28 juin 2016

" Le monde entier " François Bugeon

«  Chevalier aimait manger, et se faire à manger aussi, et faire à manger pour les autres, cultiver tout ce qui pourrait s’avaler un jour ou l’autre, de quoi manger, de quoi foire. Il n’aimait pas trop parler de la nourriture, cette affaire-là était dans sa nature, et sa nature était plutôt taciturne. Il se taisait à table vu qu’on ne parle pas en mangeant, et se taisait aussi en préparant les plats, vu qu’il cuisinait seul et qu’on n’avait pas à tourner dans ses pattes dans ses moments-là. Il se taisait aussi dans son... [Lire la suite]

24 juin 2016

"Les Ombres " Zabus - Hipolyte

 « Quand un homme fuit son pays, c’est toujours pour trouver une vie meilleure… Mais la route est longue et difficile. L’exilé s’épuise tant à survivre qu’il en oublie la raison pour laquelle il est parti, ce qu’il cherche et même qu’il est. Il n‘est plus qu’un corps qui marche… C’est à ce moment-là quand il est le plus vulnérable, que la maladie l’attaque. Elle va s’en prendre à ce qui fait de lui une personne singulière,  à son histoire, ses souvenirs…A vrai dire elle achève ce que l’exil a déjà entamé… […] Ce... [Lire la suite]
19 juin 2016

"La solitude du quetzal " Jacky Essirad

  Qu’est ce qui fait que l’on part en voyage à l’autre bout du monde, qu’est ce qui nous pousse à toujours vouloir fuir, penser que la solitude nous donnera l’élan de repartir, retrouver l’énergie, réapprendre à vivre pour nous et loin de tout ? Qu’est ce qui nous fait faire nos bagages, nos sacs à dos, nos valises tout terrain et devenir des apprentis aventuriers touristes d’un monde occidental arpentant un continent inconnu, loin de tous repères et paramètres d’un quotidien ? Pour certains c’est l’appât de... [Lire la suite]
18 juin 2016

" Le carré des Allemands " Jacques Richard

  « Tous les moi que je suis, enchâssés l’un dans l’autre depuis le tout premier. Toutes mes innocences dès le premier mensonge. Chacun enchevêtrée à chacune des autres. Tous les mensonges enchevêtrés d’innocence. Toutes les innocences érodées de mensonges, usées, flétries, et toujours aussi nues, fragiles, vraies, les mains croisées sur la poitrine frêle. Tous les moi ingénus, transparents obscurs, anciens, impurs, intacts Ils sont tous là. Tout le temps, tous les jours. Chacun parle, chantonne, ment, crie, joue, triche... [Lire la suite]
12 juin 2016

"le petit caillou de la mémoire" Monique Durand

  « La goélette prenait le large, débordante de ballots de papier. Comme autrefois les morues débordaient des vaisseaux à trois mâts à bord desquels Aimé, le père d’Etienne, revenait de ses campagnes de pêche sur le Grand Banc de Terre Neuve. Il rentrait à Saint-Suliac, dans sa Bretagne natale, après des mois sur la mer, le navire plein à fendre de poissons salés et empilés dans les cales. […]Aimé aurait-il pu imaginer ses fils Etienne et Geoffroy devenir hommes de terre plutôt que de mer ? Bûcherons émérites piquant... [Lire la suite]
10 juin 2016

"Spiridon superstar" Philippe Jaenada

  « A la fin du 1er siècle, le philosophe Epictète, que cite son élève Arrien, s’adressait aux aspirants athlètes : « tu dois accepter une discipline, te soumettre à un régime, t’abstenir de friandises, faire de l’exercice sous la contrainte à une heure déterminée, sous la chaleur et dans le froid, ne pas boire frais, ni de vin. De plus, dans le combat, tu devras avaler de la poussière, parfois te démettre le bras, te fouler le pied, recevoir le fouet, et malgré tout, il pourra t’arriver d’être vaincu. Quand tu... [Lire la suite]
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01 juin 2016

" De nos frères blessés " Joseph Andras

  « Fernand lui avait toujours dit qu’il condamnait, aussi bien moralement que politiquement, la violence aveugle, celle qui frappe les têtes et les ventres au hasard, corps déchiquetés aux aléas, coups de dés, la sordide loterie quelque part dans une rue, un café ou un autobus. S’il défendait les indépendantistes algériens, il n’approuvait pas certaines de leurs méthodes : on ne combat pas la barbarie en la singeant, on ne répond pas au sang par son semblable. »  Ce roman…  Difficile de vous en... [Lire la suite]
28 mai 2016

"Les étoiles s'éteignent à l'aube" richard Wagamese

  « Quand il fut capable de tirer de façon aussi fiable avec la carabine qu’avec la 22, le vieil homme le laissa commencer à chasser. Ils prenaient les chevaux, traversaient le champ, remontaient pesamment jusqu’à la crête et quand ils étaient arrivés de l’autre côté, ces terres devenaient ce que le vieil homme appelait «  le vrai monde ». Pour le garçon, le vrai monde c’était un espace de liberté calme et ouvert, avant qu’il n’apprenne à l’appeler prévisible et reconnaissable. Pour lui, c’était oublier écoles,... [Lire la suite]
23 mai 2016

"Giboulées de soleil" Lenka Hornokova Civade

« Il faut le préciser, on est des bâtardes de mères en filles, comme certains sont des boulangers ou rois. Aujourd’hui, il n’existe plus de boulangers. Ils ont été remplacés par des boulangeries industrielles qui crachent du pain sans âme. Les rois n’existent plus non plus et ont été remplacés, eux, par le Parti Communiste. ll faut maintenant être communiste de pères en fils. L’avantage avec le communisme, c’est que chacun peut l’adopter, alors que normalement il n’y a qu’un seul roi par pays. »   ... [Lire la suite]
20 mai 2016

"Bâtons à message - Tshissinuatshitakana" - Joséphine Bacon

« Nous sommes raresnous sommes richescomme la terrenous rêvons »  Joséphine Bacon est une poète des terres innues, des terres persécutées et en voie de disparition du grand nord côtier canadien. Son histoire est à elle seule la trace de son peuple, l’empreinte du chemin qu’elle a tracé jusqu’à nous, nous a légué comme on offre ses racines, ce qui nous fait, nous tient, nous maintient debout à l’abri des vents et des routes contraires. Lire Josépine Bacon, c’est entrer dans une lumière ancestrale, cette beauté... [Lire la suite]