06 août 2017

Jacques Josse "Chapelle ardente"

  Il y a des bouquins qui sont comme ça, vous saisissent d’un seul coup et vous laissent sur le flan, dans l’urgence de vouloir crier que ce bouquin « c’est un p*** de bon bouquin », que toute la vie, l’homme, sont incrustés dans ses 32 pages. Pas besoin d’en dire plus. Chapelle ardente de Jacques Josse en fait parti. Il dégage tout ce qui fait un lieu, une émotion, une sensation. Il dégage les odeurs, les regards, les tensions et l’amour. Il est humain. Profondément. Humain à s’en crever les yeux, ranger... [Lire la suite]

03 juillet 2017

" La cucina d'Ines " Philippe Fusaro

  « Mon année avec Inès se résume à cette complicité immédiate, jamais envahissante, à des plats cuisinés ensemble ou à ces portes ouvertes sur un miracle offert dans une assiette, à nos confidences et à nos fous rires, aux rituels parce qu’il y eut Natale et la Befana dans le même élan, la Semaine sainte et ses processions de femmes en noir, les têtes couvertes d’un voile en dentelle, qui pleuraient la mort du Christ juste avant la Pasqua, il y eut San Giuseppe, San Nicolà di Bari, et chaque fois mille choses à manger... [Lire la suite]
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23 juin 2017

" Minuit en mon silence " Pierre Cendors

« Je murmure des mots nocturnes. Peu à peu, je me rapproche de vous à voix basse. Et parce que la parole ne peut aller beaucoup plus loin, j’écris ce silence qui ira seul ouvrir le chemin. Nul chemin qui n’indique ce chemin. Il faut se porter à sa rencontre, endurer jusqu’au bout le fardeau d’une promesse sans repos. Vous avez aggravé la mienne, arraché les voiles qui estompaient sa noire radiance. Comment vous dire cette voix nue sombrée continuellement sous ma peau ? J’écoute son appel décroître, puis reprendre,... [Lire la suite]
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16 juin 2017

" L'enfant qui " Jeanne Benameur

  « Dans ta tête d’enfant, il y a de brusques ciels clairs arrachés à une peine lente, basse, impénétrable. Ta mère a disparu. Elle avait beau ne jamais être complétement là, c’est à son odeur, à sa chaleur, à ses mains silencieuses que tu prenais appui pour sentir que tu existais vraiment. » Il y a des auteurs où quoi qu’il  se passe, est écrit, nous savons que nous serons emportés. Quelque soit notre lecture, les mots nous toucherons, seront des couvertures ou au contraire des uppercuts. Jeanne Benameur est... [Lire la suite]
29 mai 2017

" Le saut oblique de la truite" Jérôme Magnier Moreno

  « Partir pour Corte et s’engager dans la vallée du Tavignono est une expérience étonnante en soi, et encore plus pour un Parisien banlieusard. En effet ici, pas le moindre embryon de banlieue, pas même de centre commercial ou de zone industrielle, pas un seul entrepôt ! C’est un peu comme si, marchant dans le centre historique de la ville, on arrivait devant une porte et qu’en l’ouvrant on se retrouvait soudain en pleine nature grandiose, à la manière de ces tableaux oniriques de Magritte. » Une histoire de... [Lire la suite]
15 mai 2017

" le châle de Marie Curie " Déborah Lévy-Bertherat

« Kahina poursuit le récit de sa vie en France, elle raconte qu'ils ont eu un logement, que les enfants ont grandi, pourtant toujours la Kabylie lui manquait. Tu connais la Kabylie ? Elle évoque la beauté des montagnes, de son hameau perché, elle incline la main pour montrer la pente, depuis sa maison on voit tout le pays, et l'hiver il y a de la neige. Elle ajoute que son village s'appelle Tilist, qu'il est réputé pour les tissages, les femmes fabriquent des tapis magnifiques, des châles.   Elsa regarde Kahina ramener... [Lire la suite]

10 avril 2017

" Inquiétude " Michèle Lesbre

" Maintenant encore il est ce petit fantôme orphelin qui a peur de la nuit, qui ne sera jamais tranquille, un vieil enfant inquiet." Un homme adulte-enfant ou enfant-adulte, un homme qui n'a jamais pu devenir homme, grandir, devenir lui. Une femme, Barbara, qui ne s'appelle pas Barbara mais qui lui ressemble tant. Un aigle noir, une travailleuse de la nuit. Un père absent, parti loin, très loin. Une mère qui s'est perdue dans les couloirs d'un hôtel. Et ces pas au plafond qui lui rappellent qu'il est seul, homme, enfant, homme. Ces... [Lire la suite]
23 mars 2017

" Un été à quatre mains "Gaëlle Josse

« Schubert parle au coeur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d'un ami posée sur notre épaule. Si peu de choses, bien souvent pour y parvenir. Si peu de notes, parfois, pour nous réjouir ou nous consoler [...] C'est en frère, en ami qui a éprouvé toutes les larmes, que Franz nous parle et nous apaise. » Parfois il suffit de pas grand-chose pour entendre une musique jouer avec des mots, des accords et des... [Lire la suite]
13 mars 2017

" Chômage monstre " Antoine Mouton

  «  Le travail est un caillou. Un caillou est une chose dure.Une chose dure est une chose qu’on n’a pas envie d’avoir dans la bouche trop longtemps.Avoir quelque chose dans la bouche est l’une des étapes de ce processus qu’on nomme nutrition.La nutrition est une méthode pour ne plus avoir faim.Or ceux qui ont faim cherchent du travail.Mais quand ils en trouvent ils ne peuvent pas le manger car le travail est un caillou.Il y a donc un problème. »  « Chomage monstre » d'Antoine Mouton : difficile de... [Lire la suite]
20 février 2017

" Chère brigande " Michèle Lesbre

Chère Michèle Lesbre, Chère Marion Du Faouët  Je ne sais comment commencer cette lettre, je ne sais comment vous adresser mon admiration face à votre écriture, à cette façon que vous avez de nous emmener dans vos mots, cette mélancolie que vous savez si bien écrire, ces hivers que vous nous faites traverser et qui sont des vrais silences dans lesquels j’aime me retrouver. Votre écriture a le don de m’amener à traverser des chemins logeant La Loire (Chemins), à m’asseoir sur des plages aux sables imparfaits (Sur... [Lire la suite]