17 octobre 2015

"Appartenir" Séverine Werba

« Je témoigne d’un non-témoignage, je témoigne d’un silence, d’un trou laissé par la souffrance. Je témoigne d’une amputation. Je n’ai rien vu de mes yeux. Je n’ai pas de souvenirs, je n’ai pas connu ceux qui sont morts et pourtant ils m’importent. Et pourtant je les cherche. » J’aimerai vous parler de ce roman de Severine Werba. J’aimerai vous décrire les mots que j’ai lu et dans lesquels j’ai laissé mes souvenirs, mes paroles, mes silences faire leur chemin. J’aimerai vous en parler mais je ne sais pas si je pourrai.Des... [Lire la suite]

11 octobre 2015

"Noireclaire" Christian Bobin

« L’écriture, quand je ne lui donne pas ma main, je lui réserve toutes mes pensées, comme ce paysan qui au fond de son lit pense à ses bêtes, aux soins qu’il faudra leur donner au matin. Qui m’a appris à écrire ? Sans doute la voûte bleutée des hortensias, le temps que mettait Dieu à venir et bien sûr ta nonchalance – cette brutale décision de ne jamais désespérer. »  Comment vous parler encore une fois du poète Bobin ? Comment vous donner encore une fois l’envie de ce silence, l’envie de ce besoin de faire... [Lire la suite]
08 octobre 2015

"Mon lapin " Mathilde Alet

«  Je pense que nous nous sommes trompés de mots, nous avons trop parlé et nous ne nous sommes rien dit. Nous nous aimons mal. » C’est drôle comme un livre peut vous filer entre les doigts, comme des mots lus mettent du temps à faire leur chemin en vous. Vous vous dites au début, non, vraiment je n’accroche pas, non pas parce que c’est mal écrit ou autre mais parce que vous le sentez, ce roman n’est pas un roman ordinaire. Il vient vous chercher là où vous ne désirez pas vous aventurer, là où vous savez que vous allez... [Lire la suite]
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05 octobre 2015

"Bleu de travail" Thomas Vinau

  « Partons de ce bleu, si vous voulez bien. Partons de ce bleu dans le matin fraîchi d'avril. Il avait la douceur du velours et l'éclat d'une larme. J'aimerais vous écrire une lettre où il n'y aurait que ce bleu. » Christian Bobin. Partons oui de ce bleu et laissons nous embarquer dans les mots de Thomas Vinau. Oublions toutes les autres couleurs, tous les autres mots, les nuances d’un échéancier. Oublions les nuits noires, les matins aurores, les midis ensoleillés et les soirs orangés. Ne gardons que les bleus à... [Lire la suite]
27 septembre 2015

"Paul a un travail d'été" - Michel Rabagliani

  « Je voudrais te faire un cadeau Paul. Étends-toi sur le dos avec moi… C’est un cadeau que tu ne peux pas prendre dans tes mains et qui est très loin d’ici ! Mais il est très durable.Regarde bien la Grande Ourse… Juste au dessus de la deuxième étoile à partir de la gauche, collée, collée dessus, il y a une mini étoile que personne ne remarque… Ben, c’est celle-là que je te donne, parce qu’elle est toujours visible mais que personne ne s’en occupe. Y‘aura juste nous deux qui la verrons, tu comprends ? Comme ça,... [Lire la suite]
13 septembre 2015

"les échoués" Pascal Manoukian

« Dans cette course d’obstacles entre désespérés, c’est souvent la règle. On croise trop d’injustices pour s’apitoyer sur chacune d’elles, trop de morts pour les enterrer tous. Il faut sans cesse contrarier sa vraie nature, se forcer à oublier ce qu’on éprouvait avant. Il n’y a pas de place pour la compassion et la pitié. Elles vous détournent de vos urgences. Embarquer sur un bateau, arracher un passage à l’arrière d’un camion, trouver un travail, un bout de couverture, un repas périmé, tout se fait toujours au détriment d’un... [Lire la suite]

09 septembre 2015

"Les mille veuves" Damien Murith

« Elle est vague qui chargent, elle est rocher qui tranchent, elle est marée haute qui mouche dans le sable les larmes des milles veuves, elle est le grand large où un oiseau en sueur fuit la course noire des nuages, elle est vent, glace et furie, elle est la morsure cuisante de sel, le cri des hommes, trempés, gelés, clous de la chairs plantés dans le bois épuisé des bateaux, et quand la brume avec sa langue de dentelles lèche les falaises nues, la voici jalousie, elle gifle, griffe et crache des algues flasques comme les... [Lire la suite]
08 septembre 2015

"J'ai tué papa " Mélanie Richoz

  « Accroupi devant la machine, le mouvement m’hypnotise et m’apaise.La machine s’agite pour moi.Elle lave mes pensées, puis les essore.Mes mains sur les oreilles, je me balance et fredonne au rythme du tambour jusqu’à la fin du programme, indiquée par le clignotement du témoin lumineux. J’aimerai pouvoir faire comme elle,m’arrêter,stopper cette anxiété qui me donne le vertige où que je sois, quoi que je fasse. Tout le temps. Mais je n’y parviens pas.Mon cerveau est une terre en constante rotation, soumise aux forces de... [Lire la suite]
28 août 2015

"Achille" Marie Richeux

" Ton nom est une armée, mille soldats contenus dans ton nom, mille armures contenues dans ton nom, mille chars, dix mille chevaux, écoute comme ton nom fait du bruit. C'est charmée par cela que ma porte c'est ouverte. J'aurais dû mieux entendre." Marie Richeux, c'est tout d'abord une voix qui nous parle, qui nous susure des histoires polaroïds, des petits riens qui deviennent de belles et douces lumières, des historettes, des clichés de mots qui font du bien. Par l'intermédiaire des ondes, elle s'invite dans nos salons, nos... [Lire la suite]
24 août 2015

" [ Kokoro ] " Delphine Roux

« Je savais que ce serai long. Je connaissais l’itinéraire par cœur. Pas besoin de cartes, les routes étaient en moi, intelligemment inscrites, comme un réseau sanguin qui va son chemin. Je m’étonnais de la facilité, des paysages qui défilaient sans chercher à nous retenir. Je m’étonnais de la fugue, des terres pourvoyeuses  des briques, des ciments de nos reconstructions. Je m’étonnais d’avancer. Je n’avais jamais été voyageur. »    A la base Kokoro est un mot japonais qui pourrait se traduire par le... [Lire la suite]