28 août 2017

Chantal Thomas - " Souvenir de marée basse "

  « C’est le sable de printemps, frais, un peu humide. La marée est basse. J’enlève mes chaussures et je m’en vais, au loin, tâter l’eau. Le froid me grignote les chevilles. Je laisse mes pieds se réhabituer au sol incertain, à l’eau mouvante sous la pression du courant, au mystère d’une unique respiration animant l’eau et le sable et traversant mon corps. J’ai retroussé mon pantalon. J’ai envie de m’avancer plus profond. Par le jeu de la marée montante, c’est la mer qui vient à ma rencontre. »   Il y a un... [Lire la suite]
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26 août 2017

Erwan Larher " Le livre que je voulais pas écrire "

  « Je suis un romancier. J’invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l’espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l’humain. Il m’est arrivé une mésaventure qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi. » Certains romans ont le goût de l’impossibilité à « chroniquer », à révéler leur détail, leur histoire, tout simplement parce que l’on éprouve cette intime intimité d’être dans ces... [Lire la suite]
25 août 2017

Marie Hélène Lafon "Gordana"

  « Elle s’appelle Gordana. Elle est blonde. Blonde âcre, les cheveux rêches. Entre les racines noires des cheveux teints, la peau est blanche, pâle, elle luit, et le regard se détourne du crâne de Gordana, comme s’il avait surpris et arraché d’elle, à son insu, une part très intime. Sa bouche est fermée sur ses dents. Elle s’obstine, le buste court et têtu, très légèrement incliné, sa tête menue dans l’axe. On devine les dents puissantes, massives, embusquées derrière les lèvres minces et roses. Le sourire de Gordana... [Lire la suite]
16 juin 2017

" L'enfant qui " Jeanne Benameur

  « Dans ta tête d’enfant, il y a de brusques ciels clairs arrachés à une peine lente, basse, impénétrable. Ta mère a disparu. Elle avait beau ne jamais être complétement là, c’est à son odeur, à sa chaleur, à ses mains silencieuses que tu prenais appui pour sentir que tu existais vraiment. » Il y a des auteurs où quoi qu’il  se passe, est écrit, nous savons que nous serons emportés. Quelque soit notre lecture, les mots nous toucherons, seront des couvertures ou au contraire des uppercuts. Jeanne Benameur est... [Lire la suite]
10 avril 2017

" Inquiétude " Michèle Lesbre

" Maintenant encore il est ce petit fantôme orphelin qui a peur de la nuit, qui ne sera jamais tranquille, un vieil enfant inquiet." Un homme adulte-enfant ou enfant-adulte, un homme qui n'a jamais pu devenir homme, grandir, devenir lui. Une femme, Barbara, qui ne s'appelle pas Barbara mais qui lui ressemble tant. Un aigle noir, une travailleuse de la nuit. Un père absent, parti loin, très loin. Une mère qui s'est perdue dans les couloirs d'un hôtel. Et ces pas au plafond qui lui rappellent qu'il est seul, homme, enfant, homme. Ces... [Lire la suite]
23 mars 2017

" Un été à quatre mains "Gaëlle Josse

« Schubert parle au coeur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d'un ami posée sur notre épaule. Si peu de choses, bien souvent pour y parvenir. Si peu de notes, parfois, pour nous réjouir ou nous consoler [...] C'est en frère, en ami qui a éprouvé toutes les larmes, que Franz nous parle et nous apaise. » Parfois il suffit de pas grand-chose pour entendre une musique jouer avec des mots, des accords et des... [Lire la suite]

20 février 2017

" Chère brigande " Michèle Lesbre

Chère Michèle Lesbre, Chère Marion Du Faouët  Je ne sais comment commencer cette lettre, je ne sais comment vous adresser mon admiration face à votre écriture, à cette façon que vous avez de nous emmener dans vos mots, cette mélancolie que vous savez si bien écrire, ces hivers que vous nous faites traverser et qui sont des vrais silences dans lesquels j’aime me retrouver. Votre écriture a le don de m’amener à traverser des chemins logeant La Loire (Chemins), à m’asseoir sur des plages aux sables imparfaits (Sur... [Lire la suite]
31 janvier 2017

"Prends le temps de penser à moi" Gabrielle Maris Victorin

  « Nous portons nos morts. Nous les emportons. Ce sont des enfants indociles et capricieux, que nous protégeons. Ils s’approchent, ou s’éclipsent sans que nous n’y puissions rien. Ils grimpent sur notre dos et continuent ainsi à traverser le monde. »  Des livres parlant de cette fameuse journée du 07 janvier 2015, de la rue Nicolas Appert,  des endormis de Charly Hebdo et des traumatismes qui ont suivi, je m’en méfie comme d’une plaie, une cicatrice, un mal que tout le monde s’approprie sans en porter... [Lire la suite]
22 janvier 2017

"Il n'est plus d'étrangers" Catherine Leblanc

  Il n’est plus d’étranger que son propre soi. Il n’est plus éloigné que sa propre identité, ce portrait que l’on ose regarder, tirer la photo, composer. Pourtant c’est grâce à ce kaléidoscope d’images que l’on grandit. C’est grâce à nos visages, nos silences, nos croquis dessinés au lavis ou à l’orange sanguine que l’on comprend nos sentiments profonds, cette émotion que rien ne nous est étrangé. Par le reflet d’une ombre, d’un passant, d’un bruit furtif, on porte nos vies le long des chemins, des pavés, des rues et des... [Lire la suite]
17 janvier 2017

"Les garçons perdus " Arnaud Cathrine et Eric Caravaca

  « Et, ce faisant que je ne connaissais rien de l’amour, je ne connaissais pas le moins du monde à ce qui s’était bâti entre lui et moi.Je ne sais pas si c’était une forme d’amour. Un lien de dépendance très certainement. Et, au final, une forme d’amour. Que je cherche aujourd’hui encore sur le visage de mes amis, en dépit de tout ce qui est advenu par la suite. Je le vois apparaître parfois en filigrane. Je ne m’en suis aperçu que récemment. »   C’est un fait : l’amitié entre hommes est un sujet peu... [Lire la suite]