04 avril 2018

Matz et Chemineau "Le travailleur de la nuit"

«  – Vous vous êtes donc fait voleur. Pendant trois ans, vous avez écumé la France avec votre bande. Avec votre compagne illégitime, et même avec votre mère, qui se retrouvent accusées comme vous, ici, aujourd’hui ! Vous avez commis plus de 150 cambriolages !– Je préfère le terme de reprise individuelle.– Vous jouez sur les mots.– Pas du tout. Je ne volais que les parasites et je ne volais pas pour mon propre compte. Mon but n’était pas de devenir moi-même un parasite.– Mais au bout du compte, vous voliez.– Je voyais plutôt... [Lire la suite]

03 avril 2018

PolaroïdS - " L'écorce abolie "

Se rendormir. Tâche impossible. Le corps cherche une position agréable, ne la trouve pas. L’esprit en profite pour se sauver. Il part loin de la chambre et de la chaleur du lit, s’évade dans la nuit, reprend le fil de la journée, y fait des accrocs. C’est insupportable. Comme le déclenchement d’un signal intérieur auquel je ne peux rien changer. Toujours quelque chose m’échappe. Je finis par me lever.  Au gré des nuits, la fatigue m’attendrit. Une part de moi cède. Comme lorsque les parents, las des assauts répétés de leur... [Lire la suite]
01 avril 2018

Dimanche en photos " Le simulacre du printemps " I. Thobois et F. Lecloux

  « Les fantômes sont sans larmes. Certaines mères également. Si tu peux me photographier ? Allons bon ! Mais je te dois bien ça. Quoi qu’il en soit la pellicule ne m’imprimera certainement pas. La fixation de l’image – tu devrais le savoir – dépend de la vitesse à laquelle la vie s’est déchargée de nous qui est proportionnelle à la dose d’amour reçue tout au long de l’existence, qui est encore relative à la qualité humaine de la personne qui nous l’a prodiguée. »  Un homme, à l’orée de la... [Lire la suite]
30 mars 2018

Laurine Roux "Une immense sensation de calme"

  « A présent, il faut que je raconte comment igor est entré dans ma vie. C'est la fin de la saison froide, j'avais passé l'hiver dans la maison des frères Illiakov.Un matin, un homme arrive près du lac où je ramasse les nasses. C’est lui. A une centaine de pas de moi, il s’immobilise. Un oiseau aux ailes larges traverse le ciel, Igor sourit. Mille ans de solitude et de détermination frémissent à ses lèvres. Il se tient au bas de la falaise et regarde là où les hommes ne peuvent aller. Je le vois se plaquer à la paroi. Sa main... [Lire la suite]
28 mars 2018

Laurent Bonneau "On sème la folie"

  « S’amuser, se sentir compétent, aimer en se sentant aimé… Un besoin autant qu’un exercice tout ça ! Entretenir chacun un système stable pour semer l’image d’une continuité. Après tout, une relation remplit aussi ce rôle. Nous promenons notre humeur. La joie, la colère, nous les ressentons, mais nous les donnons aussi, comme une contagion. Un va-et-vient qui tire sur le cordon de cette stabilité. Mais est-ce que seul, vraiment tout seul, nous pouvons dire qui nous sommes ? »  Ils sont 5 potes, 5... [Lire la suite]
24 mars 2018

Frédérique Germanaud " INTERIEUR. NUIT"

Recevoir une enveloppe. Lire mon adresse et au dos, l’adresse de l’expéditrice. Sourire. Sourire parce que sentir le beau arriver. Ouvrir l’enveloppe sans savoir de quoi il s’agit, ni de ce qu'elle peut receler. Découvrir un recueil, « INTERIEUR. NUIT ». Un écrin blanc, beige, grammage épais, texture épaisse et douce au touché. Un nom Frédérique Germanaud. Une maison d’édition Le Phare du Cousseix. Savoir que le beau ressenti ne peut être que beau promis. Prendre le temps de toucher le papier, le carnet cousu, retenu. Seul... [Lire la suite]

22 mars 2018

Elisabeth Laureau-Daull "Et l'ombre s'est épaissie"

« Le ciel rosit. Jeanne rosit. Jeanne attend la fin de la nuit. Les yeux ouverts, elle murmure, on dirait une prière : « Eva-Jeanne Szlomowicz est née à Lublin, en Pologne, le 12 mars 1922. Aviva Glazov, sa mère était pianiste et Simon Szlomowicz, son père, universitaire… Eva-Jeanne Szlomovicz est née à Lublin… » Rien de tel que cette litanie pour meubler ses insomnies. Depuis longtemps elle ne dort plus, elle veille, on ne sait jamais. Et quand par hasard elle s’assoupit, c’est le cœur battant qu’elle se... [Lire la suite]
18 mars 2018

" Le sac à souvenirs" Martine Delerm

  « Sarane, je le crains, il va falloir partir. Je crois qu’ils ne vont plus tarder. »   On ne sait pas trop où, on ne sait pas trop quand, mais dans la ville gronde le bruit des bottes et chaussures de ceux qui n’aime pas ceux qui ne sont pas comme eux, les étrangers, les inconnus. Le son monte, enfle, résonne. Vite il est temps de partir. Vite il est de s’enfuir. Les menaces d’expulsion ou d’arrestation se font entendre dans les cages d’escaliers, dans les allées, au-delà des sentiers et des montagnes... [Lire la suite]
15 mars 2018

" Assommons les poètes " Sophie G.Lucas

  « – Devinez ce que fait Sophie ? Un métier pas comme les autres.– Astronaute !– Magicienne !– Des ménages !– …– Qu’est-ce que vous apprenez par cœur à l’école ? – Je sais !…. Elle est poésienne ! (Des amies et les enfants des amies…) »    « Et à part écrire, vous faites quoi dans la vie ? » On le sait tous « les poètes, ça ne fiche pas grand-chose ». Ils vous racontent les heures qu’ils passent à tenter de trouver la rime, à ponctuer la bonne virgule qui accompagnerait la bourrasque de... [Lire la suite]
14 mars 2018

" Les gens honnêtes " - Durieux et Gibrat

  Il y a des bandes dessinées qu’on ouvre tout doucement de peur de voir les mots et le temps s’envoler, de sentir le cœur s’exprimer à foison et la vie s’écouler de façon si belle que de ne pas la ressentir ainsi serait ce quelque chose qui manque à la beauté des choses simples, des choses évidentes.   Le jour de ses 53 ans, Philippe reçoit un super vélo (cadeau familial) et perd tout, son emploi (cadeau de son boss), sa maison dans laquelle il n’était que locataire, une partie de ce qui le tenait debout. 53 piges et... [Lire la suite]