12 octobre 2018

PolaroïdS "Les petites barbares"

La porte s’ouvre et elles s’engouffrent dans le jardin comme si leur vie en dépendait. Elles ont dix, douze ans. Deux sœurs. La plus âgée, blonde aux yeux sombres. La plus jeune brune, le regard noir. Ça commence toujours de la même façon : elles jouent tranquillement et puis soudain, ça dégénère. Elles se mettent à crier. L’aînée a la voix rauque à force d’être toujours au maximum de la puissance de ses cordes vocales. Elle saisit un coussin, en frappe sa sœur. La petite, stoïque, ne dit rien et puis s’exaspère et réplique. Alors les... [Lire la suite]

07 octobre 2018

Dimanche en photo : Pierre Michon et Anne Lise Broyer " Vermillon"

  « Cette maison est un peu secrète : non pas que je la cache, mais de loin, quand je n’y vis pas, c’est-à-dire neuf mois sur douze, elle m’apparait comme un secret lointain, enfoui. Je la porte en moi comme un noyau invisible, et y penser me donne ne même temps la plus grande force et la plus grande faiblesse. Je ne tiens pas trop à ce que d’autres la voient quand je n’y suis pas : comme si je voulais garder jalousement un mirage qui n’apparait que pour moi, chaque été. » Quelque part dans au Sud-Ouest de... [Lire la suite]
03 octobre 2018

Arnaud Quéré - Un air de paradis

  « C’était à trente kilomètres de Lyon, il y a 25 ans, une époque où les routes n’étaient pas encore goudronnées, où les maisons n’étaient pas clôturées, et où, de la fenêtre de ma chambre, je ne voyais que des champs. La maison se situe à l’écart du village, à l’orée d’un bois. Avec son chemin tout droit sorti d’une chanson de Mireille. Avec ses noisettes, et ses si belles mûres. A l’odeur si douces lorsque ma mère préparait les confitures. » Tout commence comme un air de famille, des grands-parents, cet air qui... [Lire la suite]
28 septembre 2018

Tom Haugomat - À travers

  Mars 1956, un enfant vient au monde au PearceHealth Medical Center, Ketbhikan, Alaska. Dans sa chambre, un mobile aérien et spatial, une certaine idée déjà de la galaxie. Sur la commode, qui se dessine dans l’ombre de la porte que l’on ferme, une fusée. L’enfant s’endort. Chut. Chaque étape de la vie passe ainsi. De la fenêtre de sa chambre, le petit garçon observe la vie, dans son grand émerveillement et les petites découvertes. Chaque chose devient le reflet d’un instant de vie. De l’intérieur à l’extérieur, de... [Lire la suite]
26 septembre 2018

Olivier Clert - Charlotte et moi (tome 3)

« Une personne qui te manque ou qui n'est pas là, c’est une étoile qui veille sur toi. »  « Charlotte et moi », c’est ce moment que l’on attend avec fébrilité, cette amitié qui nait vous empêchant de tomber, de glisser, rassurante. C’est la douceur, la bienveillance et cela quelque soit les circonstances, la joie et les doutes, les peurs, le bonheur. C’est ce sentiment qui germe et devient, porte, transmet, grandit.  Je pourrai bien sûr vous narrer le scénario : l'amitié entre deux êtres qui se sont... [Lire la suite]
Posté par sabeli à 05:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
23 septembre 2018

Peire Aussane Deux stations avant Concorde

  « La vie m’étreint ou me blesse mais ne me délaisse et ne me déçoit jamais. Si je tombe, ce n’est jamais que de ma hauteur, insignifiante comparée à celle, vertigineuse, du bonheur à être dans l’existence, je veux dire à participer à la fabrication de son existence. Sa propre voie. Une vie, une voie. Sinon, c’est qu’on a abandonné la partie, qu’on s’en est remis au religieux. Si on suit tous la même voie, c’est qu’on n’a pas pris le bon embranchement, c’est qu’on a raté la rencontre avec soi-même. C’est vivre à côté de... [Lire la suite]

19 septembre 2018

Morizur et Montgermont "Bleu pétrole"

  « Octobre 1961. D’aussi loin que je me souvienne, on m’a toujours surnommé Bleu. Peut-être à cause de mes yeux ou de ceux de ma mère ou bien parce que c’est le premier mot que mon frère a prononcé en me voyant. Certains aiment raconter qu’à l’époque mon père chantait un tube baptisé bleu. La légende dit aussi que la première fois que j’ai vu la mer… Je ne cherche pas à démêler le vrai du faux, mes souvenirs se mêlent à ceux des autres, aux histoires et aux dires, aux interprétations, pour créer une mémoire collective,... [Lire la suite]
Posté par sabeli à 05:58 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
17 septembre 2018

Dimanche en poésie Thomas Vinau "Comme un lundi, carnet de bord assis tout au bord du temps"

  « De l’usure. Des questions. Des matins sans lumière. Des journées qui s’empilent comme des mauvais Légo. Nos yeux se rapprochent du sol. Parfois nos bouches restent closes et le silence court comme une petite lune de rasoir sur la langue que nous inventions. Nous en perdons l’usage, jusqu’au lendemain, quand un nouveau soleil grimpe encore sur les troncs. On se mouche. On s’embrasse. Il fait trop froid pour ne pas mettre un pantalon. La course recommence. Le bébé pleure. Il est bientôt sept heures. Tu me souris... [Lire la suite]
12 septembre 2018

Jung "le voyage de Phoenix"

  «  Quel est le sens de la vie ? Une question que je me suis souvent posée dans ma jeunesse. Je cherchais désespérément une réponse comme si elle existait dans un livre. Je naviguais à vue en cherchant à combler un vide. Et pourtant depuis quelques temps ma vie n’était pas dénuée de sens. Mon corps avait envie de sourire. La vie s’était installée en moi. J’avais envie de vivre. Je m’appelle Jennifer et j’avais vingt-trois ans ! […] . Aujourd’hui j’en ai quarante-cinq et je vis dans la banlieue de Minneapolis... [Lire la suite]
10 septembre 2018

Julie Estève - Simple

  « Antoine Orisni est mort et le soleil n’y peut rien. Sous le cagnard, les herbes des jardins, les bougainvilliers, les feuilles des citronniers : tous les bossus. C’est pareil avec  les corps. » Il est toujours délicat de parler d’un roman que tout le monde plébiscite, hurle au génie de la rentrée littéraire, quasi à la belle et grande surprise de l’année. Il n’est jamais facile d’en parler lorsqu’on a lu les chroniques de Nicole, Nicolas, Moka, Alexandra, Joëlle, Charlotte, Amélie Amandine, et tant... [Lire la suite]