23 mars 2017

" Un été à quatre mains "Gaëlle Josse

« Schubert parle au coeur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d'un ami posée sur notre épaule. Si peu de choses, bien souvent pour y parvenir. Si peu de notes, parfois, pour nous réjouir ou nous consoler [...] C'est en frère, en ami qui a éprouvé toutes les larmes, que Franz nous parle et nous apaise. » Parfois il suffit de pas grand-chose pour entendre une musique jouer avec des mots, des accords et des... [Lire la suite]

20 février 2017

" Chère brigande " Michèle Lesbre

Chère Michèle Lesbre, Chère Marion Du Faouët  Je ne sais comment commencer cette lettre, je ne sais comment vous adresser mon admiration face à votre écriture, à cette façon que vous avez de nous emmener dans vos mots, cette mélancolie que vous savez si bien écrire, ces hivers que vous nous faites traverser et qui sont des vrais silences dans lesquels j’aime me retrouver. Votre écriture a le don de m’amener à traverser des chemins logeant La Loire (Chemins), à m’asseoir sur des plages aux sables imparfaits (Sur... [Lire la suite]
31 janvier 2017

"Prends le temps de penser à moi" Gabrielle Maris Victorin

  « Nous portons nos morts. Nous les emportons. Ce sont des enfants indociles et capricieux, que nous protégeons. Ils s’approchent, ou s’éclipsent sans que nous n’y puissions rien. Ils grimpent sur notre dos et continuent ainsi à traverser le monde. »  Des livres parlant de cette fameuse journée du 07 janvier 2015, de la rue Nicolas Appert,  des endormis de Charly Hebdo et des traumatismes qui ont suivi, je m’en méfie comme d’une plaie, une cicatrice, un mal que tout le monde s’approprie sans en porter... [Lire la suite]
22 janvier 2017

"Il n'est plus d'étrangers" Catherine Leblanc

  Il n’est plus d’étranger que son propre soi. Il n’est plus éloigné que sa propre identité, ce portrait que l’on ose regarder, tirer la photo, composer. Pourtant c’est grâce à ce kaléidoscope d’images que l’on grandit. C’est grâce à nos visages, nos silences, nos croquis dessinés au lavis ou à l’orange sanguine que l’on comprend nos sentiments profonds, cette émotion que rien ne nous est étrangé. Par le reflet d’une ombre, d’un passant, d’un bruit furtif, on porte nos vies le long des chemins, des pavés, des rues et des... [Lire la suite]
17 janvier 2017

"Les garçons perdus " Arnaud Cathrine et Eric Caravaca

  « Et, ce faisant que je ne connaissais rien de l’amour, je ne connaissais pas le moins du monde à ce qui s’était bâti entre lui et moi.Je ne sais pas si c’était une forme d’amour. Un lien de dépendance très certainement. Et, au final, une forme d’amour. Que je cherche aujourd’hui encore sur le visage de mes amis, en dépit de tout ce qui est advenu par la suite. Je le vois apparaître parfois en filigrane. Je ne m’en suis aperçu que récemment. »   C’est un fait : l’amitié entre hommes est un sujet peu... [Lire la suite]
05 décembre 2016

" Le 27 avril 1986 : de Prypiat à La Seyne sur Mer" adaption radiophonique de Sophie Lemp

  « Lucie  J’avais quinze ans et le monde à mes pieds. Je n’aimais ni moi ni les autres, ce qui me laissait une liberté souveraine. J’allais au lycée en mobylette. Le midi je rentrais chez mes parents, jamais pu supporter la cantine, trop de gens qui mangent. C’était l’année où j’apprenais mon cours d’économie à patins à roulettes sitôt la table débarrassée, tournant à toute allure jusqu’à l’étourdissement autour de l’immense salon-salle à manger familial. Je ne comprenais rien à l’économie. Je n’avais trouvé que... [Lire la suite]

03 octobre 2016

"Repose-toi sur moi" Serge Joncour

    « Parfois à des petits carrefours inattendus de la vie, on découvre que depuis un bon bout de temps déjà on avance sur un fil, depuis des années on est parti sur sa lancée, sans l’assurance qu’il y ait vraiment quelque chose de solide en dessous, ni quelqu’un, pas uniquement du vide, et alors on réalise qu’on en fait plus pour les autres qu’ils n’en font pour nous, que ce sont eux qui attendent tout de nous, dans ce domaine les enfants sont voraces, avides, toujours en demande et sans la moindre reconnaissance,... [Lire la suite]
Posté par sabeli à 13:39 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,
21 septembre 2016

"Je suis mort un soir d'été " Silvia Härri

    « J’approche la chaise de ton lit, je te murmure que tu as bonne mine, même si ce n’est pas vrai. Tu m’écoutes l’air sérieux, je ne sais toujours pas ce que tu saisis des mots que j’égrène, s’ils ont la mélodie d’une cantilène, la stridence d’une corde brisée, s’ils ont un ordre, s’ils possèdent encore quelques résidus de sens, s’ils bruissent comme un feuillage de printemps ou frappent avec violence aux carreaux de ton esprit, si tu peux sentir à travers eux ma colère ou ma gêne, s’ils se heurtent au vide dans... [Lire la suite]
20 septembre 2016

" Eclipses japonaises " Eric Faye

  « … Chaque année, des personnes portant les prénoms, Masako, Naoko, Mariko, Noriko, Fumiko et je ne sais quoi encore disparaissent sans laisser la moindre trace. Et puis que voulez-vous faire de simples présomptions ? L’indice est ténu. Vous le savez bien, ce pays nous donne du fil à retordre, et ce n’est pas près de s’arrêter. La CIA est persuadée que le régime n’en a plus que pour quelques mois, quelques années au plus. Je me garderai bien d’être aussi affirmatif. Ce pays a su dans le passé faire le dos rond et... [Lire la suite]
Posté par sabeli à 10:46 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
15 septembre 2016

"Un garçon qui court" Mélanie Richoz

      « Tout ce que je vis aujourd’hui me sert pour demain. Happé par l’avenir, j’ai le devoir de l’écrire, d’en faire quelque chose, d’enquêter, de mettre du sens. De comprendre ? Tant que je ne l’ai pas écrit et qu’il n’a donc pas subi de transformation consciente qui fait que je ne peux plus penser comme avant, ça n’existe pas. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais raconté ce qui s’est passé entre nous.La raconter à qui,et comment,et pourquoi ?Qui peut entendre ?»  Je vais... [Lire la suite]