secoués. Par toutes les histoires. Les fausses. Les vraies. C’est comme si nous avions été projetés à l’intérieur d’un film trop réaliste. Juliette et Camille s’essuyaient les yeux. Boris fixait le plafond pour contrer l’émotion. Mais le plus troublant, c’était Mme Grand. Alors, elle, toutes les digues ont lâché. Elle était carrément en PLS. C’est bizarre de voir un adulte pleurer. »   Autant vous le dire tout de suite, l’écriture et moi, les mots dans un carnet ou sur une feuille de... [Lire la suite]
09 avril 2017

" La nature exposée " Erri De Luca

  Je suis troublée, émue. Je ne sais comment je vais pouvoir parler, dire ces émotions que j’éprouve devant la force et la beauté de ce roman, la tendresse folle pour l’homme, pour ce qu’il a en lui, dans lui, pour ce qu’il est avant tout, avant d’être homme, un humain, un être constitué de peu, de lui, et qui dans sa générosité peut être quelqu’un de bien, de simple, d’humble, vrai et surtout respectueux. Je ne sais pas.   Erri de Luca, cet homme, cette écriture qui nous expose, nous relève, nous fait regarder,... [Lire la suite]
Posté par sabeli à 07:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

16 mars 2017

" D'un coeur léger, carnet retrouvé du Dormeur du Val " Loïc Demey

  « Vincent, mon amour, nous avons toute la vie ! tu as murmuré lorsque je t'ai demandé en noces, au mois de juin dernier, tes joues rosées et ta bouche embrassant et respirant sa tendresse sur ma poitrine découverte.Tout le temps, toute la vie. Peut-être, je ne sais pas. J'ai appris que le temps fige les impatients, aussi que la vie, parfois, échappe aux plus sages. Tout le temps et toute la vie, je sais seulement que j'ai devant moi une muraille qui ne cesse de se dérober et toute une... [Lire la suite]
20 février 2017

" Chère brigande " Michèle Lesbre

Chère Michèle Lesbre, Chère Marion Du Faouët  Je ne sais comment commencer cette lettre, je ne sais comment vous adresser mon admiration face à votre écriture, à cette façon que vous avez de nous emmener dans vos mots, cette mélancolie que vous savez si bien écrire, ces hivers que vous nous faites traverser et qui sont des vrais silences dans lesquels j’aime me retrouver. Votre écriture a le don de m’amener à traverser des chemins logeant La Loire (Chemins), à m’asseoir sur des plages aux sables imparfaits (Sur... [Lire la suite]
05 février 2017

" Tropique de la violence " Nathacha Appanah

  De nouveau je me retrouve à vous parler d’un livre d’une beauté et puissance incroyable. De nouveau je ne sais comment vous dire, vous inviter à le lire. Peut-être parce que mes mots ne seront jamais à l’égal de ce que j’ai pu ressentir durant cette lecture. Peut-être parce que la beauté, la justesse, la saisissante poésie d’une violence sous les tropiques me semblaient loin et m’ont percutée de plein fouet. Peut-être parce que l’homme est admirable, sans jugement, que tous ces enfants sont dans l’enfer d’un paradis qui... [Lire la suite]
31 janvier 2017

"Prends le temps de penser à moi" Gabrielle Maris Victorin

  « Nous portons nos morts. Nous les emportons. Ce sont des enfants indociles et capricieux, que nous protégeons. Ils s’approchent, ou s’éclipsent sans que nous n’y puissions rien. Ils grimpent sur notre dos et continuent ainsi à traverser le monde. »  Des livres parlant de cette fameuse journée du 07 janvier 2015, de la rue Nicolas Appert,  des endormis de Charly Hebdo et des traumatismes qui ont suivi, je m’en méfie comme d’une plaie, une cicatrice, un mal que tout le monde s’approprie sans en porter... [Lire la suite]